MOBAYE : LES INCURSIONS MASSIVES DES A.

Vendredi 06/10/2017 : 09H35

  MOBAYE : LES INCURSIONS MASSIVES DES

ANTI-BALAKA EN RDC SUIVIES DES EXACTIONS SUR LES REFUGIES OBLIGENT CE PAYS A FERMER SES FRONTIERES

La crise centrafricaine est loin de voir le bout du tunnel. De la RCA, cette crise s’est transposée en République Démocratique du Congo (RDC). Dans le passé, les Anti-Balaka commettaient des exactions de tout genre sur les populations centrafricaines qui se sont réfugiées au Cameroun, surtout celles qui sont proches de la frontière centrafricano-camerounaise.

C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui en RDC, précisément dans la région de l’Equateur, faisant frontière fluviale avec la RCA. Depuis plusieurs mois, des affrontements entre les combattants de l’UPC de Ali Daras et les Anti-Balaka dans la ville de Mobaye ont fait fuir de nombreux habitants qui se sont réfugiés dans ce pays voisin. Cette localité du pays et les villages environnants se sont vidés de leurs populations au profit de la RDC. Les Séléka de l’UPC et les Anti-Balaka, lors de leurs combats, n’épargnent pas les civils et même les humanitaires qui leur portent secours. Ceux qui sont soupçonnés par ces criminels, ces hors-la-loi, ces bandits de grand chemin d’appartenir à tel ou tel camp, sont systématiquement tués, même avec toute leur famille. Débordés, dépassés par les actes barbares dont ils font l’objet, ils ont jugé nécessaire de passer de l’autre côté de la rive pour bénéficier de la protection des autorités congolaises (RDC). Car, le contingent mauritanien déployé dans cette partie du pays ne fait pas son travail comme il se doit. Ces Casques Bleus sont toujours accusés par la population de Mobaye d’être de connivence avec les combattants de l’UPC qui sont devenus maîtres incontestables et incontestés de cette ville. Les combattants Anti-Balaka, au lieu de rester dans la ville de Mobaye pour se battre avec leurs ennemis jurés, les hommes de l’UPC, se permettent le luxe de nos jours de traverser le fleuve Oubangui pour aller s’en prendre aux pauvres centrafricains qui ont trouvé refuge à Mobayi-Mbongo (RDC).

Un témoin oculaire des scènes de braquage, de viol, de racket perpétrées par les Anti-Balaka sur les réfugiés centrafricains en RDC, que nous avons joint au téléphone ce jeudi 05 octobre 2017 et qui a requis l’anonymat, témoigne, « Depuis quelques jours, des Anti-Balaka venus de la ville de Mobaye et ses environs immédiats attaquent les réfugiés. Les femmes qui vont au marché de Mobayi-Mbongo, de leur retour, sont prises pour cible par ces Anti-Balaka. Ils les dépouillent de tout : huile de palme, sel, savon, argent et autres objets. Certaines sont violées. Quant aux hommes, ils sont tabassés. Les rackets sont devenus leur mode opératoire.

C’est dans cette situation chaotique que les autorités de l’Equateur ont fermé leur frontière avec la RCA au niveau de la ville de Mobaye. Ceux qui fuient encore les  affrontements entre ces groupes armés ne peuvent plus traverser en RDC. Nous qui avons trouvé refuge ici, ne pouvons pas aussi aller à Mobaye. Je vous annonce que certains Anti-Balaka ont été arrêtés par les militaires congolais qui se sont massés sur la rive. Ils croupissent aujourd’hui dans les geôles. Vraiment, nos conditions de vie se dégradent davantage avec les incursions de ces Anti-Balaka. Nous n’avons plus rien sur nous. Ils nous ont dépouillés de nos biens, exactement comme ils faisaient lorsque nous étions à Mobaye ».

Chers lectrices et lecteurs, regardez comment les Anti-Balaka de Mobaye se comportent à l’égard des réfugiés centrafricains en RDC. Et pourtant, dès leur entrée dans la crise centrafricaine le 05 décembre 2013, ils nous disaient qu’ils sont venus nous libérer sous le joug des combattants de l’ex-coalition Séléka de Michel Djotodia Am Non Droko. Des libérateurs peuvent-ils agir ainsi à l’encontre des libérés ? Ne sont-ils pas plus sanguinaires que les combattants de l’UPC ? Comment justifieront-ils leurs exactions sur les réfugiés à Mobayi-Mbongo ? Est-il acceptable qu’ils se rendent en RDC afin de pourchasser leurs compatriotes ?

Vraiment, les combattants Anti-Balaka ont perdu le bon sens et la raison. Ils ne savent plus quoi faire. Il convient de leur signaler que leurs ennemis ne sont pas des pauvres femmes qui se sont réfugiées à Mobayi-Mbongo mais plutôt les combattants de l’UPC qui ont élu domicile à Mobaye. Ils n’ont qu’à s’en prendre à ces gens-là qu’ils considèrent comme des envahisseurs. Ces réfugiés ne réclament que la paix et la sécurité à Mobaye pour regagner leurs domiciles respectifs. Si les Anti-Balaka s’estiment forts et qu’ils ont la capacité de ramener la quiétude à Mobaye et ses environs, leurs concitoyens qui souffrent dans leur chair et leur peau, y feront leur retour. Mais s’ils ne peuvent déloger les combattants de l’UPC, à quoi sert de poursuivre leur lutte qui n’aboutira jamais ? Et qu’est-ce que les réfugiés ont fait aux Anti-Balaka pour mériter un tel sort ?

Nous demandons aux autorités de l’Equateur en particulier et celles de Kinshasa en général d’être intransigeants avec les Anti-Balaka et autres rebelles qui tenteront de commettre des actes barbares sur les réfugiés. Il faut adopter un ton dur, sévère à l’égard de ces fauteurs de trouble. Nous profitons aussi de cette occasion pour exhorter les Anti-Balaka à ne pas s’en prendre aux réfugiés. C’est un crime de guerre ou crime contre l’humanité et les auteurs sont le plus souvent sévèrement punis par la justice. Que cessent les incursions des Anti-Balaka en RDC. C’est à cause de ces actes barbares qu’ils ont trouvé refuge dans ce pays. Plus jamais ça !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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