MINUSCA : LE CONTINGENT DE BANGLADESH DESARME ET DESHABILLE..

Mardi 03 Janv. 2017 : : 10H54

MINUSCA : LE CONTINGENT DE BANGLADESH DESARME ET DESHABILLE A TROIS REPRISES : ARMES LOURDES ET LEGERES EMPORTEES PAR LES ANTI-BALAKA DE MOKOM, DEPUIS PLUSIEURS MOIS.

Minusca patrouille

 

Entre Kaga-Bandoro et Mbrés, les Anti-Balaka de Mokom sont habillés en Minusca, exactement comme les troupes des Nations Unies : Bérets, armes et tenues avec le macaron des Nations Unies. Ils sont là dans les villages, allant et venant du matin au soir, sans scrupule. Le contingent du Bangladesh semble se laisser faire au gré des caprices des bandes armées. Des soldats qui se laissent déposséder de leurs armes, c’est une grande première dans l’histoire. La vie et la force d’un soldat tiennent à son arme. A l’exception des prisonniers de guerre suite à un affrontement. Ce qui n’est pas le cas avec le contingent du Bangladesh, basé dans la Nana-Gribizi. Faut-il encore s’interroger si c’est une armée bien formée, une armée professionnelle, disciplinée et consciente de l’importance et de la valeur d’une arme pour les soldats. Un contingent dépouillé de cette manière et plusieurs fois, soulève des interrogations. Même les FACA dans leur débâcle entre 2012 et 2013, n’ont jamais atteint ce seuil. Comment faire pour récupérer les armes, les tenues et bérets, des matériels qui appartiennent aux Nations-Unies ?

Toutes les forces de paix des Nations-Unies déployées à travers le monde, sur le théâtre des crises de tout genre, sont nanties d’une immunité diplomatique. Ce que les Anti-Balaka, ignorants à l’extrême, ne savent pas et se permettent le luxe d’agresser volontairement un contingent des Nations-Unies, considéré par les groupes armés comme le ventre mou. Ce même contingent de Bangladesh a été à l’origine du crime contre l’humanité perpétré par les hommes du MPC de Alkhatim à Kaga-Bandoro, il y a quelques mois. Le groupe du MPC de Alkatim a réédite le même scénario, s’introduisant sur le site des déplacés pour aller braquer. Sur les deux braqueurs, l’un a été pris la main dans le sac et a subi la sentence populaire. L’autre a réussi à s’enfuir pour aller alerter la base ; tous les combattants du MPC étaient sur pied de guerre, prenant la résolution de mener des représailles féroces comme par le passé. Malheureusement pour eux, ce n’était plus le contingent de Bangladesh en face. Les contingents Burundais et Rwandais se sont imposés, déterminés et farouches. Devant le mur de feu, les hommes du MPC n’ont pu tirer un seul coup de feu et ont rebroussé chemin pour se terrer à leur base. Un nouvel épisode de crime de masse, a été évité de justesse. Le contingent du Bangladesh ne mérite pas de faire partie des forces de paix des Nations-Unies, car personne ne sait pourquoi ils se sont engagés au sein de la Minusca.

Il n’y a plus d’alternative pour les groupes armés encore actifs sur le terrain pour tuer, détruire et incendier les maisons et les cases. Il faut réintégrer le processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement déjà en marche. Les populations déplacées et celles en exil, aspirent regagner leurs domiciles respectifs. Les populations centrafricaines dans leur ensemble, ont trop souffert des violences, des atrocités des groupes armés. L’année 2017 est une année de paix, de stabilité et de développement économique et social. Le retour à l’ordre constitutionnel a coupé l’herbe sous les pies des revendications politiques et autres. Il n’y a plus de délais de grâce, car le temps presse. Depuis l’investiture du président Touadéra, il y a bientôt neuf (9) mois, il n’a varié d’un iota dans sa trajectoire : la non violence, le dialogue pour la restauration de la paix, de l’Unité Nationale, de la Réconciliation et de la cohésion sociale. La main tendue aux groupes armés demeure sans fléchir. Le président et honorable député, Anicet Georges Dologuélé lui a emboîté les pas pour demander aux groupes armés récalcitrants de regagner les rangs de ceux qui ont adhéré au processus DDRR. L’Union Sacrée de Bruxelles se poursuit sur le terrain national pour la paix et la stabilité durable dans le pays.

