LES GROUPES REBELLES NE BAISSENT PAS LES BRAS.

Jeudi 29 juin 2017 : 09H20

LES GROUPES REBELLES NE BAISSENT PAS LES BRAS. LA MINUSCA EST A BOUT DE SOUFFLE

Seleka et minuscaChaque jour qui passe, les Centrafricains ne réclament que la sécurité et la paix sur toute l’étendue du territoire national. Depuis le 10 décembre 2012, date du déclenchement de la crise centrafricaine par l’ex-coalition Séléka à ce jour, la RCA ressemble à une jungle où la loi du plus fort prime sur le faible. Nos compatriotes qui ont pris les armes se croient tout permis et au-dessus de la loi. Les populations civiles sont considérées comme des chairs à canon. Les bouchers, les charcutiers humains des Centrafricains ne se comptent plus. Ce ne sont pas les populations de Bambari, Bria, Koui, Kaga-Bandoro, Kouango, Bangassou, Zangba, Ippy, Bakala, Mobaye et tant d’autres villes qui nous démentiront. Malgré le retour à l’ordre constitutionnel le 30 mars 2016, des têtes tombent et continuent de tomber à longueur de journée. Les groupes rebelles ne baissent pas les bras. Tuer, massacrer, incendier, piller, saccager et détruire tout sur leur passage, semblent être leurs objectifs privilégiés. Leur principale revendication au départ qui était la marginalisation de la région du Nord, a fondu comme du beurre au soleil. Les combattants rebelles sont devenus eux-mêmes les destructeurs de leur propre région.

Des accords de cessation des hostilités, de cessez-le-feu, à l’exemple de Sant’ Egidio récemment, ont été signés. Force est malheureusement de constater que ces différents accords ont été foulés au pied par les groupes armés. Ils empêchent par tous les moyens leur application sur le terrain et continuent de commettre leurs actes barbares sur les populations civiles. De jour en jour, les cris de détresse, les lamentations, les gémissements des Centrafricains sous les bottes des rebelles se font entendre. Ils ont même franchi monts et océans car des compatriotes errent toujours d’un lieu à un autre à la recherche d’un abri sûr. Les personnes déplacées ne se comptent plus. Des Centrafricains continuent d’affluer vers la RD-Congo, le Cameroun, le Congo-Brazzaville, la liste n’est pas exhaustive.

Face à ce désastre, ce chaos indescriptible qui ne dit pas son nom, le peuple centrafricain se pose la question, de savoir, qui de la Minusca ou de l’armée centrafricaine sera-t-elle capable de sécuriser la RCA ? Vous êtes sans ignorer que depuis le renversement du président général François Bozizé-Yangouvonda, le 24 mars 2013, par la nébuleuse coalition Séléka, l’armée centrafricaine n’existe que de nom. C’étaient les forces étrangères au sein de la Misca qui assuraient la sécurité du pays et de son peuple. Ensuite, ce sont les Casques Bleus de la Minusca de Babacar Gaye puis actuellement de Parfait Onanga-Anyanga qui ont pris le relais. Poser la question de savoir aujourd’hui, qui de la Minusca ou des FACA sécurisera la RCA, c’est trop dit. Vous êtes témoins oculaires de tout ce qui  se passe en Centrafrique à l’heure actuelle. C’est la Minusca qui est déployée sur l’ensemble du territoire national pour protéger les civils et sécuriser éventuellement la RCA. Mais qu’est-ce qui se passe aujourd’hui ?

Les Centrafricains sont massacrés comme des bœufs ou écrasés comme des mouches sous la barbe même des soi-disant soldats de la paix de l’ONU qui sont les Casques Bleus de la Minusca en RCA. Les soldats de la paix peuvent-ils être de connivence avec certains groupes armés ou leur fournir des armes et munitions comme l’a souligné le feu général Joseph Zoundéko avant qu’il ne soit abattu par un raid de la Minusca ? Dans ce cas de piètre figure, comment peuvent-ils sécuriser un pays et son peuple qui sont envahis par les mercenaires venus de différents pays ? Ils ne s’interposent même pas entre les groupes armés qui s’affrontent, encore moins protéger les civils qui ploient sous les bottes des seigneurs de guerre sans foi, ni âme ni conscience. Ils ne font que du tourisme militaire et n’interviennent qu’en sapeurs-pompiers. Donc, il serait absurde de dire que ce sont les Casques Bleus de la Minusca qui sécuriseront la RCA.

A notre humble connaissance, la sécurisation de la RCA ne passera que par les Forces Armées Centrafricaines (FACA). Car les forces internationales à qui le peuple centrafricain a placé sa confiance pour le libérer sous le joug des groupes armés, ont presque toutes échouées dans leur mission de maintien de la paix en Centrafrique. Après presque trois (3) ans d’existence de la Minusca en Centrafrique, c’est le statu quo qu’on observe en ce qui concerne le retour de la paix et de la sécurité sur l’ensemble du territoire. Même après vingt (20) ans passés au pays de feu président fondateur Barthelemy Boganda, la Minusca avec son rythme actuel, ne sécurisera jamais la République Centrafricaine. Des efforts ont été certes déployés par les Casques Bleus de la Minusca mais ils ne satisfont pas les attentes du peuple centrafricain, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. D’où nécessité de rendre opérationnelle l’armée centrafricaine pour sécuriser la RCA et son peuple. La levée de l’embargo sur les armes à destination de la RCA est une urgence pour sauver des vies en danger de mort. Dans le cas contraire, il n’y aura plus de Centrafricains dans l’arrière-pays.

A vrai dire, la Minusca n’est pas en mesure de protéger les civils et de sécuriser la RCA. Elle est débordée et impuissante face aux groupes armés. Cette tâche incombe à nos Forces de Défense et de Sécurité (FDS), un point, un trait.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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