NE S’ACHEMINE T-ON PAS VERS UN AFFRONTEMENT MEURTRIER ...

Mercredi 10 mai 2017 : 12H03

NE S’ACHEMINE T-ON PAS VERS UN AFFRONTEMENT MEURTRIER ENTRE LES ANTI-BALAKA ET LES 3R DE SIDIKI A NIEM-NYELOWA APRES L’EXPIRATION DE L’ULTIMATUM DE LA MINUSCA ?

Sidiki 2La commune de Niem-Nyélowa est sous tension depuis le jeudi 04 mai 2017. Le mouvement militaro-politique dénommé 3 R (Retour, Réclamation, Réhabilitation) du Camerounais Sidiki est depuis cette date, maître de cette localité. La ville est complètement assiégée par ses éléments qui ont tué plus de quatorze (14) personnes et en a blessé tant d’autres. Certains habitants de cette commune ont trouvé refuge dans la brousse et leurs conditions de vie ne cessent de se dégrader.

L’occupation de cette ville, à en croire le porte-parole des 3 R, est intervenue tout juste parce que les éléments de Sidiki ont accusé les Anti-Balaka de cette localité d’avoir volé des bœufs leur appartenant. Toujours selon la même source, ils sont déjà en possession de quelques bœufs volés et n’attendent que de récupérer les autres.

Quant au chef des Anti-Balaka, il a nié toute leur implication dans le vol de bétail. Par ailleurs, il a demandé à la Minusca et au gouvernement de tout mettre en œuvre pour déloger les éléments de Sidiki de la région. Dans le cas contraire, les Anti-Balaka prendront leurs responsabilités, éventuellement celles de s’attaquer à ces hommes. Il estime pour sa part que les populations de Niem-Nyélowa ont trop souffert et ne peuvent en être indéfiniment.

De son côté, la Minusca avait lancé un ultimatum aux hommes de Sidiki de se retirer de cette commune. L’ultimatum est arrivé à expiration le dimanche dernier. Toujours est-il que les hommes des 3 R contrôlent encore cette région après l’expiration de l’ultimatum. Donc, ils campent sur leur position, à savoir celle de retrouver le reste de leurs bœufs qui seraient volés par les Anti-Balaka.

Eu égard à la situation sécuritaire très tendue dans cette localité, ne s’achemine-t-on pas vers un affrontement très meurtrier entre les Anti-Balaka et les éléments des 3 R ? Si la Minusca ne réagit pas immédiatement après l’expiration de l’ultimatum lancé à Sidiki, le risque d’embrasement de la région n’est-il pas probable ? Cela ne fait aucun doute. Car, nous pensons pour notre part que chacun des deux (2) camps diamétralement opposés affûte certainement ses armes à l’heure où nous mettons sous presse cet article. Après l’échec cuisant des 3 R à s’emparer de cette ville dans un passé récent et la perte en vies humaines qu’ils ont enregistrée, nous osons croire qu’ils ne vont pas se retirer de cette ville tant qu’une action de grande envergure n’est menée contre eux. Des hommes armés qui assiègent une localité et qui se retirent après expiration d’un ultimatum, cela n’arrive pas ou presque jamais. Il faut toujours utiliser la force pour les faire changer d’avis, les déloger. La Minusca va-t-elle opter pour cette solution ? Difficile de le dire. Mais avec leur « mandat robuste », ils ont l’obligation de contraindre Sidiki et ses hommes à quitter Niem-Nyélowa pour éviter que le pire n’arrive.

Mais si ce sont les Anti-Balaka de la région qui entreront en action contre les hommes de Sidiki, ce sera un carnage, ce que nous ne voulons et ne souhaitons pas. Le sang des innocents a déjà trop coulé sous le pont. Ajouter des souffrances aux souffrances des Centrafricains au moment où tout le monde ne cherche que le vivre ensemble, la cohésion sociale, n’est pas du tout bon. Même si le mouvement 3 R est un groupe rebelle dirigé par un Camerounais, nous pensons qu’il y a des Centrafricains au sein dudit groupe armé. Il est hors de question, pour des intérêts personnels, égoïstes, que ces hommes s’affrontent aux Anti-Balaka qui sont leurs frères de longue date, avec qui ils ont vécu ensemble. L’heure n’est plus aux conflits fratricides, très meurtriers, ni aux représailles qui n’honorent et ne grandissent personne.

Tout différend doit désormais être réglé par le dialogue, et rien que le dialogue. Pourquoi nous nous entretuons à n’en point finir alors que le président de la République, chef de l’Etat, professeur Faustin Archange Touadéra, nous a tracé un bon chemin à suivre, celui du dialogue ? Les Anti-Balaka de la Nana-Mambéré et les hommes de Sidiki doivent revenir sur la table de négociation afin d’aplanir leurs divergences.  Les affrontements ne sont pas des issues favorables pour mettre un terme à un différend, un conflit. Il faut toujours passer par la négociation, ce que la Minusca serait entrain de faire aujourd’hui.

Les hommes des 3 R de Sidiki doivent déguerpir de cette localité. Les Anti-Balaka, à leur tour, doivent aussi renoncer à l’usage de la force pour une paix en Centrafrique. Un ou des affrontements entre ces deux (2) groupes armés rivaux qui se regardent aujourd’hui en chiens de faïence entraîneraient des pertes en vies humaines de part et d’autre. Que la région de la Nana-Mambéré ne sombre plus dans une crise ! Plus jamais çà !

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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