MISE EN GARDE DE GUTERRES :

Lundi 06.11.2017 : 10h33

MISE EN GARDE DE GUTERRES : « LA MINUSCA UTILISERA LA FORCE LORSQUE LA STABILITE DE L’ETAT SERA MENACEE…MAIS NE FAVORISERA AUCUN GROUPE RELIGIEUX OU ETHNIQUE »

Dans un communiqué rendu public lors de la dernière visite, le vendredi 27 octobre 2017,  en République Centrafricaine du  n°1 de l’ONU, Antonio Guterres, il est fait  savoir clairement que : « la Minusca utilisera la force lorsque la stabilité de l’Etat sera menacée et chaque fois que les civils auront besoin de protection, mais ne favorisera aucun groupe religieux ou ethnique ». Ce propos sonne comme une mise en garde envers les responsables de la MINUSCA, notamment le Représentant spécial du secrétaire de l’ONU en RCA, Parfait Onanga-Anyanga, qui a la lourde mission de ramener la paix et la sécurité dans le pays.

C’est suite à l’adoption en cours d’un nouveau mandat de la Minusca que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lors de son séjour en République Centrafricaine a fait cette déclaration. Et nous osons croire que le nouveau mandat de la Minusca sera placé sous le chapitre sept (07) de la résolution 2301 du Conseil de Sécurité de l’ONU, exigeant l’usage de la force vis-à vis des groupes armés récalcitrants.

Aujourd’hui, la souveraineté de l’Etat n’existe que de nom dans les zones sous influence des groupes armés. C’est au vu et au su de tout le monde, y compris les forces de la Minusca. La stabilité de l’Etat est menacée tous les jours et des centaines de civils continuent d’être massacrés par les milices armées.  Malgré le retour à l’ordre constitutionnel depuis la date du 30 mars 2016, l’autorité de l’Etat est presque inexistante dans les régions occupées par les factions rebelles de la Séléka, des Anti-Balaka, voire des autodéfenses.

Tous les efforts consentis par les autorités du pays et la communauté internationale pour ramener la sécurité et la paix afin de favoriser le relèvement économique du pays semblent être peine perdue. Les groupes armés ont aujourd’hui pris goût dans l’exploitation des ressources naturelles du pays. Ce qui leur permet également de s’approvisionner en armes et munitions pour maintenir le pays en otage et décimer la population comme bon leur semble. Qu’à cela ne tienne, ce sont les milices qui perçoivent les taxes, impôts et autres droits de l’Etat en lieu et place des autorités légitimes du pays. Et tout porte à croire que le pouvoir de l’Etat est partagé entre les autorités démocratiquement élues et les groupes rebelles qui pullulent en République Centrafricaine.

Ce sont ces phénomènes qui font aujourd’hui que la crise devient complexe, prend une dimension inquiétante et perdure à longueur de journée. Nous avons toujours attiré l’attention de la Minusca sur cet aspect. Hélas, peine perdue. Aucune disposition n’a été prise, et les groupes armés en ont profité pour agir de leur gré. Tueries sur tueries, incendies sur incendies, pillages sur pillages, exactions sur exactions, sont le lot au quotidien du peuple centrafricain dans l’arrière-pays et qui ne sait pas exactement à quel saint se vouer pour se protéger.

Curieusement, la Minusca  n’a fait que documenter les sources de ravitaillement des groupes armés malgré le soi-disant embargo du conseil de Sécurité de l’ONU. C’est l’occasion à jamais pour le conseil de sécurité de réfléchir sur cet aspect. Qui vise réellement l’embargo ? Les groupes armés non conventionnels ou bien les forces de défense et de sécurité intérieure (Police, Gendarmerie et Forces Armées Centrafricaines) ? Parfait Onanga-Anyanga a dit clairement l’autre jour que l’embargo n’empêche pas la réhabilitation des FACA. Nous posons alors la question de savoir : à quel niveau se trouve le blocage de la réhabilitation et du redéploiement de l’armée nationale ?

La crise centrafricaine est reconnue sur le plan mondial comme une crise politique et non interconfessionnelle ou religieuse. Malheureusement, certaines personnalités étrangères versent de l’huile sur le feu en semant la division entre la population par les terminologies « chrétiens » et « musulmans ». Même les responsables des Nations Unies utilisent ces concepts pour décrire un événement.

Une force impartiale peut-elle cohabiter avec les groupes rebelles ? De Bangassou à Zemio, Alindao, Mobaye, en passant par Bria, Bambari, Kaga-Bandoro, Bouca, Batangafo, Ngaoundai, Bocaranga, koui et la liste est non exhaustive, certains contingents de la Minusca sont accusés d’être de connivence avec les factions rebelles de la Séléka. C’est ce qui a poussé certains compatriotes à s’organiser en autodéfense pour s’attaquer non seulement aux factions rebelles de la Séléka, mais également aux casques bleus de l’ONU.

Il n’y a aucune distinction à faire entre les groupes armés. Tous les rebelles sont des rebelles et doivent être traités sur un même pied d’égalité. Mais tel ne semble pas être le cas avec la Minusca de Parfait Onanga-Anyanga. Quand les éléments de l’UPC, du FPRC, du MPC et des 3R massacrent la population civile, cela ne fait ni chaud ni froid aux responsables des Nations Unies qui ne se contentent que de faire quelques condamnations. Par contre, si ce sont les Anti-Balaka qui s’attaquent par exemple aux éléments peuhls de l’UPC, tous les pays de la planète sont mis au courant automatiquement. La Minusca ose même parfois utiliser la force vis-à vis des milices Anti-Balaka ou des éléments d’Autodéfense.

 Antonio  Guterres a bien fait de souligner cet aspect que la Minusca ne doit  favoriser aucun groupe religieux ou ethnique. C’est également ce genre de comportement qui augmente la tension entre les communautés et favorise en même temps les violences ethniques et religieuses qui risquent de basculer le pays dans le nettoyage ethnique. Selon certaines informations qui nous sont parvenues, Parfait Onanga-Anyanga est un docteur en relations internationales et ex-secrétaire particulier de l’ancien SG de l’ONU, Ban Ki-Moon. Comment un docteur en relations internationales qui a fait preuve de son expérience au sein du système de l’ONU est incapable de gérer une petite crise en RCA ?

Nouveau mandat, nouvelle stratégie de la Minusca. C’est ce que les Centrafricains du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest attendent du conseil de sécurité de l’ONU pour arrêter définitivement les massacres des populations civiles et les incendies des maisons et des édifices publics et privés.

Bénistant MBALLA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire