LES HERITIERS PATASSE RENIENT ET CRACHENT SUR LA MÉMOIRE ...

Vendredi 06 Janvier 2017 : 11H03

LES HERITIERS PATASSE RENIENT ET CRACHENT SUR LA MÉMOIRE DE L’ILLUSTRE PERSONNAGE DE ANGE-FELIX PATASSE, LEGATAIRE DE LA MAISON DE LA PRESSE

Patasse et mpj

La Maison de la Presse et des Journalistes (MPJ) a une longue histoire. Ce bâtiment   appartenait au ministère des Transports et donc à l’Etat Centrafricain. Ce fut le site d’un ancien aéroport. Le bâtiment a ensuite été transformé en siège du quotidien national d’Etat, « ELE-SONGO », sous le régime de feu président André Kolingba, jusqu’à sa chute en 1993. Feu président Ange-Félix Patassé est alors démocratiquement élu cette même année et succède à André Kolingba à la tête du pays. Il vous souviendra qu’à la fin du régime Kolingba, il y a eu la plus longue grève des travailleurs, fonctionnaires et agents de l’Etat, ainsi que du secteur privé qui a duré plus d’un an, jusqu’à la chute du régime Kolingba. Et pour cause, le Cumul des arriérés de salaires, la précarité, la misère et la vie chère.

« ELE-Songo », le quotidien de l’Etat, n’est pas épargné par le tonnage des arriérés de salaires. Il était question de vendre ce bâtiment et d’utiliser l’argent pour payer les arriérés de salaires du personnel du Journal « ELE– Songo ». Grands patriotes et rompus de civisme, le personnel a refusé que le siège du journal soit vendu. C’est un patrimoine de la presse nationale. Il faut noter que les relations entre la presse et le régime Patassé était tumultueuse, parfois très tendues. Mais une chose est sûre, Patassé avait beaucoup d’égard  pour la Presse privée en particulier, malgré les caricatures à la UNE des journaux. Patassé avait dans un premier temps cédé à la presse privée un bâtiment au bord du fleuve, un entrepôt de stockage, qui appartenait à la SODECA, mais abandonné. Il fallait plusieurs dizaines de millions pour le réhabiliter. Mais cette maison avait une position géographique fort intéressante.

Il s’est trouvé par la force des choses que Patassé a pu acheter l’actuelle Maison de la Presse à concurrence de Huit millions (8.000.000) de francs CFA. Patassé, l’un des plus grands hommes politiques de notre histoire, intellectuel, très cultivé, chercheur-agronome, aime les débats. Patassé a, de tout cœur, légué son patrimoine immobilier à la presse privée pour la postérité, devenant ainsi  un légataire universel. C’est un formidable soutien à la liberté de la presse, une contribution inestimable à l’œuvre de l’esprit, un support aux débats démocratiques. Les héritiers de Patassé ne pouvaient souiller sa mémoire en si peu de temps après son décès. Même de retour d’exil où il pouvait récupérer ce bâtiment, il ne l’a pas fait. Il a changé autant de fois de maison d’habitation, sans faire allusion à sa propriété, « La Maison de la Presse et des Journalistes ».

Les héritiers Patassé sont-ils aux abois, confrontés à la misère, à la pauvreté, ou à bout de souffle ? La MPJ symbolise la mémoire de leur père, légataire universel à la nation centrafricaine, à travers la Presse Privée. C’est dans cette disposition d’esprit que la presse. C’est dans cette disposition d’esprit que la presse privée à solliciter des partenaires pour réhabiliter le bâtiment, ce qui a été fait par l’Ambassade de France. Quel que soit le degré de pauvreté, de dénuement, des héritiers conscients et responsables ne pouvaient ainsi violer le Testament de leur père, fut-il verbal, c'est-à-dire aucun document à l’appui. L’Afrique est de tradition orale et les paroles verbales d’un sage, d’un baobab du village sont tenues pour sacrées et inviolables après sa disparition. L’écriture des temps modernes, n’annihile pas nos sources ancestrales millénaires. Malheureusement, le vin est versé par les héritiers Patassé et il faut le boire.

Ce bâtiment ne vaut pas huit million de francs CFA. Selon nos investigations, l’Etat centrafricain a deux flèches à son arc. Dans un premier temps, il propose aux héritiers Patassé de rembourser la valeur de la maison et il la récupère. Soit, l’Etat centrafricain dénonce une vente, mieux encore, ce bradage de bien immobilier de l’Etat et rentre en possession de la Maison. Dans les deux cas de figure, les héritiers Patassé partent perdants. L’Etat peut ainsi entrer en possession de ce bâtiment et le remettre à la Presse et aux journalistes, respectant la légation de feu Ange-Félix Patassé. La question de la régularité de la vente se pose maintenant avec acuité. La question des bradages des édifices publics revient sur la table de l’Etat centrafricain, que des lots de parcelles qui sont vendus à tour de bras, comme si l’Etat n’existait plus. Le ministère en charge des édifices publics doit en profiter pour passer à la vitesse supérieure, revoir les ventes des immeubles, récupérer les biens immobilisers de l’Etat. La Maison de la Presse et des Journalistes n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, où les gens profitent de leur position dans l’appareil de l’Etat pour acheter à vil prix des immeubles, propriétés de l’Etat, depuis Kolingba, Patassé, Bozizé, Djotodia, Samba-Panza. C’est au pouvoir qu’on s’achète tout, des parcelles, les biens mal acquis, car les fonds proviennent de la sueur du Centrafricain lambda. On arrive pauvre au pouvoir, on en sort plus riche que le trésor américain, chinois et japonais.

Julien BELA

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