MOBAYE : LE CONTINGENT MAURITANIEN...

Lundi 25.09.2017 : 09H52

MOBAYE : LE CONTINGENT MAURITANIEN DE LA MINUSCA OUVRE LE BOULEVARD DES

INCENDIES, DES TUERIES A L’UPC

Minusca kaga bandoro rca centrafrique 0La connivence, si nous osons le dire, des Casques Bleus mauritaniens de la Minusca basés dans la ville de Mobaye, avec les combattants de l’UPC de Ali Daras, n’est plus à démontrer. C’est au vu et au su de la population non musulmane de cette localité. La situation sécuritaire qui prévaut dans cette partie du pays est très alarmante. Malheureusement, nous avons attiré l’attention des autorités légitimes  du pays en vain, sur ce qui s’y passe. Et ce qui devra arriver est encore arrivé au courant de la semaine dernière.

Dans notre précédente parution, nous avons parlé de la ville de Mobaye qui était assiégée par les combattants Anti-Balaka. Cet événement s’est déroulé le lundi 18 septembre 2017. Dans cette même journée, les Casques Bleus mauritaniens de la Minusca, avaient fait usage de force sur les autodéfenses. Les combattants de l’UPC de leur côté s’étaient regroupés autour de leur général et avaient interdit formellement aux quelques rares habitants de Mobaye de sortir de leur maison. Ils s’étaient terrés chez eux.

D’après les informations qui nous sont parvenues à la fin de la semaine du 18 au 24 septembre, les Anti-Balaka ont été mis en déroute. Par qui, difficile de le savoir car les habitants étaient contraints de ne pas mettre leur nez dehors pour être au courant des manœuvres militaires qui s’opéraient. Ces autodéfenses sont-ils mis hors d’état de nuire par les Casques Bleus mauritaniens ? Les combattants de l’UPC auraient-ils bénéficié du soutien du contingent mauritanien ? A vrai dire, nous pouvons affirmer sans peut-être nous tromper que ce sont les soldats mauritaniens de la Minusca, alliés de l’UPC qui ont appuyé sur l’accélérateur pour chasser les Anti-Balaka qui encerclaient la ville. Car selon l’un des responsables onusiens à Bangui, lors de leur conférence hebdomadaire du mercredi 20 septembre, a clairement indiqué, « la ville de Mobaye est sous le contrôle de la Minusca ». Donc, c’est pour autant dire que c’est le contingent mauritanien qui a chassé les Anti-Balaka, en collaboration avec les combattants de l’UPC. Et cette thèse que nous avons évoquée, corrobore avec le témoignage d’un habitant de Mobaye qui disait, « le contingent mauritanien et les Séléka vont ensemble sur le front. Ce qui se passe à Mobaye et qui ne retient pas l’attention du gouvernement est très grave. Il y a deux (2) camps (Minusca et Séléka) contre un seul camp (Anti-Balaka).

A l’allure où vont les choses actuellement à Mobaye, la population non musulmane sera décimée et les rescapés seront contraints de se réfugier en République Démocratique du Congo pour échapper aux atrocités des combattants de l’UPC. Et c’est ce qui se passe aujourd’hui. A entendre un autochtone de Mobaye qui vient de traverser la rivière Oubangui pour se réfugier en RDC que nous avons joint au téléphone ce vendredi 22 septembre 2017, « rien ne va plus à Mobaye. Ceux qui y sont restés sont pris en otage par les combattants de l’UPC dans leur base. Ils leur ont distribué des brassards, des haches, des machettes tout en affirmant qu’ils vont mourir avec eux au cas où la situation se dégénérerait. J’ai dû m’évader de leur base pour me retrouver ce jour au Congo Démocratique. Lors des affrontements du lundi 18 septembre, j’ai vu de mes propres yeux neuf (09) corps des Anti-Balaka sans vie. Beaucoup ont perdu leur vie dans la brousse. Je ne suis pas en mesure de vous communiquer un bilan exact. Sachez que le bilan en perte des vies humaines est très, très lourd ».

Un autre que nous avons joint aussi au téléphone le jeudi 21 septembre a indiqué, « Dans les quartiers Mounè, Somba, Courbe, toutes les maisons ont été incendiées par les combattants de l’UPC. De nombreux compatriotes continuent d’affluer en RDC. C’est une véritable scène d’horreur que vivent les habitants de Mobaye, ces derniers mois. Nous demandons au gouvernement centrafricain de redéployer des Forces Armées Centrafricaines (FACA) à Mobaye pour protéger les populations civiles. Les Casques Bleus mauritaniens ne protègent que ceux avec qui ils partagent la même religion. Nous les autres, sommes sacrifiés sur l’autel du diable ».

Ce témoignage est triste et n’honore pas les Casques Bleus mauritaniens qui participent à leur première opération onusienne dans le monde. Où est leur neutralité, leur impartialité dans la crise centrafricaine ? S’ils étaient déployés en RCA pour venir en appui à l’UPC et non protéger la population civile, il faut qu’on nous le dise. A cause de la connivence de ce contingent avec l’UPC, la ville de Mobaye où les musulmans et non musulmans vivaient en symbiose, s’est vidée de ses habitants, en particulier les non musulmans. Quelques musulmans ont dû aussi quitter la ville. Elle ressemble aujourd’hui à une ville fantôme.

C’est par rapport à tous les actes barbares qui sont commis sur les populations civiles par les combattants de l’UPC sous la barbe même de la Minusca et vu leur acharnement sur les Anti-Balaka que nous avons dit que le contingent mauritanien a ouvert le boulevard des tueries, des incendies des maisons, bref des exactions de tout genre aux combattants de l’UPC à Mobaye. Cette façon de faire ne favorise guère la résolution de la crise mais par contre l’accentue. Et certains contingents de la Minusca qui agissent de connivence avec les groupes armés doivent comprendre qu’ils payeront un jour les conséquences de leurs actes indignes, odieux. S’ils pensent que Dieu a oublié le peuple centrafricain, ils se trompent largement. Le sang des innocents qui est versé par les rebelles, à cause de leurs manœuvres machiavéliques ne restera pas impuni. Dieu vengera ceux qui sont morts, ceux qui ont perdu leurs biens, ceux qui se sont déplacées à l’intérieur du pays ou réfugiés dans les pays voisins.

Aux populations de Mobaye et celles qui se sont réfugiées en RDC, sans oublier d’autres qui ploient sous le fardeau, les bottes des groupes armés, nous leur disons de prendre leur mal en patience. La colère de Dieu est proche et se déchaînera sur leurs ennemis et leurs complices. Dieu avait-il oublié son peuple en Egypte ? Non. Donc, il se souviendra du peuple centrafricain en général et la population de Mobaye en particulier qui souffre de la complicité du contingent mauritanien. « Qui vivra, verra », dit-on.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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