LES HERITIERS BOKASSA SE METTENT EN EXERGUE

Mercredi 31.01.2018 : 11H52

LES HERITIERS BOKASSA SE METTENT EN EXERGUE CONTRE CINQ MILLIONS DE CENTRAFRICAINS : CURIEUX

Cinq millions de Centrafricains aspirent à la sécurité, à la paix, à la stabilité. C’est exactement ce pourquoi les Russes sont à Bangui. La question sécuritaire est une urgence des urgences, ce n’est pas Jean Serge Bokassa, ancien ministre de la Sécurité qui nous démentira. Les Russes ne sont pas des conquérants mais des amis, de vrais amis que l’on reconnait dans le malheur, dans le désespoir. Pour Serge Bokassa, il fallait consulter les héritiers Bokassa, comme s’il s’agissait de la location du Mausolée. Les Russes ont leurs tentes qu’ils ont installées à l’écart du Mausolée. Béréngo dispose d’un aéroport construit avec les fonds publics et d’un champ de tirs qui revient à l’armée centrafricaine, qui peut en faire usage en tout temps. Paoua, Kaga-Bandoro, Bangassou, Mobaye, Pombolo, Bria, Zémio, Bocaranga, Batangafo, qui sont à feu et à sang, n’ont pas ému les héritiers Bokassa. Les populations déplacées, celles en exil, les maisons et villages incendiés, les héritiers Bokassa ne s’en préoccupent pas. Et pourtant, Jean Serge Bokassa a été candidat à la présidentielle de 2015. Devait-il gouverner exclusivement Béréngo ? Béréngo pouvait-il l’élir à la Magistrature suprême ? N’a-t-il pas sollicité le suffrage de toute la République ? Ne se prépare-t-il pas aux échéances électorales de 2021 ? Qui seront ses électeurs, des fantômes, des tombeaux, des cadavres ? Un mausolée couvert de broussaille où l’on a de la peine à croire que Bokassa a des héritiers, devient une affaire d’Etat, dans un dossier où la patrie est en danger ? Que peuvent faire les héritiers Bokassa d’un aéroport ? Que peuvent-ils faire d’un champ de tirs ?

Les Séléka ont été logés à Béréngo sans que cela ne soulève la foudre des héritiers Bokassa. Certains jeunes recrus Séléka ont été formés à Béréngo, alors que Jean Serge Bokassa était bel et bien à Bangui. Entre les Séléka et les Russes, qui pouvait profaner la tombe de l’ex-empereur ? Entre Séléka et Russes, qui peuvent accorder de la considération au mausolée, si ce n’est les Russes ? En Russie, ils connaissent l’importance des mausolées des grands hommes qui ont marqué l’histoire. Entre les analphabètes, les sauvages, des gens sans culture, comme les Séléka sur lesquels les héritiers Bokassa ont fermé les yeux et ont avalé la pilule très amère et les Russes, il y a anguille sous roche. La Lobaye à elle seule ne peut porter Jean Serge Bokassa au pouvoir, il y a aussi les populations qui sont sous les bottes des groupes armés et qu’il faut libérer, soulager.  Les autorités du pays, la Plateforme religieuse, se battent corps et âme, nuit et jour, sans se reposer. Et ce sont les héritiers Bokassa qui mettent des grains de sable dans l’engrenage de la sécurité, de la paix et de la restauration de l’autorité de l’Etat, c’est trop curieux. La communauté internationale, les Nations Unies, les Etats-Unis, l’Union Européenne, la Russie, l’Union Africaine, volent au chevet de la RCA, et c’est un groupuscule qui se singularise, s’érige en pourfendeur de la paix dans son propre pays. Alors qu’il y a des Centrafricains qui souffrent atrocement au Nord-ouest du pays. Les FACA n’ont pas encore parachevé leur réhabilitation, et pourtant, il faut les déployer parce que la patrie est en danger, il y a trop de morts, de destructions, de misère, de pauvreté. Ce sont des Centrafricains qui découragent les bonnes volontés. Si la communauté internationale se comportait comme les héritiers Bokassa, où serait la RCA depuis 2012 à ce jour ? N’eut été l’anniversaire du décès de l’ex-empereur qui oblige ses héritiers au nettoyage, le mausolée serait plongé dans la broussaille. Quels sont les investissements qui y sont réalisés pour l’humaniser ? La question sécuritaire est une véritable course contre la montre. C’est à nous Centrafricains de mettre les bouchées doubles pour arrêter définitivement la spirale de la violence. Le révérend Pasteur Nicolas Grérékoyamé se bat à Mobaye, le Cardinal Nzapalainga est à Brazzaville, mais la classe politique est décevante, irresponsable et pyromane. Les preuves s’étalent désormais au grand jour, et ce n’est Emotion Namsio qui nous démentira. Selon le Révérend Pasteur Grékoyamé, « les commanditaires doivent être jugés, au même titre que les jeunes combattants manipulés. » Et Grékoyamé d’ajouter, « nous tendons à être fatigués de ce qu’on appelle politique en Centrafrique ». Le mot d’ordre de la classe politique aux groupes armés en province, c’est « la résistance », a déclaré Grékoyamé et Emotion Namsio d’enfoncer le clou, « il y a des gens qui ne veulent pas de la paix. » Pour le chargé d’affaires de l’Ambassade des Etats-Unis, personne ne peut décider à la place des Centrafricains. C’est à eux de dire «  non, arrêtons. » Pour un mausolée dont aucun Centrafricain ne nie l’importance historique, doit-on mépriser la vie de cinq millions de Centrafricains. Les 60 % du pays sont occupés par les groupes armés, que dira Jean Serge Bokassa dans ces régions durant sa campagne ? Il s’agit de sécurité et de paix, et la paix n’a pas de prix.  

Julien BELA  

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