LES FORCES INTERNATIONALES ET LES..

Jeudi 05 Oct. 2017 : 10H28

LES FORCES INTERNATIONALES ET LES

ASSOIFFES DE POUVOIR ONT CONTRIBUE A LA RUINE DE LA RCA

Le pays de feu président Barthélemy Boganda n’existe que de nom aujourd’hui, malgré le retour à l’ordre constitutionnel le 30 mars 2016. Les fondements de la République sont ébranlés, y compris les tissus sociaux. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, les Centrafricains se regardent en chiens de faïence. Les Séléka et leurs complices, les Anti-Balaka et leurs alliés vivent séparément dans nos provinces. La cohésion sociale, le vivre ensemble, bref l’harmonie et la solidarité entre les Centrafricains ont disparu comme une traînée de poudre dans la nature ou fondu comme du beurre au soleil. Les affrontements intergroupes armés suivis des tueries, des incendies de maisons, des destructions systématiques des édifices publics et privés sont devenus monnaie courante. Et qui sont ceux qui sont à l’origine de la descente en enfer de la RCA ?

Nul n’est besoin de poser de telle question. Les auteurs de la ruine de la RCA sont visibles à l’œil nu. Les Centrafricains n’ont pas besoin de verres correcteurs ou des loupes ultra modernes pour les identifier, les démasquer. Ils sont encore parmi nous.

En 1979, l’opération française dénommée Barracuda était déployée en RCA en septembre et a chassé l’empereur Bokassa 1er, paix à son âme, du pouvoir pour installer feu président David Dacko. Après la chute du régime Bokassa, des scènes de pillage, de destruction massive avaient eu lieu. En un laps de temps, la ville de Bangui s’est transformée en cendres. Les édifices publics et privés, les sociétés d’Etat, les entreprises ont été vandalisés par des Centrafricains en colère. Au lieu de protéger ces biens publics et privés, les militaires français de l’opération Barracuda avaient assisté sans réagir à ses destructions massives. D’ailleurs, ils ont aussi participé activement aux pillages des biens de feu empereur Bokassa 1er.

En mars 2013, la Micopax, la force africaine a ouvert le boulevard des tueries, des incendies des maisons, aux combattants Séléka. La « ligne rouge » à Damara s’est métamorphosée en « ligne verte », ouvrant ainsi la voie aux hommes de Michel Djotodia de prendre le pouvoir, le 24 mars 2013. Là encore, les édifices publics et privés ont été pillés, mis à sac, tant par les combattants Séléka que par des Centrafricains lambdas. Et cette situation se poursuit  allégrement aujourd’hui. Les combattants Séléka qui se sont retranchés dans le Nord, le Nord-ouest, le Centre et le Sud-est de la RCA, continuent de détruire le tissu économique, les établissements scolaires, sanitaires et autres.

Après, la Micopax s’est transformée en Misca, puis en Minusca. Certains soldats de la Misca, en l’occurrence les militaires tchadiens sont devenus les véritables destructeurs de la RCA. A Bangui et dans certaines régions du pays, ces soldats s’en sont pris aux populations civiles, aux édifices publics et privés. Ils pillent, violent, volent et emportent leurs butins de guerre.

Ensuite, la Minusca a pris le relais à la Misca, en septembre 2014. Leur mandat est clair, précis et net : la protection des populations civiles contre les exactions des groupes armés et leurs appuis multiformes aux nouvelles autorités de l’Etat. Malheureusement, les jours passent et se ressemblent. Les populations se plaignent de jour en jour du fait qu’elles ne sont pas protégées par les Casques Bleus de la Minusca. En outre, ils accusent le plus souvent ces soldats onusiens d’être de connivence avec les combattants Séléka. Leur impartialité et leur neutralité ont volé en éclat. Ils assistent sans réagir aux massacres, aux destructions et autres actes barbares des rebelles. L’immobilisme, la passivité, la connivence des Casques Bleus avec certains groupes armés ne sont-elles pas une manière de contribuer à la ruine de la RCA ?

Pire encore, les assoiffés de pouvoir qui ne sont autres que certains hommes politiques centrafricains contribuent aussi négativement à l’anéantissement total de la RCA. Ils continuent toujours de nos jours à soutenir les groupes armés en leur fournissant des aides multiformes. Et ce sont ces soutiens occultes, ces mains invisibles qui détruisent davantage le pays. Après avoir mis le feu aux poudres, ils sont les premiers à demander au gouvernement de l’éteindre. Regardez comment ceux qui seront appelés demain par le peuple centrafricain à présider à la destinée de ce pays, agissent. Sont-ils vraiment des Centrafricains ? Font-ils réellement leurs examens de conscience ? Se soucient-ils de la ruine du pays à laquelle ils participent activement ? Que deviendront leurs enfants demain au cas où la RCA  sera complètement par terre ? Autant de questions qui nous laissent perplexes.

 Au regard de tout ce qui s’est passé et se passe aujourd’hui, nous pouvons valablement affirmer que les forces internationales déployées en RCA  et les assoiffés de pouvoir ont contribué à la ruine du pays. Les faits sont là. Les preuves sont concrètes, palpables. Donc, après le départ de la Minusca dans les années à venir, les futures autorités du pays ne doivent plus faire appel aux forces internationales pour voler à leur secours et leur peuple. Elles ont l’obligation de tout faire pour que l’armée nationale soit républicaine afin de protéger leurs compatriotes et non  être à la disposition d’un régime . Il faut aussi prendre des mesures draconiennes à l’encontre des assoiffés de pouvoir afin qu’ils abandonnent leurs manœuvres machiavéliques.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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