MARCHE GOBONGO, UNE REPUBLIQUE DES DROGUEURS

Mercredi 29 novembre 2017 : 09H19

MARCHE GOBONGO, UNE REPUBLIQUE DES DROGUEURS

A partir de 18 heures 30 minutes, le marché Gobongo, situé dans le quatrième arrondissement de la capitale centrafricaine, est envahi par les drogueurs. Chanvre indien, col, Tramadol, pour ne citer que ces quelques exemples, sont consommés à ciel ouvert. Le marché Gobongo est une véritable République des drogueurs pendant la nuit.

« BONUCA », c’est de cette manière qu’on qualifie le marché Gobongo où des actes de délinquances (consommation de drogues, braquages, viols, etc) sont perpétrés pendant la nuit . Selon nos investigations, plusieurs éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA) font partie de cette bande des malfaiteurs qui consomment ces stupéfiants. Et tout porte à croire que la République Centrafricaine est devenue depuis lors un Etat des hors la loi où toute chose est permise.

« Le drogue n’est plus un poison, mais plutôt une nourriture qui donne la force », a lâché un consommateur de chanvre indien tout en souriant. Les tables des commerçantes et commerçants du marché Gobongo sont transformées pendant la nuit aux sièges, voire aux lits par ces chanvreurs. « Je suis père de deux enfants. Ma principale activité est de charger les taxis et bus au marché Gobongo. Je peux gagner facilement cinq mille (5.000) francs dans une journée. Mon métier est pénible puisque je travaille sous le chaud soleil. Et il faut que je consomme un paquet de Tramadol pour éviter la douleur », a confié ce jeune   homme âgé d’une trentaine d’années sous couvert de l’anonymat.

Les consommateurs de ces stupéfiants ont affirmé qu’ils se portent toujours  bien depuis qu’ils consomment ces drogues. « Les drogues que nous consommons depuis lors n’ont aucun effet négatif sur notre santé. Cela nous donne plutôt  la force pour travailler durement », ont-ils expliqué.

Certaines personnes qui habitent proche du marché Gobongo ont déploré la consommation de ces drogues qui selon eux, « pollue l’air et pourrait entraîner des conséquences négatives sur leur santé ». La vieille Angéline, âgée de 65 ans, n’est pas passée par quatre chemins pour pointer du doigt accusateur les forces de sécurité intérieure «  de laisser ces malfaiteurs marcher sur la loi ». Selon elle, « c’est depuis fort longtemps que les drogues sont consommées dans ce marché au su et au vu de tout le monde ».

Un élément de la gendarmerie qui habite juste en face du marché Gobongo a qualifié ces actes « d’association de malfaiteurs », une infraction punie par le code pénal centrafricain. Pour lui, « un seul élément de la gendarmerie qui ne dispose pas d’un moyen de défense ne peut rien faire face à cette bande de malfaiteurs. Les éléments de l’OCRB doivent multiplier des patrouilles nocturnes dans tous les arrondissements de la ville de Bangui pour traquer ceux qui perturbent l’ordre social ».

Peut-on réellement lutter contre ces malfaiteurs parmi lesquels se trouvent certains éléments des Forces Armées centrafricaines, de la police et de la gendarmerie qui consomment également ces drogues ?

Le ministre de l’Intérieur chargé de la Sécurité Publique a du pain sur la planche pour mettre un terme aux actes de grand banditisme qui se développent de jour comme de nuit non seulement à Bangui, mais aussi dans les villes de l’arrière-pays.

La consommation des drogues et autres produits nocifs a des conséquences très néfastes dans la société. Ceux qui en abusent finissent de fois par tomber dans des  troubles psychiques. C’est la conséquence la plus grave sur la santé de l’homme. Il ne faut pas aussi perdre de vue que les fréquents cas de braquages résultent de la consommation de ces drogues. Et même les multiples cas d’accidents de circulation routière enregistrés çà et là à Bangui et à l’intérieur du pays sont dus à la prise de ces produits nocifs, à l’exemple du Tramadol très prisé par les conducteurs des taxis-motos.

Que faire pour réduire la grande criminalité qui se développe en RCA après la prise de drogues et autres produits nocifs ? La balle est dans le camp du gouvernement Sarandji.

 

Bénistant MBALLA

 

 

 

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

 
×