Le portugais Antonio Guterres a succédé à  Ban-Kimour depuis le 31 décembre 2016 à minuit. Il a pris ses fonctions le 1er janvier 2017 et c’est une nouvelle ère qui s’ouvre aux Nations-Unies, avec des reformes gigantesques en profondeur. Le nouveau Secrétaire Général des Nations-Unies est un vieux routier de l’organisation. Il a une vision et une parfaite connaissance des failles qui paralysent les Nations-Unies. Les groupes armés récalcitrants ont intérêt à se ranger avant qu’il ne soit trop tard. Les Anti-Balaka de Mokom doivent restituer tous les matériels des Nations-Unies. C’est un déluge de feu qui va s’abattre sur eux, car trop c’est trop, on ne provoque pas un lion qui dort tranquille dans sa tanière. La crise centrafricaine a assez duré et a beaucoup trainé en longueur dans l’espace et le temps. Bangui la capitale a donné le ton le 1er décembre,  le 25 décembre et le 31 du même mois. C’est la communion totale et parfaite, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest de Bangui la Coquette, ville de pari. Un grand concert au Km5 et un autre, celui des rappeurs au point zéro, au cœur de la ville. C’était l’effervescence populaire, la cohésion, les retrouvailles et le vivre-ensemble grandeur nature. Le virus du communautarisme a été vaincu, plus de clivage, plus d’enclave, plus de sens interdit. Pères, mères et enfants ont savouré les délices de la paix reconquise. Pourquoi dans nos provinces, les populations doivent demeurer des otages alors que la nuit du saint Sylvestre a été célébrée sur l’ensemble du Territoire national. La donne a totalement changé à Bangui et dans plus de douze préfectures. Les armes lourdes (lance roquettes, douze-sept et autres récupérées par les Anti-Balaka Mokom doivent servir à quoi ? Les groupes armés récalcitrants sont en position d’extrême précarité, notamment la logistique et les véhicules pour leurs déplacements d’un point à un autre. L’heure est donc venue d’enterrer définitivement la hache de guerre, pour se tourner vers l’avenir et l’avenir est aujourd’hui prometteur pour toute la population de manière inclusive. La Communauté internationale attend de pieds fermes cette action salutaire provenant des groupes armés récalcitrants, pour des projets d’urgence dans les zones qu’ils occupent en faveur des populations. Il faut faire preuve de bon sens et de la raison. Il n’y a aucune raison de faire perdurer la crise. Les centrafricains n’en veulent plus et aspirent à la paix, à la stabilité et au développement socio-économique, afin d’améliorer leurs conditions d’existence.

Les centrafricains attendent le bonus de la démocratie et du retour à l’ordre constitutionnel. La RCA a retrouvé sa place au sein du concert des nations. Nous attendons les retombées en terme d’investissements, afin de transformer la RCA en un vaste chantier multiforme. Le gouvernement a promis 400.000 emplois à la jeunesse. Il faut lui donner la latitude d’atteindre ses objectifs combien nobles, afin de désamorcer le chômage endémique. Le processus DDRR, RSS et le recyclage des Forces Armées Centrafricaines (FACA) sont en marche. Il ne reste que les groupes armés récalcitrants pour que la RCA amorce le tournant du décollage économique et social. La diplomatie offensive et agressive imprimée par le chef de l’Etat tend à consolider les acquis démocratiques, à renforcer l’Etat de droit et surtout la bonne gouvernance.

 

Julien BELA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire