LES REPRESENTANTS DES GROUPES ARMES AU COMITE

Mardi 18 Avril 2017 : 12H08

LES REPRESENTANTS DES GROUPES ARMES AU COMITE CONSULTATIF ET DE SUIVI PLUS EXIGEANTS QUE LA DIARRHEE : EN CAUSE LES INDEMNITES

Ali darassa mahamat 4Dès que les représentants des groupes armés foulent le sol de Bangui, ils n’ont même tenu la session que déjà ils revendiquent leurs indemnités. Des pétitions sont accouchées pour faire pression, comme si l’argent se ramassait par terre à volonté. Les groupes armés sont toujours inhumains, insensibles, indifférents à la douleur de leurs compatriotes. Et pourtant, ils ont tout détruit, tout saccagé ; ils ont ruiné le pays. Dans un pays en ruine, les mêmes groupes armés revendiquent avec forte exigence, des indemnités. Ils ne pensent qu’à leur ventre, à leurs poches, à leurs intérêts personnels. Ces indemnités revendiquées à grand coup de pétition, iront-elles jusqu’aux hommes de troupes ? Les groupes armés, possédant les armes, se prennent pour le nombril de la planète. Ils n’ont aucun égard pour cinq millions (5.000.000) de Centrafricains qu’ils ont pris en otage.

Depuis combien d’années le peuple centrafricain réclame aussi ses indemnités que sont la paix, la sécurité, la liberté d’aller et venir, le développement, pour tout dire ? Un pays ne peut demeurer aussi longtemps sous les bottes des groupes armées, irresponsables, inhumains, cruels, destructeurs, violeurs, criminels. Tout se paie ici bas.

La plus puissante rébellion au monde, le FARC en Colombie, avec cinquante ans de maquis, est obligée aujourd’hui de s’ouvrir à la paix. Elle dépose les armes après tant d’années de massacres et de destructions. Les armes n’ont jamais résolu un problème. C’est à juste titre que Touadéra a choisi la voie de la non violence et du dialogue. Malheureusement, les groupes armés se croient tout permis et se prennent pour les dieux des armes, réfractaires à la raison. Ndjamena, Libreville, Rome ( plusieurs fois ), Sant’ Egidio (autant de fois), Brazzaville (avec un Accord) et maintenant Luanda en Angola. Tous ces périples n’ont rien donné à ce jour, parce qu’un groupuscule d’individus se croient au-dessus des cieux et de la terre. Avec les armes, ils peuvent trainer toute la communauté internationale, le Pape Benoît XVI, le peuple centrafricain dans la boue comme bon leur semble.

Le spectacle des personnes déplacées vivant sur des sites de fortune comme des animaux, tels les porcs, n’a jamais heurté leur conscience. Quant aux Centrafricains qui sont en exil, c’est l’enfer. Les groupes armés n’en ont que foutre. Les armes, les barrières illégales pour rançonner leurs compatriotes qui respirent la misère absolue, priver l’Etat de ses ressources, mais en plus, exigeant des indemnités en pondant des pétitions, telles sont leurs manœuvres dilatoires. Où sont passées les recettes de l’Etat que les groupes armés prélèvent ? Les diamants, l’or qu’ils exploitent frauduleusement à travers la contrebande ? Les rebellions par définition sont des groupes qui revendiquent ou s’opposent à une injustice. Or, les groupes armés en Centrafrique ont perdu tout repère, ils sont déboussolés, n’ont aucun objectif, sauf d’être une force de nuisance, de destruction, de blocage, d’asphyxie de leur propre pays. Les Séléka se sont révoltés contre le régime ordurier de Bozizé. Ils l’ont chassé du pouvoir. Ils ont pris le pouvoir. Qu’en ont-ils fait par la suite ? Ils ont perdu le pouvoir par leur propre turpitude. Le peuple centrafricain est-il responsable des déboires de la gouvernance Séléka ? C’est la CEEAC qui n’en pouvait plus de supporter qu’un peuple entier soit sacrifié à des bouchers et des charcutiers humains. Cela est inadmissible au XXIème siècle où les Droits humains recyclent les civilisations et les tamisent. Les groupes armés s’accrochent aux armes et courent après le vent, empêchant cinq millions de Centrafricains de s’auto-suffire.

Les revendications des groupes armés ne sont que de la poudre aux yeux. La vanité de certains leaders des groupes armés qui, hier, détenant une parcelle du pouvoir de l’Etat, étaient incapables de diriger un département ministériel, se transforme en haine viscérale, histoire de faire obstruction à tout processus de paix et développement. Malgré tout, les autorités et la Communauté internationale se décarcassent pour des ignares, des incultes qui ne savent même par ce qu’ils veulent réellement. Ali Daras, hier membre de la coalition, devient aujourd’hui l’homme à abattre. Tous les prétextes sont bons pour orchestrer un génocide au sein des peulhs sur le territoire centrafricain. Il n’y a plus d’arguments pour maintenir la tension, alors la coalition FPRC, MPC et RPRC, trouve en Ali Daras, un bouc-émissaire pour faire perdurer la crise. C’est une drôle de guerre avec la main noire du voisin tchadien, qui applique la politique de l’autruche en Centrafrique. Tous les autres groupes armés qui ont adhéré très tôt au Programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) sont constitués de vrais compatriotes qui ont compris que la lutte armée n’avait plus d’objectifs à atteindre. Il n’y avait plus de raison de prendre en otage le peuple centrafricain qui souffre atrocement, nomment les populations rurales, les populations déplacées et les personnes exilées.

Si le gouvernement paie les indemnités des représentants des groupes armés, ceux-ci doivent en retour payer les indemnités dues au peuple centrafricain : la paix, la sécurité, la liberté d’aller et venir et le développement global. C’est donnant-donnant entre les leaders des groupes armés et le peuple entier. C’est l’argent des contribuables miséreux que l’Etat prend pour donner en prime à des criminels, à des tortionnaires, à des croque-morts, et donc il faut une compensation proportionnelle à ce sacrifice.

 

Julien BELA

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