NOURREDINE ADAM ANNONCE SON RETRAIT DU DDRR :

Vendredi 17 Novembre 2017 : 08H47

NOURREDINE ADAM ANNONCE SON RETRAIT DU DDRR : UN COUP DUR POUR LE GOUVERNEMENT ET LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

Nourredine a 3Nourredine Adam, le leader du Front Patriotique pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC), a annoncé ce jeudi 16 novembre 2017 sur les ondes de la Radio France Internationale le retrait de son mouvement du processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) au motif que les autorités du pays n’assument pas leur responsabilité de protéger le peuple et la nation.

L’annonce du retrait du FPRC du processus DDRR intervient après plusieurs accords de cessez-le-feu signés entre les factions rebelles de la Séléka (FPRC, MPC, UPC et 3R) et les Anti-Balaka de Maxime Mokom avec le gouvernement centrafricain et la Communauté internationale pour favoriser le retour à la paix et la stabilité dans le pays. Un tel propos s’apparente dorénavant à une déclaration de guerre contre le peuple centrafricain qui peine toujours a retrouvé la sécurité et la paix afin de vaquer librement à ses occupations quotidiennes.

Un groupe rebelle peut-il réellement protéger la population civile ? Qui sont les auteurs des massacres, des tueries, des viols, des pillages, des incendies de villages et maisons, des sièges des ONG humanitaires nationales et internationales qui se poursuivent à l’intérieur du pays ? N’est-ce pas les Nourredine Adam, Abdoulaye Hissen, Mahamat Alkhatim, Ali Darassa, Sidiki et les Anti-Balaka de Maxime Mokom ? Autant d’interrogations qui dépassent notre entendement.

Nourredine n’a pas voilé sa face. Son intention de continuer à piller et exploiter frauduleusement les ressources naturelles du pays est désormais claire. Les affrontements déclenchés en novembre 2016 par la coalition FPRC-MPC-RPRC menée par Nourredine Adam contre l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) de Ali Darassa et qui se poursuivent encore sur le terrain sont des prétextes pour le FPRC de maintenir la population centrafricaine en otage afin de s’enrichir illicitement avec le diamant de sang, l’or de sang, l’ivoire de sang pour ne citer que ces quelques exemples.

Ce ne sont pas les Nations Unies qui nous démentiront. Les responsables de la Minusca disent clairement que les groupes armés qui s’affrontent dans l’arrière-pays, parmi lesquels se trouve le FPRC, cherchent à conquérir les zones diamantifères et aurifères du pays. Il y a de cela quelques mois, les experts de l’ONU, dans un rapport de 126 pages, ont dénoncé les trafics d’armes qui se développent entre les frontières de la RCA, du Tchad, du Soudan, voire des deux Congo. C’est ce qui est  même à l’origine de la persistance de la crise en RCA car, les milices armées ont pris goût dans l’exploitation illicite des richesses naturelles du pays.

Nourredine ose désormais défier toute la communauté internationale. Le programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rappariement est le passage obligé pour tous les groupes armés. C’est l’une des recommandations fortes du Forum National de Bangui qui a regroupé toutes les couches sociales parmi lesquelles les représentants des groupes armés. C’est ce qui se concrétise en ce moment à travers le processus pré-DDRR en cours. Et le FPRC fait partie des groupes rebelles réfractaires au programme DDRR qui a intégré le processus à la dernière position. Nourredine a envoyé ses représentants au Comité Consultatif et de Suivi du DDRR. Malgré cela, ces éléments continuent de tuer et massacrer dans les villes de provinces.

Il y a de cela quelques mois, Abdoulye Hissen, un proche de Nourredine Adam, a affirmé qu’aucun coup de tirs ne doit être entendu sur l’ensemble du territoire. Celui-ci avait même signé un pacte de non agression avec l’UPC pour favoriser la libre circulation des personnes et des biens dans les zones sous leur contrôle. Qu’en est-il du respect de ces engagements vis-à vis des exactions qui se poursuivent sur la population civile dans l’arrière-pays ? Le FPRC et ses alliés peuvent-ils continuer de rouler tout le monde dans la farine ?

De Sant’ Egidio à Rome, en passant par Libreville, Ndjamena, Brazzaville, Nairobi et que savons-nous encore. Les accords de cessez-le-feu pleuvent, mais la situation sécuritaire de la RCA n’a bougé d’un iota. Nourredine Adam traîne à longueur de journée la crise centrafricaine, parce qu’il ne voit personne pour l’inquiéter. C’est dans ce sens qu’il a annoncé tambour battant sur les ondes de RFI ce jeudi 16 novembre 2017 le retrait de son mouvement du processus DDRR.

 A maintes reprises, Nourredine a frustré les Nations Unies, en déclarant que la Minusca ne pèse pas un gramme devant le FRPC. Il a osé même défier la Minusca dans la Ouaka en franchissant la « ligne rouge » pour marcher sur la ville de Bambari et chasser Ali Darassa. Cela n’étonne personne puisque la Minusca n’est restée que l’ombre d’elle-même après les multiples attaques perpétrées par les groupes armés à l’endroit des Casques bleus.

La balle est désormais dans le camp du gouvernement et de la Communauté internationale. Touadéra a toujours tendu la main aux groupes armés par la voie du dialogue. Mais le FPRC, le MPC, l’UPC, les 3R et les Anti-Balaka de Mokome ne l’entendent pas de cette oreille. La Communauté internationale est au courant de tout ce qui se passe en ce moment dans le pays. La Minusca vient d’être dotée  d’un nouveau mandat avec un effectif de 900 Casques bleus qui seront déployés dans les tous prochains jours en RCA. Il faut réellement un « mandat robuste », autorisant l’usage de la force vis-à-vis du FPRC et les autres groupes armés qui s’entêtent.

Il y a eu déjà trop de morts. Un rebelle est un rebelle et doit être traité comme tel. C’est la sonnerie d’alerte maximale que nous lançons au gouvernement et à la Communauté internationale. Sinon…

 

Bénistant MBALLA

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

 
×