LES GROUPES ARMES LIBRES DE LEUR MOUVEMENT COMME LE VENT :

Lundi 21 Août 2017 : 09H46

LES GROUPES ARMES LIBRES DE LEUR MOUVEMENT COMME LE VENT : BRIA, KAGA-BANDORO, ZEMIO … DANS LA TOURMENTE

Rebels briaRebelles rcaA quand la fin de la crise en RCA ? Difficile de le dire. Depuis la fin 2016, jusqu’au jour d’aujourd’hui, le pays de feu Barthélémy Boganda va de mal en pis. Les groupes armés qui ont élu domicile dans 14 préfectures sur 16 sèment la terreur et la désolation au sein de la population civile. Il ne se passe pas un jour sans que des détonations d’armes de tout calibre soient entendues dans telle ou telle ville du pays.

Après Bambari qui connait une accalmie relative après que la Minusca de Parfait Onanga-Anyanga a mis en marche son mandat robuste, disons-le, le reste du pays est constamment dans la tourmente. La ville de Bria est devenue en un laps de temps l’épicentre de la crise centrafricaine. Au cours de la semaine dernière, un énième affrontement a opposé les combattants Séléka aux Anti-Balaka, de nos jours, connus sous le nom des Auto-défenses. Les combats se déroulent en plein centre ville et  se sont rapprochés du site des déplacés du Pk3, non loin de la base de la Minusca. Les soldats de la paix, vu que ces combats sont d’une rare intensité, cruauté et risquent de mettre en péril la vie des paisibles déplacés internes, ont dû fait recours à la force pour dissuader les belligérants. Selon des témoins, un raid aérien serait utilisé pour mettre un terme à ces violences inouïes, bestiales. Mais la tension est encore perceptible entre les combattants qui se regardent aujourd’hui en chien de faïence. La peur s’est de nouveau emparée des habitants qui ne savent plus où aller. Il est difficile pour le moment d’avoir un bilan exact. Des victimes sont signalées parmi les belligérants et au sein de la population civile qui continue toujours de payer un lourd tribut de ces affrontements intergroupes armés. Signalons tout de même en passant, que ces deux camps peuvent encore s’affronter à tout moment puisqu’ils sont sur leur garde.

Dans la ville de Kaga-Bandoro, ce sont les combattants du MPC de Mahamat Alkhatim qui sont les maîtres incontestés et incontestables de cette localité. Mahamat Alkhatim dirige la ville de main forte. Au courant de la semaine écoulée, ses combattants auraient brûlé des maisons à 10 Km de Kaga-Bandoro sur l’axe Ouandago, parce qu’ils ont appris que les Auto-défenses se préparaient à attaquer leur position. Curieusement, le porte-parole de ce mouvement politico-militaire et en même temps secrétaire particulier de Mahamat Alkhatim, a nié en bloc l’implication de son mouvement dans l’incendie des maisons. Il a affirmé qu’ils font des patrouilles sur cet axe pour prévenir d’éventuelles attaques des autodéfenses. Comme un voleur, pris la main dans le sac, ne reconnait pas son forfait, les combattants du MPC n’ont jamais aussi accepté les exactions qu’ils commettent sur des innocents. A chaque fois qu’ils tuent, incendient des maisons, ils ont toujours leur mot à dire pour se défendre. Mais Dieu Tout-Puissant les voit et  observe scrupuleusement à la loupe ce qu’ils font. Il en est de même des Autodéfenses. Le jour où la colère de Dieu se déferlera sur eux, ils grinceront leurs dents à longueur de journée.

A Zémio, ce sont des peuhls, communément appelés Mbarara assimilés aux combattants de l’UPC de Ali Daras qui sont sortis de la brousse et s’en sont pris aux populations. Des maisons sont incendiées, des personnes tuées entre les affrontements qui les opposent aux Autodéfenses. Dans un passé récent, plus de 50 personnes avaient trouvé la mort dans cette localité. A l’heure actuelle, certains habitants de ladite ville sont dans la brousse. D’autres sont arrivés dans la ville d’Obo qui semble pour le moment épargnée de cette crise. Mais ce sont les combattants de la LRA qui leur donnent du fil à retorde.

S’agissant de la préfecture du Mbomou, les villes de Ouango, Béma, Gambo se vident progressivement de ses habitants au profit de la République Démocratique du Congo. Et ce, à cause des affrontements quasi quotidiens entre les Autodéfenses et les combattants de l’UPC qui ont investi toute cette région et constituent un danger pour la survie du pays. D’autres exactions sur les civils se poursuivent allègrement dans certaines parties du pays, loin des cameras et des témoins oculaires.

Au vu et au su de la situation sécuritaire alarmante du pays, un observateur avéré de la vie politique nationale serait tenté de dire que les combattants des groupes armés sont libres de leur mouvement comme le vent. Et ce n’est secret pour personne. Ces rebelles montent en puissance, tuent, violent, incendient des maisons, braquent, et cela n’émeut personne. Ils quittent une ville, une commune, un village pour aller commettre leurs exactions et revenir bonnement sans être inquiétés. Les Centrafricains meurent comme des mouches qu’on écrase à longueur de journée. D’autres sont égorgés, mutilés, portés disparus. Le gouvernement de Mathieu Simplice Sarandji ne daigne trouver des voix et moyens pour assouplir les souffrances de nos compatriotes dans l’arrière pays. Pense-t-il que ces concitoyens mènent une belle vie comme nous voyons ici à Bangui et dans ses périphéries ?

Chaque jour, on ne fait que vibrer les tympans des Centrafricains avec le mot dialogue. Ce dialogue a-t-il porté du fruit ? Si oui, qu’on nous le démonte, comme on le fait pour les exercices de mathématiques. La Communauté internationale, sur le plan sécuritaire, ne fait pas assez d’effort pour alléger  les souffrances du peuple centrafricain. Il faut qu’elle nous dise exactement dans quel pays au monde le dialogue avec les rebelles a apporté la paix. Nous avons pensé pour notre part que, si l’une des parties en conflit est affaiblie, l’autre en profite pour imposer son diktat. C’est ce que nous voyons aujourd’hui avec les groupes armés qui sévissent en RCA car le gouvernement n’a pas son armée. Et cette Communauté internationale doit savoir que ce sont des terroristes qui peuvent à tout moment s’attaquer à elle, alors que nous avons l’impression qu’elle les caresse dans le sens du poil.

D’où nécessité de mettre en place des stratégies pour que ces groupes armés ne soient plus libres de leur mouvement comme le vent qui souffle, et l’on ne sait d’où il vient et où il va. C’est très capital. Et la Minusca, en l’absence des Forces Armées Centrafricaines (FACA), doit monter en puissance pour barrer la route à ces malfaiteurs, assassins, bandits de grand chemin, comme nous l’avons vu à Bambari et récemment à Bria.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA   

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