MILITAIRES RUSSES, QUALIFIES DE « MERCENAIRES »...

Vendredi 25.01

LES INSTRUCTEURS MILITAIRES RUSSES, QUALIFIES DE « MERCENAIRES » PAR JEAN YVES LE DRIAN : POURQUOI UNE TELLE HAINE VISCERALE A L’EGARD DE LA RUSSIE ET DE LA RCA ?

Pourquoi la présence russe en RCA est-elle considérée par la France comme un serpent de mer difficile à avaler ? Pourquoi Jean Yves Le Drian, ministre français des Affaires Etrangères et de l’Europe s’immisce dans les affaires intérieures de la RCA ? Veut-il faire perdurer la crise centrafricaine jusqu’à l’infini ? Est-il vraiment humain et humaniste à l’égard du peuple centrafricain ? Qu’est-ce qui explique la haine viscérale de Jean Yves Le Drian vis-à-vis du peuple centrafricain et des instructeurs militaires russes ? Autant de questions qui dépassent l’entendement humain.

Ce que Jean Yves Le Drian doit comprendre

Le 05 décembre 2013, au plus fort de la crise, le Conseil de Sécurité de l’ONU a autorisé le déploiement des militaires français en RCA, dit « Opération Sangaris ». Ces soldats de l’ancienne puissance colonisatrice de la République Centrafricaine ont été accueillis en grande pompe sur le territoire national par les Centrafricains depuis la frontière centrafricano-camerounaise jusqu’à Bangui. En agissant ainsi, les Centrafricains pensaient que ces militaires allaient les libérer sous le joug de la coalition Séléka. Au départ, ils ont fait un travail remarquable sur le terrain. Quelques semaines après, les militaires français ont commencé à doter et les Séléka, et les Anti-Balaka en armes et munitions pour s’entretuer. Ce ne sont pas les leaders des Séléka et des Anti-Balaka qui nous démentiront. Du coup, la crise qui était politique au départ a été transformée en une crise confessionnelle par la France. Chrétiens et Musulmans s’entretuaient à longueur de journée tant à Bangui qu’à l’intérieur du pays.

Ne pouvant rester insensés aux massacres des populations civiles par les deux protagonistes (Séléka et Anti-Balaka) de la crise, les chefs d’Etat de la CEEAC, réunis à Ndjamena au Tchad, ont décidé de mettre fin au régime sanguinaire de Michel Djotodia et de ses combattants Séléka, le 10 janvier 2014. Malgré tout, les violences contre les communautés chrétienne et musulmane s’intensifiaient à Bangui la capitale et dans d’autres villes. Les militaires français de l’Opération Sangaris, au lieu de désarmer les deux belligérants, se sont contentés de transférer les Séléka dans l’arrière-pays avec toute leur armada de guerre. Une fois dans les villes de provinces, les Séléka armés par les militaires français, se sont reconstitués et ont repris leurs sales besognes sur leurs hôtes à Bambari, Bria, Kaga-Bandoro, pour ne citer que ces quelques villes. Ces exactions barbares se poursuivent allègrement de nos jours au vu et au su de la France, et même sous la barbe de certains contingents de la Minusca qui assistent sans réagir.

Le 30 mars 2016, Touadéra a été investi président de la République Centrafricaine. En cette époque, l’Opération Sangaris était encore sur le terrain en RCA. Sept (7) mois après, le président français François Hollande et son ministre des Armées Jean Yves Le Drian qui s’agite et se dresse sur ses ergots contre la présence militaire russe en RCA, ont décidé unanimement de retirer les troupes françaises, malgré l’opposition du président Touadéra, de l’Assemblée Nationale, de la classe politique centrafricaine et de la société civile. A la fin octobre 2016, la Sangaris a plié bagages laissant Touadéra et son peuple dans la gueule des Séléka et des Anti-Balaka. Touadéra qui espérait toujours à la France, est parti voir les autorités françaises, en particulier le Président Emmanuel Macron pour lui demander de doter les Forces Armées Centrafricaines (FACA) en armes et munitions. Macron s’est opposé à la proposition de Touadéra et l’a envoyé en Russie de Vladimir Poutine. Grâce à la diplomatie agissante de la Russie, le Conseil de Sécurité de l’ONU a levé partiellement l’embargo qui est suspendu sur la tête de l’armée nationale comme l’épée de Damoclès. Ce qui a ouvert la voie à la première livraison d’armes russes en Centrafrique. Comme les éléments des FACA ne savent pas manier ces armes, sur demande du gouvernement centrafricain et de l’accord du Conseil de Sécurité, les instructeurs russes ont été déployés en RCA pour former les FACA au maniement de ces nouvelles armes.

Au vu de tout ce développement, le peuple centrafricain, par notre voix, pose les questions suivantes à Jean Yves Le Drian : quel péché mortel le gouvernement centrafricain et la Russie ont commis à l’égard de la France ? La RCA est-elle la chasse-gardée de la France ? Qui a abandonné la RCA et son peuple dans la gueule des lions ? N’est-ce pas la France ? Qui a commis l’erreur grave de retirer l’Opération Sangaris de la RCA ? N’est-ce pas Le Drian et l’ex-président français François Hollande ? Pourquoi tant d’agissements de la part de Le Drian devant les sénateurs de la France le mercredi 23 janvier dernier ? Le Drian doit s’en prendre à lui-même et non aux Russes, encore moins aux autorités centrafricaines.

La présence russe en RCA

Les instructeurs militaires russes ne sont pas déployés en RCA pour prendre la place des Français. S’ils sont estimés aujourd’hui par les Centrafricains, c’est parce qu’ils cherchent des voies et moyens pour sortir la RCA de cette longue crise militaro-politique, contrairement à la France qui s’aligne derrière les factions Séléka afin de perdurer la crise. « Il y a de la place pour tout le monde », a dit Touadéra. La place des Français est bel et bien en Centrafrique. S’ils veulent être en bons termes avec les Centrafricains, qu’ils optent pour la paix et non le soutien aux factions dissidentes de la Séléka. Le peuple centrafricain aspire à la paix, rien que la paix. Jean Yves Le Drian doit comprendre une fois pour toute, au lieu d’accuser la Russie à pousser les Centrafricains à développer la haine contre la France. C’est faux et archi-faux. C’est plutôt la France qui cherche à discréditer la Russie sur la scène internationale et à entretenir une haine viscérale contre le peuple centrafricain et ses dirigeants à travers des déclarations incendiaires.

Si la France veut coopérer étroitement avec les Centrafricains, il serait judicieux que Macron se débarrasse de Jean Yves Le Drian et de certains vieux crocos à l’Elysée et au Matignon. Tant que ces politicards y resteront, l’image de la France et de Macron sera ternie sur la scène internationale. C’est Le Drian qui est à l’origine de la brouille entre la France et la RCA et non la Russie.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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