NEW-YORK - BANGUI, DES VISITES ...

MERCREDI 02.08.2017 : 10H43

NEW-YORK - BANGUI, DES VISITES INCESSANTES, DILUVIENNES

DES RESPONSABLES ONUSIENS MAIS LA CRISE EST EMBOURBEE

Les visites effectuées en Centrafrique par les personnalités politiques étrangères, depuis le déclenchement de la crise centrafricaine par l’ex-coalition Séléka ne se comptent plus. De jour en jour, des personnalités, pas les moindres, foulent le sol centrafricain dans le but de résoudre la crise, du moins de l’arrêter. A chaque visite, les Centrafricains s’attendent à un dénuement total du conflit qui ensanglante le pays de feu président fondateur Barthélemy Bonganda, paix à son âme. Hélas, peine perdue !

S’agissant des visites des responsables onusiens, n’en parlons pas. L’ancien Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon est arrivé à Bangui au plus fort de la crise. L’on croyait que la crise allait s’estomper après son départ. Tel ne semble pas être le cas. Au contraire, les tueries, les incendies de maisons, des édifices publics et privés avaient redoublé d’intensité. Les sites des déplacées étaient pleins à craquer. Les exilés se comptaient et se comptent par milliers. Les souffrances des Centrafricains croissent sans cesse et ont même débordé le vase et franchi le seuil de l’intolérable.

Le sous-secrétaire général des Nations Unies au maintien de la paix, Hervé Ladsous a atterri aussi à Bangui. C’est lui qui avait annoncée tambour battant à la base de la Minusca à l’aéroport Bangui-M’Poko au mois d’avril 2015, la « pleine capacité opérationnelle » des Casques Bleus de la Minusca. Les jours s’écoulent, et la soi-disant pleine capacité opérationnelle n’a existé et n’existe que de nom. La capacité s’est transformée en incapacité. Le maintien de la paix s’est métamorphosé en connivence avec certains groupes armés. Finalement, la crise centrafricaine a pris une autre tournure ou une dimension inquiétante. Les groupes armés massacrent les Centrafricains et les Casques Bleus sont aussi pris pour cible. Depuis le début de cette année, onze (11) Casques Bleus de la Minusca ont perdu leur vie. C’est pour autant dire qu’ils ne font pas leur travail comme il se doit.

En outre, l’experte indépendante des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, madame Marie-Thérèse Keïta-Bocoum s’est rendue en RCA plus de cent (100) fois. Malheureusement, les violations des Droits de l’Homme continuent allègrement au vu et au su des responsables onusiens à Bangui et leurs poulains. Même les Casques Bleus de la Minusca sont pleins dans ces violations. Les viols et abus sexuels sur les mineurs et les femmes sont perpétrés aussi par ces soldats dits de la paix. Jusqu’à la date d’aujourd’hui, aucun Casque Bleu de la Minusca n’est jugé. Tous les auteurs de ces viols et abus sexuels qui sont certes connus des responsables de la Minusca ne sont nullement inquiétés. Et Keïta-Bocoum se permet toujours le luxe de venir en Centrafrique vibrer les tympans des Centrafricains pour rien.

Depuis le dimanche 30 juillet 2017, le Secrétaire Général Adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix est à Bangui pour une visite de travail de 48 heures. Il a effectué un déplacement à Bangassou et a constaté de ses propres yeux les affres de la crise qui secoue la RCA. Il a pu s’enquérir des conditions humanitaires déplorables dans lesquelles vivent les Centrafricains à Bangassou. S’il avait parcouru toute la République Centrafricaine, il aurait du en savoir plus. Mais à l’entendre sur les ondes de la Radio Ndéké Luka, il a affirmé que l’ONU à travers la Minusca n’est pas une force combattante. Quand une force spéciale de la Minusca est déployée à Bangassou, n’est-elle pas dans le but de combattre les autodéfenses ? Nous comprenons bien la politique de l’autruche que mène la Minusca. Et nous savons aussi que le soi-disant « mandat robuste » de la Minusca est orienté vers certains groupes armés au détriment d’autres. Et c’est cette politique politicienne qui alimente la crise.

Jean-Pierre Lacroix poursuit en disant que la Minusca est déployée en Centrafrique pour protéger les populations civiles, lorsqu’elles sont attaquées. N’a-t-il pas su avant de venir que les Casques Bleus de la Minusca n’hésitent pas à détaler comme des lapins à l’avancée des rebelles ? Même à Bangassou où il a visité nos compatriotes musulmans, ils étaient abandonnés à leur triste sort dans la mosquée par les Casques Bleus lors de l’attaque du quartier Tokoyo par les autodéfenses. Où est la protection de la population civile ? Le reste se passe de commentaires. Nous aurions souhaité qu’il dise que les Casques Bleus sont en RCA pour défendre leurs compatriotes au cas où ils sont attaqués par les groupes armés. Dire qu’ils protègent les civils, c’est se moquer du peuple centrafricain.

Nous ne pouvons citer nommément tous les responsables onusiens qui ont foulé le sol centrafricain. Ils sont nombreux comme les sables au bord du fleuve Oubangui pendant la saison sèche. Ces va-et-vient incessants, diluviens, interminables (New-York – Bangui) des responsables onusiens en Centrafrique, à notre humble connaissance, n’ont rien apporté dans le vécu des Centrafricains et n’ont jamais arrêté la crise centrafricaine. Au contraire, ces visites ne font qu’accentuer la crise. Car, aucune mesure draconienne n’a été prise par ces derniers à l’encontre des rebelles. Tout se passe comme si leurs visites ont pour but de caresser les groupes armés, de les dorloter.

Un adage dit, « aux grands maux, de grands remèdes ». Jean-Pierre Lacroix a touché du doigt la crise centrafricaine. Les Casques Bleus ont-ils maintenu la paix ? Donc si rien n’est fait par le Conseil de Sécurité de l’ONU pour abréger la souffrance des Centrafricains après la visite de cette personnalité onusienne, toutes les prochaines visites des responsables onusiens doivent cesser pour toujours en Centrafrique. C’est trop !

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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