Nzacko, Bakouma, Bria, Zangba, Pavika… Dans la tourmente :

Lundi 12 .06. 2017 : 10H15

Nzacko, Bakouma, Bria, Zangba, Pavika… Dans la tourmente : Les affrontements intergroupes armEs font rage

RebellionCertaines villes du pays continuent au jour d’aujourd’hui d’être secouées par un regain de violence sans précédent. Les affrontements quasi-quotidiens entre les groupes armés font rage. De Nzacko à Zangba en passant par Bakouma, Bria, Pavika, Bangassou, Ngaoundaï, pour ne citer que ces villes, c’est la désolation. Les combattants de l’UPC de Ali Daras, du FPRC de Nourredine Adam et ceux des éléments d’autodéfense assimilés aux Anti-Balaka sèment la terreur au sein de la population civile.

Des informations qui nous parviennent sont vraiment accablantes, terrifiantes. A Nzacko, ville diamantifère, située dans la préfecture du Mbomou, non loin de celle de la Haute-Kotto , des affrontements très meurtriers ont  opposé les combattants du FPRC aux éléments d’autodéfense de cette localité. Plusieurs dizaines de maisons sont parties en fumée. Des lieux saints (églises) ont été pillés et vandalisés par les criminels sans foi, ni âme ni conscience. Qu’est-ce que les églises ont fait pour mériter un tel sort ? Les rebelles ont-ils d’égard pour Dieu, Tout-Puissant qui les a créés ? Jusque quand auront-ils  peur de celui qui les a donnés la vie, la force pour qu’ils soient ce qu’ils sont aujourd’hui ? Et si la colère de Dieu se déchaînera sur eux un jour, qui accuseront-ils ? En outre, des commerces et des maisons des particuliers n’ont pas été épargnés par ces pillages des hommes en armes. Les habitants, pris de peur que de mal, ont trouvé refuge dans la brousse et leurs conditions de vie se dégradent, de jour en jour. D’autres ont regagné la ville de Bakouma et craignent que ces affrontements atteignent cette localité.

Situation similaire à Pavika à quelque 20 kilomètres de la ville d’Alindao. En ce lieu, ce sont les combattants de l’UPC et les éléments d’autodéfense qui se sont violement rentrés dedans. On dénombre des  pertes en vies humaines, au moins une dizaine (10) de morts, d’après un bilan provisoire qui pourrait s’alourdir au fil des jours. Des maisons ont été aussi incendiées. Les rescapés de ces tueries ont trouvé refuge dans la brousse. D’autres affluent vers la ville d’Alindao et la localité de Kongbo et leur nombre est estimé à plus de cinq cents (500) personnes. C’est pour autant dire que le village Pavika s’est vidé de ses habitants qui mènent une vie bestiale, inhumaine dans les sites des déplacés, ainsi que dans la brousse.

Dans la ville de Zangba, c’est encore  un autre son de cloche. Les combattants de l’UPC qui ont pris le contrôle de toute la préfecture de la Basse-Kotto après que la Minusca a délocalisé leur leader, le soi-disant Ali Daras, surnommé le mal nécessaire, règnent en maître absolu de cette sous-préfecture. Depuis le 18 mai dernier, des combats très meurtriers ont opposé ces rebelles aux éléments d’autodéfense. Des centaines et des centaines de maisons ont été brûlées. Des vieux papas et mamans qui s’y trouvaient ont été carbonisés, réduits en cendre. Plus de deux cents (200) personnes ont été massacrées par les hors-la-loi, les sanguinaires, les va-t-en guerre de Ali Daras. Les fugitifs qui sont arrivés à Bangui parlent d’un catastrophe indescriptible auquel la ville de Zangba est confrontée depuis la mi-mai jusqu’à ce jour. Le témoignage d’une femme en sanglot qui est arrivée à Bangui sur les ondes de la Radio Ndéké-Luka, a ému tout le monde.

A Bangassou, la tentative de la Minusca de désarmer quelques éléments d’Auto-défense sur la moto a tourné au vinaigre. Des affrontements ont été signalés entre les soldats onusiens et les éléments d’autodéfense faisant fuir des populations civiles dans la brousse et vers la RD-Congo. Dans la localité de Ngaoundaï, ce sont des éléments armés non identifiés qui ont dépossédé les religieux. Ils s’en sont pris aussi aux populations civiles dans un marché hebdomadaire.

Face à ce tableau apocalyptique de la situation sécuritaire qui prévaut aujourd’hui dans l’arrière-pays, que disent les autorités en charge de la sécurité et de la protection des personnes et leurs biens ? Que disent aussi les Casques Bleus de la Minusca, censés protéger les civils en dépit de l’escalade de la violence sur toute l’étendue du territoire national ? C’est vraiment aberrant, indigne d’assister aux massacres sans réagir, sans bouger d’un iota. En l’absence des Forces Armées Centrafricaines (FACA), ce sont les Casques Bleus de la Minusca qui devraient logiquement protéger les civils qui ne  cessent d’être tués par les différents groupes armés. Mais tel ne semble pas être le cas. On tue les gens sous la barbe même des soldats onusiens, dits  soldats de la paix. Parfait Onanga-Anyanga peut-il lever le petit doigt pour nous  dire qu’il n’y a pas de Casques Bleus à Zangba, à Mobaye, à Alindao, à Bangassou, à Bria ? Mais s’ils sont effectivement déployés dans ces villes, que font-ils concrètement ? Absolument rien, rient et rien.

Eu égard à tout ce qui se passe dans l’arrière-pays, un observateur serait tenté de dire que les Casques Bleus de la Minusca sont complices des tueries à grande échelle de la population centrafricaine. D’ailleurs, feu général Zoundéko, avant d’être abattu par l’aviation onusienne, avait clairement déclaré que la Minusca fournit des armes et munitions à Ali Daras et ses peuhls. Et si les combattants de l’UPC sont experts, toute catégorie confondue dans les exactions de tout genre sur les populations civiles, cette situation se justifie. C’est pourquoi nous demandons aux populations dans les zones occupées par l’UPC d’être vigilantes et de prendre leur mal en patience.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire