NOURREDINE, ALKHATIM, ABDOULAYE...

Lundi 16 Oct. 2017 : 08H10

NOURREDINE, ALKHATIM, ABDOULAYE HISSEN SIDIKI ET  MOKOM VONT-ILS RENONCER AUX VIOLENCES APRES L’ENTREE DE LEURS ELEMENTS DANS LE GOUVERNEMENT ?

Seleka 16Certains éléments de Nourredine Adam, Mahamat Alkhatim, Sidiki  du côté  de la Séléka et de Maxime Mokom, côté des Anti-Balaka ont été nommés à des postes de responsabilité. Ils occupent désormais les postes de ministres conseillers ou chargés de mission à la Présidence de la République et à la Primature. En RCA, il faut mettre un coup d’accélérateur dans les massacres, les pillages, les incendies de villages entiers à l’intérieur du pays pour  arriver à ces nominations.

Nous attendons de voir ce qui va encore se passer après la nomination de ces rebelles dans le gouvernement. Détenir une arme en République Centrafricaine est synonyme d’être le plus fort et d’imposer sa volonté à tous les niveaux. C’est ce que nous observons à travers les attitudes des groupes armés qui pullulent sur le territoire depuis que la crise a éclaté en décembre 2012 dans le pays. Nourredine Adam, Mahamat Alkhatim, Sidiki et Maxime Mokom viennent de gagner leur pari à travers l’entrée de leurs éléments dans le gouvernement. Est-ce l’occasion pour eux de renoncer définitivement aux violences afin de permettre à la population centrafricaine de respirer un nouvel air ? Difficile de répondre à cette interrogation.

Mais les Centrafricains ne sont pas dupes. Combien d’accords de cessez-le-feu  ont été signés par les représentants des groupes armés avec le gouvernement centrafricain et la communauté internationale pour favoriser le retour à la paix et la stabilité dans le pays ? Qu’en est-il du respect des engagements pris par les représentants du FPRC, MPC, UPC, 3R et les Anti-Balaka de Mokom vis-à vis de ces multiples accords signés ? Dieu seul le sait. La réalité sur le terrain dans les villes de province avec les affrontements qui se poursuivent entre le FPRC et l’UPC d’une part et les Anti-Balaka de Maxime Mokom et les 3R de Sidiki  d’autre part, prouve à suffisance que l’accord politique et de cessez-le-feu immédiat signé à Rome entre les représentants des quatorze (14) groupes armés, le gouvernement centrafricain et la communauté internationale est un coup d’épée dans l’eau.

Ali Darassa, leader de l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) reconnait que le programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) s’avance à pas de caméléon. Alors que l’UPC, le FPRC, le MPC, les 3R et les Anti-Balaka de Mokom ont déjà adhéré au programme DDRR alors que leurs éléments restent très actifs sur le terrain et continuent en même temps de massacrer la population civile à l’intérieur du pays. Nourredine Adam dit quelque chose aujourd’hui. Demain, il change de langage et dit le contraire. Il en est de même de Alkhatim, Abdoulaye Hissen, Darassa, Sidiki et Mokom.

Ce sont eux qui traînent à longueur de journée la crise centrafricaine. De Libreville à Brazzaville, en passant par Ndjamena, Nairobi et récemment Rome, les accords pleuvent, mais la situation sécuritaire à l’intérieur du pays n’a bougé d’un iota. Les groupes armés font un (01) pas en avant et mille (1000) pas en arrière. Malgré la main tendue des autorités du pays aux chefs rebelles par la voie du dialogue, les exactions se poursuivent allègrement dans les villes de province, à telle enseigne que le centrafricain lambda ne sait plus ce que veulent réellement certains leaders des groupes armés en RCA.

Plusieurs représentants des groupes armés issus de l’ex-coalition Sélèka ont servi comme ministres, directeurs de cabinet, directeurs généraux sous le régime de Michel Djotodia. Il en est de même de certains leaders des Anti-Balaka qui ont été nommés comme des ministres au sein du gouvernement de la transition dirigée par Catherine Samba-Panza. Qu’est ce qu’ils ont fait concrètement pour ramener la paix et la sécurité dans le pays ? Est-ce aujourd’hui qu’ils sont devenus ministres conseillers ou chargés de mission à la Présidence de la République ou à la Primature qu’ils peuvent mieux faire ? Autant d’interrogations qui dépassent notre entendement.

Les victimes de la crise centrafricaine n’ont désormais que les yeux pour pleurer. Les groupes armés, après avoir fait tant de mal à la population continuent d’être dorlotés. Les voilà dans le gouvernement pour s’enrichir illicitement sur le dos des plus pauvres innocents qui moisissent sous leurs bottes dans la brousse, sur le site des déplacés.

Mais ce qui est très sûr, la Cour Pénale Spéciale finira un de ces quatre petits matins par les rattraper tous. La justice sera rendue à la population civile centrafricaine  prise en otage sur son propre territoire depuis bientôt cinq (05) ans.

 Bénistant MBALLA

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