MOBAYE REPLONGEE DANS LE CYCLE DES VIOLENCES :

Vendredi 02.06.2017 : 10H23

MOBAYE REPLONGEE DANS LE CYCLE DES VIOLENCES : DES MORTS, DES BLESSES, DES MAISONS INCENDIEES AUX VILLAGES NDAWA, LEMBO, MAFOUNGA…

25Rien ne va plus à Mobaye, chef-lieu de la préfecture de la Basse-Kotto. Depuis le 18 mai dernier, cette ville située à la frontière centrafricano-congolaise connaît les évènements les plus sombres de son histoire. Les affrontements entre les combattants de l’UPC et les éléments d’autodéfense assimilés aux Anti-Balaka dans la ville d’Alindao, se sont étendus à la ville de Zangba pour atteindre enfin les environs immédiats de Mobaye.

D’après un habitant de Mobaye, joint au téléphone et qui a requis l’anonymat, « des affrontements entre les peulhs de Ali Daras et les éléments d’autodéfense ont eu lieu dans plusieurs villages, non loin de la ville de Mobaye. Sur l’axe Mobaye-Kongbo, précisément au village Ndawa, plus de cent trente (130) maisons ont été incendiées par les rebelles de l’UPC. Par contre, sur l’axe Mobaye – Zangba, le même scénario s’est déroulé dans les villages Mafounga, Lémbo et autres longeant la rivière Oubangui. Des combats d’une rare intensité, avec des armes lourdes ont opposé ces deux (2) groupes rivaux à l’aérodrome de Mobaye.

Pour le moment, il est difficile d’établir un bilan de ces affrontements. Mais ce qui est sûr, il y a plusieurs morts et des blessés. Certains blessés sont acheminés à l’hôpital préfectoral de Mobaye et reçoivent des soins ».

Un autre habitant parle de la psychose générale qui gagne la population qui est encore restée dans la ville, précisément à la paroisse Saint Joseph et à l’église évangélique de Mobaye. « A l’approche de ces affrontements qui risqueraient fort de gagner la ville de Mobaye, toute la population a peur. Elle ne sait plus à quel saint se vouer pour se protéger. Nombreux continuent de traverser la rivière Oubangui pour se réfugier en République Démocratique du Congo (RDC). Certains ont pris d’assaut la brousse et errent d’un lieu à un autre à la recherche d’un abri sûr, à cause des détonations d’armes lourdes et légères qu’ils ont entendues non loin de la ville. C’est une panique générale qui se déroule à Mobaye », a-t-il indiqué.

Des voix s’élèvent pour réclamer un dialogue entre les belligérants afin d’éviter un bain de sang. Vont-ils entendre la voix du peuple qui est de surcroît la voix de Dieu ? C’est toute la question qui se pose aujourd’hui avec tant d’acuité. Car, à y voir de plus près, ces va-t-en guerre, ces criminels patentés n’aiment pas le dialogue qui est pourtant la bonne voie pour la résolution d’un conflit. S’ils privilégiaient le dialogue, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Mais hélas, ils ne regardent que vers les tueries, les incendies de maisons, les destructions massives, bref des exactions de tout genre. L’être humain, pourtant sacré aux yeux de Dieu, est devenu un ballon de football auquel on peut donner un coup de pied à tout moment. Quel genre de rebelles avons-nous en Centrafrique ? Est-ce de cette manière qu’ils gouverneront les populations dans les régions sous leurs bottes ?

Chose bizarre qui dépasse l’entendement humain, le soi-disant général commandant, les hommes de l’UPC à Mobaye, a sommé, le samedi dernier, les habitants de Mobaye qui se sont entassés dans les sites, à regagner leur domicile respectif dans les 72 heures. Dépassés ce délai, ils seront considérés comme leurs ennemis et traités comme tels. Est-ce possible sous d’autres cieux ? Si des gens quittent leurs maisons pour s’entasser dans des sites, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Et vous êtes sans ignorer que les hommes de l’UPC n’ont ni foi ni âme. Tout comme ceux de Mahamat Alkhatim, ils n’hésitent un seul instant à mettre le feu aux maisons même si des gens s’y trouvent. C’est la raison pour laquelle les quelques rares habitants qui sont encore à Mobaye, ont préféré se terrer dans ces lieux saints pour échapper à la barbarie de ces seigneurs de guerre. Que vont-ils faire au cas où ces ennemis du peuple et de la République passeraient à l’acte ?

Cette question aurait du être posée aux Casques Bleus mauritaniens basés dans cette ville. Malheureusement, d’après les habitants de Mobaye, ils sont de connivence avec les hommes de l’UPC qui parlent la même langue que ces derniers. Si aujourd’hui la Minusca affirme que la ville de Mobaye est sous leur contrôle, il ne faut pas se fier à cette déclaration. C’est dénuée de tout fondement d’après les habitants de Mobaye. Ils disent que ce sont les éléments de l’UPC qui contrôlent toute la ville. Les Casques Bleus mauritaniens sont là mais ne font absolument rien pour protéger les populations civiles en danger de mort.

Nous avons attiré à maintes reprises l’attention de la Minusca et du gouvernement sur ce qui se passe dans le chef-lieu de la Basse-Kotto. Vont-Ils intervenir en sapeurs-pompiers après l’incendie ? Quelles dispositions ont-ils déjà prises pour que les affrontements ne se déroulent pas dans cette ville. La balle est dans leur camp et nous suivons de près l’évolution de la situation.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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