LES MULTIPLES FACETTES DES NATIONS-UNIES COMPLIQUE

Lundi 12 juin 2017 : 10H06

LES MULTIPLES FACETTES DES NATIONS-UNIES COMPLIQUENT LA CRISE CENTRAFRICAINE

Minusca 8« Faute de connaissance, mon peuple périt », déclare la bible. C’est le cas du peuple centrafricain, dépourvu de toute connaissance pour analyser à fond les causes de la crise qu’elle traverse depuis plus de quatre (04) années. Il suffit d’écouter le raisonnement des centrafricains et même des intellectuels, et vous vous rendez compte que le peuple centrafricain n’est pas encore mûr pour prendre son destin en main. Heureusement, il y a certains étrangers qui ne dorment pas et cherchent par tous les moyens à éclairer la lanterne de la population centrafricaine sur l’origine de la persistance de la crise. C’est le cas de Thierry Vircoulon, chercheur à l’Institut Français des Relations Internationales et enseignant en Sciences Politiques à l’Université de Sorbonne-paris-Cité.

Dans un article rendu public par le journal « Le Monde » , le chercheur Thierry Vircoulon a expliqué, « depuis la fin de l’opération Sangaris et de l’opération européenne Eufor, et en raison de la passivité de l’Union Africaine (UA) et de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), l’ONU est de facto chargée de conduire la Centrafrique vers une paix durable. Pour ce faire, le Conseil de sécurité a posé les principes de la stratégie de paix dans la résolution postélectorale du 26 Juillet 2016. Cette stratégie repose sur les mêmes principes que ceux énoncés par le Conseil de sécurité pour le Mali, le Sud-Soudan, la RD-Congo : réconciliation par le dialogue, la lutte contre l’impunité, la lutte contre les trafics d’armes et de ressources naturelles… L’agent d’application de cette stratégie et de ces techniques est la Minusca, qui compte environ douze mille cinq cents (12.500) casques bleus, dotés du droit d’utiliser la force en vertu du chapitre VII de la charte des Nations-Unies… ».

Au Mali, au Sud-Soudan, voire la RD-Congo, l’ONU a-t-elle réellement rétabli la paix et la sécurité ? Pourtant, le chercheur Thierry Vircoulon a souligné que ce sont les mêmes principes du Conseil de sécurité dans ces pays qui ont été énoncés également en République Centrafricaine. Dans ce cas de piètre figure, est-ce en RCA que les Nations-Unies peuvent faire mieux ? L’ONU existe en République Démocratique du Congo depuis plus de vingt (20) ans. Mais qu’est ce qui a réellement changé dans le vécu du peuple congolais ? N’est-ce pas les massacres, les tueries, les pillages, les incendies de villages entiers qu’on enregistre à longueur de journée sur le territoire congolais ? Le dialogue comme solution pour résoudre la crise est une initiative des Nations-Unies.

Depuis que le gouvernement congolais ne cesse de dialoguer avec les groupes rebelles, cela a-t-il ramené la sécurité, la paix et la réconciliation au sein de la population ? Où en sommes-nous avec ces mêmes principes au Sud-Soudan actuellement théâtre des affrontements meurtriers et répétitifs faisant des centaines de morts et des milliers de déplacés qui vivent sur les sites des déplacés, en menant une vie déplorable, comparable à celle des animaux sauvages ? Les Nations-Unies n’existent-elles pas au Sud-Soudan ? Qu’en est-il de la situation au Mali où la Minusma est bien vivante alors que des têtes tombent sans cesse ?

Les gouvernements malien, soudanais et congolais disposent bel et bien de leur armée nationale. Mais cela n’empêche les rebelles de continuer de commettre les exactions. Or en RCA, l’armée nationale est dysfonctionnelle depuis la date du 24 mars 2013. Ce sont les Nations-Unies qui prennent le contrôle de tout le territoire à travers leurs casques bleus déployés avec pour principale mission, « la protection des populations civiles », comme il est écrit noir sur blanc dans la résolution  2301 du Conseil de sécurité. Où est passée cette protection de la population confiée aux casques bleus de l’ONU ? Depuis la date du 15 septembre 2014 où la Minusca est opérationnelle en RCA, quelle population a-t-elle protégé réellement, conformément à son mandat ?

« La Minusca n’est pas une force combattante », ne cessent de dire les responsables onusiens. C’est le seul prétexte de laisser libre cours aux criminels de la pire espèce d’écumer à petit feu le peuple centrafricain pendant plus de quatre (04) ans aujourd’hui. Alors que le chapitre 7 de la résolution 2301 donne plein pouvoir aux casques bleus d’user de la force pour désarmer les groupes armés. Malheureusement, les Nations-Unies voguent au gré du vent en fabriquant des formules qui ne font qu’endormir la conscience des Centrafricains. Où sont passées les différentes formules : « pleine capacité opérationnelle », « montée en puissance », « mandat robuste », « ville sans armes » et « sans groupes armés » , du moment où les groupes armés ne faiblissent pas dans les tueries , les massacres , les incendies , bref les exactions de tout genre ?

Les Centrafricains doivent se réveiller définitivement de leur sommeil et comprendre une fois pour toute que ce sont les Nations-Unies qui font que la  crise centrafricaine persiste et que le processus de la paix et de la réconciliation en RCA est mis en mal par les groupes armés. La non application du chapitre 07 de la résolution 2301 du conseil de sécurité concernant le désarmement forcé des milices est la cause principale de la persistance de la crise dans le pays. Comment la Minusca peut lutter contre l’impunité, le trafic d’armes et de ressources naturelles si elle restera toujours une force non combattante ? Les Nourredine, Mahamat Alkhatim, Abdoulaye Hissène, Ali Daras et tant d’autres vont-ils réellement déposer les armes par la voie du dialogue du moment où ils pillent et exploitent frauduleusement les ressources naturelles du pays qui leur permettent d’acheter des armes et de s’enrichir sur le dos des Centrafricains.

« Nous soutenons le dialogue entamé par les autorités centrafricaines pour résoudre la crise ». Mais en réalité, ce dialogue est une initiative des Nations-Unies, comme l’a souligné le chercheur Thierry Vircoulon. Après les violences d’Alindao et Bangassou, nous nous attendions à une ferme décision des Nations-Unies. Malheureusement, c’est toujours un statu quo, et la recrudescence des violences est observé sur le quart du territoire.

Si les Nations-Unies ne changent pas de stratégies, la RCA subira toujours la recrudescence de violences tous les quatre (04) ou cinq (05) mois. Cessons de déverser nos colères sur les autorités du pays. Il faut secouer la Minusca à mettre en application l’intégralité de son mandat.

 

Bénistant MBALLA

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