LES GROUPES ARMES ONT-ILS LA VOLONTE ....

Mercredi 05 juillet 2017 : 10H10

LES GROUPES ARMES ONT-ILS LA VOLONTE D’ALLER A LA PAIX ALORS QUE LES ARMES TONNENT ENCORE ?

 

Lequel des groupes armés veut réellement que la paix et la sécurité reviennent en Centrafrique ? Cette question mérite bel et bien d’être posée aux combattants des groupes armés qui vibrent encore les tympans de nos compatriotes dans l’arrière-pays à n’en point finir. Seuls les concernés peuvent éclairer la lanterne des Centrafricains.

Depuis le 20 juin 2017, 24 heures après la signature de l’accord politique et de cessez-le-feu immédiat de Rome, en Italie, sous la houlette de la communauté catholique Sant’ Egidio, des affrontements très meurtriers ont opposé le FPRC de Nourredine Adam à la coalition Anti-Balaka – FPRC, menée par Azor Khalid à Bria. Des maisons ont été incendiées et des pertes en vies humaines considérables. Plus de 90 % de la population de Bria ont trouvé refuge sur les sites des déplacés et leurs conditions de vie se détériorent considérablement.

Récemment à Zémio, ville située dans la préfecture du Haut-Mbomou, des affrontements d’une rare cruauté ont opposé l’UPC de Ali Daras aux éléments d’autodéfense. Là encore, des têtes tombent et continuent de tomber. Il est difficile pour le moment de dresser un bilan exact. Depuis leur refuge, les rescapés qui se sont massés sur les différents sites, sentent l’odeur des corps inertes en état de décomposition avancée. Selon madame le maire de la localité, les porcs et les chiens se régalent avec les cadavres qui jonchent les rues, ruelles et sentiers à cause des combattants de l’UPC qui sont sur leurs dents. Les déplacés manquent de tout : eau, nourriture, habits… Leurs maisons ont été aussi incendiées par ces malfrats, ces criminels sans foi, ni âme, ni conscience.

A Kaga-Bandoro, les combattants du MPC de Mahamat Alkhatim ont attaqué le site des déplacés qui est près de la base des Casques Bleus de la Minusca, à la fin de la semaine passée. Heureusement qu’ils ont été repoussés par les soldats de la paix. On dénombre aujourd’hui quinze (15) morts. S’agit-il des assaillants ou des civils ? En outre, plusieurs maisons sont parties en fumée, et ce, par les combattants du MPC.

Dans la ville de Nzako, des combats ont été aussi signalés entre les éléments d’autodéfense et les peulhs assimilés aux hommes de l’UPC. Il y a eu des morts dans les deux (02) camps. Cet incident est intervenu tôt dans la journée du lundi 03 juillet 2017.

S’agissant de la localité de Ngaoundaï, elle est assiégée par les rebelles de Mahamat Alkhatim et ceux du mouvement Révolution Justice (RJ) de l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Armel Ningatoloum-Sayo, sous le régime de la transition de Catherine Samba-Panza. Ces évènements malheureux se sont produits la semaine dernière. Aujourd’hui, tous les habitants de Ngaoundaï et de ses environs, principalement ceux du village Bang et d’autres ont fui dans la brousse. Là encore, leurs conditions de vie sont très critiques et alarmantes. Cette information est rendue publique par le député de la localité.

Au regard de ce tableau sombre dressé ci-haut, les Centrafricains se demandent si réellement les groupes armés ont la volonté d’aller à la paix, alors que les armes ne cessent de ronronner dans certaines villes de nos provinces. Ils ont raison de s’interroger de la sorte. Nous observons à l’heure actuelle que la crise persiste et est loin de voir le bout du tunnel. Et nous avons l’impression que certains groupes armés tiennent un double langage ou roulent le peuple centrafricain dans la boue. Ils signent les accords par-ci, par-là mais ne les appliquent nullement. Ils disent le plus souvent, « nous voulons faire la paix. Nous suivons à la lettre le processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) ».

Force est malheureusement de constater que sur le terrain, c’est un autre son de cloche. Les affrontements sont quasi-quotidiens, diluviens, intermittents. L’UPC de Ali Daras affirme haut et fort qu’elle ne s’attaque pas aux autres groupes armés. C’est lorsqu’elle est prise pour cible qu’elle se défend. Mythe ou réalité ? Et pourtant dans les régions sous contrôle de l’UPC, les habitants se plaignent du traitement inhumain, dégradant que leur infligent les combattants de Ali Daras. En agissant ainsi, ces groupes armés cherchent-ils réellement la paix ? Ont-ils la volonté de déposer les armes ? Que veulent-ils aujourd’hui ? Autant de questions qui dépassent l’entendement humain.

On signe un accord de cessez-le-feu immédiat sous l’égide de Sant’ Egidio aujourd’hui, le lendemain, des affrontements éclatent. Où est le sérieux ? Ces groupes armés tiennent-ils à leurs engagements ou aux accords qu’ils ont signés. Ne  savent-ils pas que ces différents accords signés  çà et là, sont comme l’épée de Damoclès qui est suspendu sur leur tête ? Ce sont ces accords-là qu’on va leur brandir au cas où ils seraient pris la main dans le sac. Un adage centrafricain dit, « les papiers des blancs ne moisissent pas ». C’est pour autant dire que tous ces accords sont là. Ceux qui les violeront seront poursuivis par la justice Centrafricaine ou internationale. 

De grâce, nous demandons aux groupes rebelles qui persistent dans la violence de déposer les armes pour faire la paix. Qu’ils ne persistent pas, faute de connaissance. Car leurs jours sont désormais comptés.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

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