NGAOUNDAÏ ASSIEGEE PAR LE MPC, ET MINGALA ENSANGLANTEE...

Jeudi 06 Avril 2017 : Jeudi 09H03

NGAOUNDAÏ ASSIEGEE PAR LE MPC, ET MINGALA ENSANGLANTEE PAR L’UPC SUITE A L’IMMOBILISME, L’ATTENTISME, LA PASSIVITE, LA NON CLAIRVOYANCE DE LA MINUSCA

 

Seleka 8La mission première des Casques Bleus de la Minusca qui sont déployés en Centrafrique depuis 2014, est et demeure la protection des populations civiles. La seconde qui suit, est d’aider le gouvernement dans ses efforts pour ramener la paix et la sécurité sur toute l’étendue du territoire national. Le mot protection vient du verbe protéger qui signifie aider une personne de manière à mettre à l’abri d’une attaque, du danger. Protéger veut dire aussi défendre contre toute atteinte ou couvrir de manière à arrêter ce qui peut nuire. Est-ce aujourd’hui le cas avec la Minusca de Antonio Guterres et de Parfait Onanga-Anyanga ? Cette question revient à qui de droit.

Mais la situation sécuritaire qui prévaut aujourd’hui dans plusieurs villes de l’arrière-pays est alarmante et nécessite une réponse urgente. Une stratégie musclée doit être adoptée pour mettre fin aux agissements belliqueux des groupes armés tels le MPC de Mahamat Alkhatim allié du FPRC de Nourredine Adam et l’UPC de Ali Daras. Ces rebelles étant toujours caressés dans le sens du poil par les Casques Bleus de la Minusca, nous assistons et assisterons aux tueries à grande échelle et aux incendies des maisons en cascade. En outre, l’immobilisme, la passivité, la non clairvoyance et l’attentisme de la Minusca face aux combattants des groupes armés, ont enfoncé le clou au peuple centrafricain.

La preuve palpable, tangible est l’attaque de la ville de Mingala, dans la préfecture de la Basse-Kotto par les combattants de Ali Daras, ce nigérien qui est appelé le « mal nécessaire ». Depuis le 15 mars dernier, des centaines de maisons où se trouvaient des personnes de 3ème âge, des femmes et enfants, ont été incendiées par ces criminels, ces malfrats, sans âme, ni conscience. Plus d’une centaine d’habitants dans la localité de Mingala et de ses environs ont été massacrés par les hommes de Ali Daras. Pire encore, une femme qui donnait naissance à un bébé a été aussi tuée par ces hors-la-loi alors que les autres femmes l’aidaient à accoucher. A l’arrivée de ces malfrats, elles ont pris la fuite laissant cette pauvre dame dans la gueule de ces loups. Et ce qui devrait arriver, arriva. Cette femme a été abattue sans aucune forme de procès par les combattants de l’UPC. Un être humain doué de bon sens et de raison peut-il agir de la sorte ? Les hommes de l’UPC sont-ils réellement des êtres humains créés à l’image de Dieu ? Abattre une femme qui enfante, cette situation dépasse l’entendement humain. Et ce qui est bizarre, cette femme a été pourchassée dans la brousse pour être tuée. C’est vraiment grave et inhumain. C’est un acte bestial. Et pour votre gouverne, presque tous les habitants de Mingala sont dans la brousse et errent d’un lieu à un autre à la recherche d’un abri sûr.

Et pourtant, si nos mémoires sont  bonnes, le député de la circonscription de Mingala avait, dans un passé récent, demandé à la Minusca d’installer une base dans cette localité pour empêcher les exactions des groupes armés. Depuis lors, rien n’a été fait car cet élu de la nation a prêché dans le désert de Sahara ou de San Pédro. Et les conséquences de l’attentisme, de la passivité, de l’immobilisme de la Minusca sont ce que vivent les habitants de Mingala. C’est avec les larmes aux yeux ou avec amertume que nous avons entendu le porte-parole de la Minusca Vladimir Monteiro dire, « la ville de Mingala est difficile d’accès ». Ce n’est peut-être pas après un siècle de marche à pieds qu’on peut atteindre la ville de Mingala. Si les Casques Bleus de la Minusca avaient la volonté de se déployer dans cette ville, nous pensons qu’ils seraient déjà arrivés. Mais dommage !   

Dans la préfecture de l’Ouham-Péndé, c’est encore un autre son de cloche. Depuis le mardi 04 avril 2017, la ville de Ngaoundaï qui est située à la frontière centrafricano-tchado-camerounaise, est assiégée par les combattants du MPC de Mahamat  Alkhatim. Ils vont de maison en maison piller les biens d’autrui et saccager d’autres. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, aucun bilan n’est encore fourni après que ces criminels de Mahamat Alkhatim ont assiégé la ville. D’après des sources concordantes dignes de foi, une partie de la population a traversé les frontières pour se refugier soit au Cameroun, soit au Tchad. D’autres habitants ont trouvé refuge en brousse. Les combattants du MPC sont aujourd’hui maîtres incontestables et incontestés de la ville de Ngaoundaï. Ils y règnent comme bon leur semble.

Mais ce qui paraît obscur, avant que la ville de Ngaoundaï ne soit assiégée par le MPC, l’honorable député de cette localité, Bernard Dilla, a demandé au patron de la Minusca, Parfait Onanga-Anyanaga d’y déployer des Casques Bleus car c’est une ville stratégique. Et d’après cet élu de la nation, Onanga lui a signifié que cette ville ne tombera pas sous les bottes des groupes armés. Mais qu’est-ce que nous observons aujourd’hui ? Qui ont assiégé la ville de Ngaoundaï ? N’est-ce pas des groupes  armés non conventionnels ? Où sont passés finalement les Casques Bleus de la Minusca pour que cette ville tombe entre les mains du MPC. Autant de questions qui demandent des éclaircissements de la part de la Minusca.

Eu égard à tout ce qui s’est passé à Ngaoundaï et à Mingala, il s’avère indispensable que les Centrafricains s’unissent pour barrer la route à ces va-t-en-guerre. Avoir l’espoir aux Casques Bleus pour nous protéger et défendre notre pays, serait une peine perdue. C’est se suicider soi-même. Leur attentisme, immobilisme, passivité, non clairvoyance, ont débordé le vase. Leur manquement, leur faille ne sont plus à démontrer. Ils sont visibles à l’œil nu. Les Casques Bleus ont montré leur limite malgré leur effectif (12.000 hommes) qui dépasse celui des Forces Armées Centrafricaines (FACA) et le mandat robuste dont ils disposent.

Si nous ne prenons pas notre responsabilité, d’autres villes vont encore passer sous le contrôle des groupes armés comme la localité de Ngaoundaï. Des gens continueront toujours à être massacrés, à l’exemple de la ville de Mingala.

Minusca, de quelle mission onusienne avons-nous en Centrafrique ? C’est vraiment triste !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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