NOURREDINE ADAM A-T-IL ATTEINT SON OBJECTIF EN...

Jeudi 27.04.2017 : 10H24

NOURREDINE ADAM A-T-IL ATTEINT SON OBJECTIF EN DESIGNANT DES RESPONSABLES MINIERS DANS LE SUD-EST ? LES CENTRAFRICAINS N’ASPIRENT QU’A LA PAIX APRES L’ADHESION DU FPRC AU DDRR

Au mois d’août 2016, des affrontements meurtriers intercommunautaires ont opposé l’UPC de Ali Daras au FPRC de Nourredine Adam dans les préfectures de la Haute-Kotto et de la Ouaka. Des pertes en vies humaines ont été enregistrées de part et d’autre. Les dégâts matériels étaient considérables. Beaucoup de nos compatriotes dans ces préfectures précitées ont dû fuir dans la brousse, ou se sont terrés dans les sites des déplacées pour échapper à la foudre des deux (2) branches dissidentes de l’ex-coalition Séléka.

Aujourd’hui l’accalmie précaire règne dans ses préfectures en dépit de quelques actes barbares enregistrés çà et là. Un observateur serait tenté de dire que l’UPC a perdu beaucoup de terrains face à la détermination des combattants du FPRC à en finir avec ceux de l’UPC. La preuve palpable est que le haut commandement du FPRC a désigné certains de ses cadres militaires, responsables des sites miniers qui étaient sous le contrôle de l’UPC de Ali Daras, dans le Sud-est du pays, selon le RJDH.

Et la rédaction de Centrafric Matin s’interroge ainsi, « Nourredine Adam a-t-il atteint son objectif en désignant certains cadres militaires du FPRC, responsables des sites miniers dans le Sud-est du pays » ? Il ne fait aucun doute. Car les affrontements quasi-quotidiens, diluviens, intermittents entre la coalition menée par le FPRC et l’UPC s’apparentaient à une guerre de leadership. C’est devenu une réalité. Nourredine Adam, ayant conquis les zones minières contrôlées entretemps par Mahamat Alkhatim, a commencé à nommer ses cadres militaires pour les gérer. Nourredine Adam a montré son visage. Son ambition était de s’accaparer de toutes les zones diamantifères et aurifères du centre et du Sud-est de la RCA, afin de les exploiter à sa guise. Et c’est ce qui se fait aujourd’hui. Chaque leader des groupes armés ne cherche que son propre intérêt au détriment de l’intérêt général qui est foulé aux pieds. Nourredine Adam prétend protéger la population civile contre les exactions des peulhs de Ali Daras, alors qu’en réalité, il n’en est rien.

Dans toutes ces choses, les centrafricains n’aspirent qu’à la paix, rien que la paix. Fort heureusement, le FPRC a adhéré au processus DDRR. Du 21 au 22 avril dernier, le FPRC a envoyé ses représentants à la réunion du Comité Consultatif et de Suivi (CCS) du DDRR qui s’est tenu au Palais de la Renaissance sous la très haute impulsion du chef de l’Etat, professeur Faustin Archange Touadéra. C’est pour autant dire que le FPRC veut faire la paix. Et les yeux du peuple centrafricain tout entier sont rivés, tournés vers lui. Nourredine Adam  n’a plus droit à l’erreur. Malheureusement, la désignation des cadres militaires comme responsables miniers au Sud-est de la RCA, ne cadre pas avec l’esprit du DDRR.

Cela nous amène à dire que Nourredine Adam ne serait pas prêt pour la paix en RCA. Désigner des individus à des postes de responsabilité, ne relève pas de la compétence du haut commandement du FPRC mais plutôt du gouvernement de Sarandji, plus précisément du ministère des Mines, de l’Energie et de l’Hydraulique dont Léopold Mboli-Fatrane a la charge. Le FPRC ne peut s’ériger en ministère des Mines et travailler en lieu et place de ce département ministériel. C’est inadmissible et intolérable, surtout que la RCA est revenue à l’ordre constitutionnel depuis le 30 mars 2016.

Et ce qui paraît obscur, bizarre, c’est que ces groupes armés continuent de faire des réclamations d’ordre financier au gouvernement. Où le gouvernement trouvera de l’argent pour leur donner dans la mesure où ils ont pris  contrôle de toutes les zones minières qui rapportaient à l’Etat centrafricain ? Vraiment, le ridicule ne tue pas en RCA.

Une bonne partie des recettes douanières, fiscales et minières est perçue aujourd’hui par ces seigneurs de guerre. Malgré tout, ils se permettent le luxe d’exiger des compensations financières de la part de l’Etat. Où sommes-nous ? Au pays de feu président-fondateur Barthélemy Boganda, bien sûr. C’est vraiment regrettable. Le FPRC doit comprendre que, agir de la sorte, c’est compromettre l’avenir de la RCA et de son peuple.

Son adhésion au CCS doit se traduire dans des actes concrets, palpables sur le terrain et acceptés par tous les Centrafricains d’où ils se trouvent, et non semer les désordres, en désignant des responsables miniers. Dans quel pays au monde, ce sont les rebelles qui nomment ou désignent des rebelles à la tête d’un service qui est du domaine exclusif de l’Etat ? Cette situation dépasse l’entendement humain. Et à en voir de près, le FPRC n’est pas pour la paix en RCA. C’est dire qu’il roule et roulera le peuple centrafricain dans la poussière jusqu’au retour de Jésus-Christ. Car l’attitude affichée par ce mouvement politico-militaire en désignant des responsables miniers est très dangereuse pour la suite du programme DDRR.

Que Nourredine Adam cesse de manipuler les Centrafricains qui ont besoin de la paix de la sécurité pour vaquer à leurs occupations quotidiennes car il n’est pas aussi différent de Ali Daras qu’il a chassé de Bambari.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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