MARIE-NOELLE KOYARA FACE AUX...

Vend 15 Sept. 2017 : 10H54

MARIE-NOELLE KOYARA FACE AUX PROBLEMATIQUES DE L’HEURE :

LA LUTTE CONTRE L’INSECURITE ET  LE REARMEMENT DES FACA

Marie noelle koyara 1L’ancien ministre centrafricain de la Défense Nationale, Joseph Yakete est parti. C’est désormais Marie Noëlle Koyara qui a la lourde responsabilité de gérer ce département ministériel. Elle aura la mission de réarmer et de redéployer les Forces Armées Centrafricaines (FACA) afin de lutter contre l’insécurité qui mine et gangrène le pays. C’est l’attente de toute la population centrafricaine du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest qui n’aspire qu’à la paix et la sécurité pour circuler librement sur toute l’étendue du territoire national et vaquer librement à ses occupations quotidiennes.

 

La lutte contre l’insécurité

Marie Noëlle Koyara est arrivée à la tête du ministère de la Défense Nationale juste au moment où la situation sécuritaire du pays devient de plus en plus complexe. Les groupes armés qui bénéficient toujours d’une impunité totale ne faiblissent pas dans les massacres, les tueries, les pillages et les incendies de villages entiers à l’intérieur du pays. Des centaines de civils sont tués et massacrés dans les villes de Bria, Bangassou, Zemio, Mobaye, Alindao, Batangafo, Kabo, pour ne citer que celles-ci. Le nombre de déplacés internes et de personnes exilées n’a fait qu’augmenter. Leurs conditions de vie deviennent très complexes : manque d’eau potable, de structures sanitaires, de vivres etc.

Toute la population centrafricaine s’inquiète de la montée en puissance des milices armées qui pullulent en République Centrafricaine. Il ne se passe pas un seul jour sans que des combats opposent les factions rebelles de l’ex-coalition Séléka aux Anti-Balaka de Maxime Mokom. La plupart de régions du pays sont transformées en zones d’affrontements des groupes armés. Certaines milices cherchent à étendre leur domination dans les villes aurifères, minières et diamantifères pour s’enrichir. D’autres préfèrent plutôt s’approvisionner en armes et munitions de guerre pour maintenir la crise.

Les frontières de la RCA, totalement poreuses continuent de servir de couloirs de trafics d’armes, de munitions et de drogues aux groupes rebelles. D’où, la prolifération des groupes armés et la persistance des combats sur le terrain. Qu’à cela ne tienne, de nouveaux groupes armés continuent de voir le jour dans certaines préfectures, alors que le projet-pilote du programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) est sur le point de se boucler. Comment faire face à ces multiples problèmes qui n’ont fait que plonger le pays dans le désarroi ?

La stratégie du gouvernement centrafricain visant à restaurer l’autorité de l’Etat dans l’ensemble du pays à travers la nomination des autorités déconcentrées est une peine perdue. Cela ne peut être possible que s’il y a le désarmement effectif des groupes armés. C’est là l’une des tâches qui incombe aux casques bleus de l’Organisation des Nations Unies (ONU) pour pacifier l’ensemble du territoire et favoriser le retour à la paix et à la stabilité. Force est de constater malheureusement que les Nations Unies tournent autour des difficultés que traversent les Centrafricains. Jour et nuit, de nombreux citoyens centrafricains sans défense tombent sous les balles des rebelles devant les forces de l’ONU qui pourtant ont pour principale mission la « protection des populations civiles ».

Malgré ce tableau sombre et sinistre, les autorités centrafricaines et la communauté internationale ont toujours choisi de dialoguer avec les groupes rebelles, au lieu de chercher à changer de stratégie pour réduire leur capacité de nuisance. Qu’est-ce qui empêche le gouvernement à autoriser la Minusca à faire usage de la force sur les groupes armés comme il est dit dans le chapitre 7 de la résolution 2301 du conseil de sécurité de l’ONU ? Difficile de le dire. Il y a de cela quelques mois, le responsable de la Minusca, Parfait Onanga-Anyanga a déclaré haut et fort que l’embargo n’empêche pas la réhabilitation des Forces Armées Centrafricaine. Mais que se passe t-il donc ?

Réarmement des Forces Armées Centrafricaines

Nul n’ignore que des efforts sont entrain d’être déployés par les autorités centrafricaines avec le concours de la communauté internationale pour réarmer et redéployer l’armée nationale sur l’ensemble du pays. Le Bataillon d’Infanterie Territoriale (BIT3) a été formé par la Mission Européenne de Training (EUTM) et remis au gouvernement centrafricain, il ya de cela quelques mois. En outre, certains éléments de la gendarmerie et des FACA sont en formation sous d’autres cieux. Et une fois la formation terminée, ils reviendront au pays pour défendre le peuple et la nation. Mais la procédure de la réhabilitation  et du redéploiement de l’armée nationale est très lente et va prendre beaucoup de temps. Dans ce cas d’espèce, il faut chercher par tous les voies et moyens à contraindre l’action des milices pour réduire un peu la souffrance de la population. Mais comment faire ?

C’est là le point saillant des difficultés que traverse le pays pour sortir de l’auberge et prendre l’élan du développement socio-économique, culturel, éducatif et sportif. Quelle solution envisagera la ministre de la Défense Nationale, Marie Noëlle Koyara pour marquer la différence avec son prédécesseur ? Attendons de voir pour dire un peu plus. Mais à titre de rappel, l’actuelle ministre de la Défense Nationale avait déjà dirigé ce département pendant la transition de l’ex-cheffe d’Etat Catherine Samba-Panza. Avait-elle fait mieux ? C’est la question fondamentale que pose le centrafricain lambda.

Il est impératif et urgent que la communauté internationale et le gouvernement centrafricain mettent le cap sur le volet sécuritaire pour aider la RCA à retrouver sa souveraineté. On ne peut jamais reconstruire un pays avec des coups de canons. Il faut soit désarmer de force les groupes armés, soit procéder à l’arrestation de leurs chefs pour donner une chance à la population de respirer un nouvel air. Marie Noëlle Koyara doit faire preuve de détermination et du courage pour remettre définitivement la pendule de l’armée nationale à l’heure. Sinon, les mêmes erreurs du passé vont reproduire les mêmes effets. Et ce sera très grave pour l’avenir du pays.

 

Amedé NGUETE

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