LES VILLES DE L’ARRIERE-PAYS RESSEMBLENT A LA...

Lundi 10.07.2017 : 09H35

LES VILLES DE L’ARRIERE-PAYS RESSEMBLENT A LA JUNGLE ET AU DESERT

Ce qui se passe aujourd’hui dans l’arrière-pays est très grave et doit interpeller la conscience de tout un chacun de nous. Des affrontements presque quotidiens entre les groupes armés ne sont guère un bon signe et peuvent basculer la RCA dans une autre crise qui ne dira pas son nom.

Aujourd’hui, plusieurs villes de nos provinces sont comme une jungle. Le Centrafricain est devenu le loup pour son compatriote. Il ne se passe pas un jour sans que l’on parle des tortures, des meurtres, des disparitions forcées, des traitements inhumains et dégradants. Et ce, par des hommes en armes sur les populations civiles. Les communautés qui vivaient en parfaite harmonie se regardent aujourd’hui en chiens de faïence. Les habitants de certaines villes qui se sont constitués aux éléments d’autodéfense, s’en prennent aux autres qui ne veulent pas se mêler dans ces histoires. Dans les périphéries de la ville de Mobaye, ces actes sont fréquents. Dépassés par les évènements, certains habitants des villages ont dû se réfugier en République Démocratique du Congo ou ailleurs. C’est le cas des habitants du village Yama-Otto et tant d’autres.

Les combattants des groupes armés qui ont pris le contrôle de certaines régions du pays, agissent comme bon leur semble. Leurs concitoyens sont devenus leurs valets. Ceux-là n’ont pas droit à la parole, aux réclamations, aux revendications et autres. A la moindre incartade, c’est la foudre qui s’abat sur eux. La loi du Talion, « œil pour œil, dent pour dent » et la justice populaire sont devenues le mode opératoire tant pour les groupes armés que pour la population civile. Où vont la RCA et son peuple ? Aux enfers ? Ô mon Dieu, aies pitié de nous-mêmes ou nos compatriotes, si nous avons péché contre Toi. Pardonne-nous nos péchés et ramène-nous sur le droit chemin pour que cesse la loi de la jungle.

En outre, combien de maisons restent actuellement dans nos villes et villages de l’arrière-pays ? Difficile de donner le nombre exact. Mais à vue d’œil et d’après les témoignages qui nous parviennent, beaucoup de localités ressemblent à un désert. Pourquoi ? Parce que toutes les maisons, cases, huttes ont été incendiées par les groupes armés : combattants Séléka, Anti-Balaka et éléments d’autodéfense. Chaque fois qu’un affrontement surgit dans tel ou tel village, telle ou telle ville, le groupe armé qui prend le déçu brûle les maisons, les greniers, les édifices publics et privés, en un mot, détruit tout sur son passage. C’est ce qui s’est passé récemment à Bria, à Kaga-Bandoro et se passe actuellement dans la ville de Zémio.

Les habitants pris de peur, ont tous abandonné leurs villages au profit des sites des déplacés. Certains se sont réfugiés à l’étranger. D’autres ont trouvé refuge dans la brousse. Leurs conditions humanitaires se détériorent de jour en jour. Trouver de quoi à mettre sous les dents ou de l’eau à boire, est un véritable serpent de mer, difficile à avaler. Comment voulez-vous que les gens trouvent de la nourriture, de l’eau, des habits dès lors que leurs maisons sont toutes parties en fumée ? C’est vraiment grave et très dangereux pour un pays et son peuple.

Sans nous voiler la face, presque soixante pourcent (60%) du territoire national ressemblent à un désert. La loi de la jungle et de la justice populaire prime au détriment de la justice. Que doit-on faire ? L’unique solution est de barrer la route aux semeurs de troubles, criminels, malfrats, hors-la-loi, va-t-en-guerre, pour que certaines villes de nos provinces ne disparaissent pas.

Que Dieu soit avec nos compatriotes dans l’arrière-pays qui ont tout perdu et dont leurs villages et villes ressemblent aujourd’hui à la jungle et au désert !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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