LES VEHICULES DE L’ETAT PORTES DISPARUS AU KM 5...

Jeudi 22.11.2018 : 09H56

LES VEHICULES DE L’ETAT PORTES DISPARUS AU KM 5 NE SONT PAS BRAQUES, MAIS VENDUS D’AVANCE, PAR CERTAINES PERSONNALITES AUX COMMERçANTS

Sarandji 5La crise centrafricaine est complexe, vraiment complexe, disait un expatrié travaillant dans une ONG internationale lors d’une conférence de presse. Et c’est justement ce nous avons vu et voyons aujourd’hui. Si le Km 5 est et demeure le « couloir de la mort », cette situation n’est pas le fait du hasard mais elle s’explique. Pendant et après le déclenchement de la crise centrafricaine par l’ex-coalition Séléka de Michel Djotodia Am Non Droko, des biens appartenant aux particuliers et à l’Etat ont été emportés par des malfrats tant à Bangui, la capitale que dans les villes du pays. C’est le cas des véhicules de l’Etat qui disparaissent au Km 5.

En effet, depuis la transition jusqu’à ce jour, l’on ne cesse de parler de vols ou de braquages des véhicules de fonction de certaines personnalités du pays. En réalité, il n’en est rien. Ces véhicules ne sont pas volés ou braqués par les Autodéfenses du Km 5 mais plutôt vendus d’avance par ces personnalités. D’après un compatriote habitant cette dernière enclave musulmane de la capitale, « Le plus souvent, on nous laisse entendre que des véhicules ont été braqués par les différents groupes d’Autodéfenses qui sévissent au Km 5. Ce n’est pas vrai. Ces véhicules ont été vendus auparavant à ces Autodéfenses par certaines personnalités du pays qui ont eu le privilège d’en être dotées. Après avoir conclu le marché et reçu l’argent, elles conduisent ces véhicules au Km 5 en prétextant qu’elles vont y travailler. Dès que le véhicule arrive, les Autodéfenses l’encerclent et pointent les occupants. Honteux et confus, ils descendent du véhicule et les malfrats s’en saisissent et disparaissent. Les occupants font semblant de courir pour se sauver. Mais un chemin leur est déjà indiqué pour sortir sain et sauf du Km 5 ».

Un compatriote parle, quant à lui, des visites nocturnes à ces chefs d’Autodéfenses qui se soldent par la prise de ces véhicules. « Certains dignitaires du pays rendent visite à ces Autodéfenses tard dans la nuit. Il y a de cela quelques semaines, un véhicule flambant neuf a été emporté par ces derniers. Cette voiture de commandement est arrivée au Km 5 dans les environs de 02 heures du matin au niveau de la rue communément appelée « Béngba légué ». Elle a été déjà vendue. Pour masquer ce braquage, le propriétaire a laissé son passeport et son téléphone portable dans la voiture pour prouver à l’Etat qu’il a été braqué et le véhicule emporté avec ses documents administratifs. C’est faux et archi-faux. Présentement, le véhicule se trouve chez un leader d’autodéfenses du Km 5. C’était de cette manière que beaucoup de véhicules ont été vendus à Abdoulaye Hissène et autres, ce qui leur a permis de sortir du Km 5. Il n’y a pas que certaines personnalités centrafricaines qui se lancent dans ce business mais également des personnalités étrangères », a-t-il indiqué.

Comment voulez-vous que la crise prenne fin d’autant plus que certains compatriotes sont de connivence avec ces criminels ? Sans nous voiler la face, ce sont les Centrafricains qui tuent des Centrafricains. Si on nous parle de tueries par-ci, des incendies de maisons par-là, cela est dû à la complicité de certains compatriotes malintentionnés. Comme ils ont trouvé leur compte dans cette crise, ils veulent qu’elle perdure indéfiniment. Savent-ils que ces véhicules vendus aux malfrats du Km 5 sont la résultante des sueurs des Centrafricains ? Par la grâce de Dieu, les conséquences de leurs gestes irréfléchis se retourneront contre eux et leurs parents.

Pour ce faire, les Centrafricains doivent se méfier des véhicules qui rentrent et sortent du Km 5. Car, ils peuvent penser que ce sont des personnalités du pays qui sont à bord de ces véhicules, alors que ce sont des malfrats. Nous profitons de cette occasion pour demander à ces personnalités-là d’arrêter ces pratiques qui ne les honorent, ni les grandissent. Elles sont connues. Le moment venu, leurs noms seront dévoilés sur la place publique. Ils oublient que tout se paie ici bas. L’ex-député de Mbaïki 2, Alfred Yékatom alias Rambo, n’a jamais pensé qu’il allait être arrêté un jour. Aujourd’hui, il se trouve à la CPI au Pays-Bas et répondra de ses actes barbares devant cette juridiction internationale. C’est autant dire que tous ceux qui sont impliqués de près ou de loin dans cette crise seront rattrapés par la justice tant nationale qu’internationale.

En définitive, le président de la République, chef de l’Etat, Professeur Faustin Archange Touadéra doit se méfier de certains membres du gouvernement et dignitaires de ce pays qui sont très actifs dans la persistance de la crise. C’est le cas de ceux qui affirmeraient que leurs véhicules de commandement auraient été braqués au Km 5 ou ailleurs. « Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende », disait Jésus-Christ, le Fils de Dieu.

 

Elkas PATCHANGA

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