LES LEADERS POLITIQUES, LES PERSONNALITES P...

Mercredi 31.05.2017 : 08H24

LES LEADERS POLITIQUES, LES PERSONNALITES POLITIQUES INDEPENDANTES ET LE GOUVERNEMENT : A QUI PROFITE LE SANG DES INNOCENTS QUI COULE ?

Sarandji et dologueleLes événements douloureux qui viennent de se dérouler dans les préfectures de l’Ouham-Péndé, de la Haute-Kotto, de la Basse-Kotto et du Mbomou, faisant de nombreuses victimes et des milliers de déplacés continuent de faire couler beaucoup d’encre et de salive, tant du côté des autorités et du peuple centrafricain, que du côté de la communauté internationale. Des voix s’élèvent partout, dénonçant des manœuvres visant à déstabiliser les institutions de la République. Il ressort des multiples déclarations faites par le président de la République, le premier ministre, le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RCA, des ONGs de défense des Droits de l’Homme, voire les humanitaires œuvrant dans le pays, que l’ombre de certains leaders politiques centrafricains plane sur les événements survenus à l’intérieur du pays.

« Il n’y a pas de fumée sans feu », dit un sage adage très populaire et connu de tous. Si le peuple centrafricain peine aujourd’hui à retrouver la paix et la stabilité, c’est qu’il y a quelque chose qui ne marche pas. Les centrafricains cherchent toujours à connaître l’origine de leur malheur. Mais après une analyse profonde des différentes crises militaro-politiques survenues dans le pays, il ne fait aucun doute que ce sont les hommes politiques centrafricains qui sont à l’origine des malheurs qui s’abattent sur la population depuis 1960 à ce jour. La plus meurtrière et dévastatrice crise que le peuple  a traversée et continue de traverser est celle déclenchée en décembre 2012 par l’ex-coalition Séléka de Michel Djotodia. Certains leaders politiques sont accusés à tort ou à raison d’être de connivence avec les ex-combattants de la Séléka pour parvenir à déstabiliser le pouvoir de Bangui le 24 mars 2013, renversant ainsi le régime de François Bozizé. D’autres seraient aussi impliqués dans la mouvance Anti-Balaka pour contrecarrer et empêcher les exactions des hommes de Michel Djotodia sur les populations civiles.

Pendant que le pays était à feu et à sang, les leaders politiques et personnalités  politiques indépendantes n’ont fait signe de vie. Certains étaient dans l’avion à l’approche de la coalition Séléka de la capitale. D’autres se sont retirés tranquillement dans leur coquille et ont bénéficié de la protection des forces internationales (Micopax), pendant que la population était abandonnée à la merci des seigneurs de guerre qui ravageaient tout sur leur passage. « A quelque chose, malheur est bon », dit-on. La crise qui vient de secouer la RCA a éveillé la conscience du peuple centrafricain. Lors des élections couplées de 2015-2016, la population centrafricaine a tranché net. Parmi les trente (30) candidats qui se sont présentés à l’élection présidentielle, tous les leaders politiques, les assoiffés du pouvoir ont été balayés du revers de la main par les électeurs. Celui que personne ne songeait à sa victoire est devenu aujourd’hui le président de la République. C’est la preuve que les centrafricains ont décidé de mettre un terme à la gouvernance clanique, régionaliste, ethnique, voire religieuse des hommes politiques centrafricains qui ont conduit le pays au fin fond du gouffre. Le parcours sombre  de la politique en RCA aurait amené les leaders politiques et personnalités politiques indépendantes à changer de stratégie ou simplement abandonner la politique au profit d’autres activités pour aider la jeunesse à sortir de la misère et du chômage. Malheureusement, ce n’est pas le cas.

Les élections sont terminées. Toutes les institutions sont en place et fonctionnent normalement. Les autorités du pays, avec le concours de la communauté internationale, se battent pour faire face aux défis titanesques afin de ramener la paix sur l’ensemble du territoire et permettre à la population de vaquer librement à ses occupations quotidiennes. Voilà que certains leaders politiques veulent remettre le pays dans le bain de sang.

De Bangassou, Alindao, Bria, en passant par Niem-Nyélowa, Ngaoundaï, Bocaranga, Koui, pour ne citer que ces quelques villes, nos compatriotes ont payé le pot cassé à travers les exactions des groupes armés manipulés par certains leaders et hommes politiques centrafricains. Ils font semblant de condamner les tueries et les incendies, alors que ce sont eux qui manipulent les groupes armés. Que vont-ils gagner à travers cette manipulation qui ne fait que couler le sang des innocents ? Faute d’une école de politique en RCA, les centrafricains sont entrain de s’aventurer sur un terrain qu’ils ne maîtrisent pas. La politique est l’art de gouverner. Et gouverner, c’est dirigé un territoire et un peuple en tenant compte des besoins de la population. C’est le sens de la démocratie, ce pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Mais la réalité dans la plupart de pays Africains et particulièrement en République Centrafricaine, démontre que gouverner est synonyme de dictature. D’où, des crises militaro-politiques à répétition pour la conquête du pouvoir par les rebellions et les coups d’Etat. Les conséquences demeurent l’effondrement de tous les tissus socio-économiques du pays. A qui la faute ? Seuls les leaders et hommes politiques peuvent éclairer la lanterne du peuple centrafricain sur ce sujet.

 

Bénistant MBALLA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire