MOINS D’UNE DIZAINE DE MINISTRES BOSSENT REELLEMENT :

Mercredi 11 Janvier 2016 : 11H36

MOINS D’UNE DIZAINE DE MINISTRES BOSSENT REELLEMENT : LA MAJORITE DORT COPIEUSEMENT, IL FAUT UNE EVALUATION SYSTEMATIQUE

Sarandji 1

Pour la première fois dans l’histoire gouvernementale de la RCA, un Conseil des ministres n’a siégé que sur des réalisations concrètes. Le dernier Conseil des ministres s’est appesanti sur la cimenterie de Nzila, l’Avenue de la CEMAC bitumée à 60 %, les rues et ruelles dans la ville de Bangui. C’est une grande première qui incruste la rupture. Les Centrafricains attendent effectivement des réalisations concrètes, visibles à l’œil nu, que les aveugles peuvent toucher de leurs mains. Les Conseils des ministres, véritables océans de verbiage, n’ont plus droit de cité sous les cieux de la RCA. Ce premier Conseil des ministres de 2017, nous l’espérons, annonce la couleur, donne le ton et imprime la marque. Malheureusement, certains départements ministériels sont des trous noirs où y règne un silence de cimetière et un immobilisme ahurissant.

Félix Moloua, Joseph Yakété, Léopold Mbolifatrane, Théodore Jousso, Moukadas Noure, Jean Christophe Nguinza, Abdoulaye Moussa, sont les rares ministres qui ont pris la mesure de la déconfiture du pays, sa profondeur et qui se battent pour faire bouger les lignes. Le reste n’est que la « ministrocratie bureaucratique », aucun plan d’action, aucune vision, aucune initiative audacieuse. C’est le genre de ministres que nous avons connu depuis trente (30) ans. Tous les problèmes remontent au Chef de l’Etat, alors qu’il y a des ministres, des chargés de mission, des Directeurs de cabinets, des Directeurs généraux, des Inspecteurs, des Directeurs, mais personne ne veut prendre ses responsabilités républicaines. La rupture prônée par Touadéra a du mal à pénétrer les us et les coutumes de l’Administration. Or, la RCA doit se transformer en un vaste chantier multiculturel et multidisciplinaire.

Le ministère des Affaires sociales et de la Réconciliation nationale, en cette période de crise larvée, de misère absolue, devient le cœur du gouvernement. Dieu seul sait ce que vivent les ¾  des enfants centrafricains. Ils paient un très lourd tribut à la crise, à la violence, à la misère. Combien sont en mesure de suivre une scolarité régulière sur toute l’étendue du territoire national, tant les parents sont aussi démunis qu’un rat de Mosquée ? Très peu parviennent à manger chaque jour ; c’est une catastrophe humanitaire silencieuse qui compromet l’avenir du pays. Faut-il encore voir ce que certains mangent dans les quartiers de Bangui. La malnutrition, la sous-alimentation, le déficit nutritionnel rongent des familles entières. Dans les hôpitaux, il arrive qu’un père de famille assiste sans réagir, la douleur dans l’âme, la mort dans le cœur, à la peine de son enfant malade et en posture d’urgence, parce que sa poche est vide, pas un rond. La misère, la pauvreté, ont atteint un seuil hyper critique au point de devenir une épidémie.

Les Affaires Sociales devaient en principe être omniprésentes dans toutes les écoles de la RCA pour les humaniser, les socialiser. Les Affaires sociales jouent un rôle transversal. Un bon ministre doit être entre deux avions, avec mille et un dossiers sous les bras, pour ameuter, mobiliser, conscientiser la communauté internationale sur cette catastrophe humanitaire qui guette les enfants scolarisés et les familles démunies dans les communes, les sous-préfectures, les préfectures, les quartiers et Arrondissements de Bangui. Il suffit d’une petite enquête auprès des ménages pour s’en rendre compte. Dans certains pays avancés, même les chiens ont un budget alimentaire et vivent mieux que des êtres humains en Centrafrique. Dans certaines localités, on lave encore les habits avec les feuilles de papayer, comme au 14ème siècle avant Jésus-Christ. Les Affaires sociales constituent le socle humain du gouvernement, malheureusement, il n’y a que du brouillard et du brouillon au singulier. Le Programme Alimentaire Mondiale (PAM) devait être un partenaire indissociable des Affaires sociales. C’est de la présidence que sort un projet d’urgence pour soulager nutritionnellement les enfants dans les écoles. Où allons-nous ? Si à Bangui, l’impact des Affaires sociales ne se fait nullement sentir, qu’en sera-t-il du monde rural où la misère court les villages ?

Bien des ministres ne sont que des aventuriers. Dans l’état de détresse généralisée du pays, un ministre ne peut se complaire  dans l’immobilisme absolu alors que les mois s’égrainent. Il faut secouer le cocotier et les fruits pourris tomberont d’eux-mêmes, c’est la sélection naturelle. Ceux qui ont le culot résistent, mais les inaptes décrochent. La rupture oblige. Il y a une obligation et un impératif de résultats. Le gouvernement est-il borgne ? Il faut soigner l’autre œil qui ne fonctionne pas. Beaucoup de Centrafricains voient en l’année 2017 une année de bonheur, de développement. Comment traduire ce vœu en réalité concrète si certains ministres jouent aux bras cassés ? I

l faut bosser comme les Allemands, les Chinois, les Américains, les Coréens, de nuit comme de jour. « Parlons peu, mais travaillons beaucoup ».

 

Julien BELA

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire