LES FORA N’ONT RIEN APPORTE DU NOUVEAU AUX CENTRAFRICAINS :

Jeudi 12 Janvier 2017 : 10H24

LES FORA N’ONT RIEN APPORTE DU NOUVEAU AUX CENTRAFRICAINS : LES DIRIGEANTS DOIVENT CHANGER LEUR COMPORTEMENT, LEUR FAÇON DE FAIRE ET D’AGIR

 

La République Centrafricaine est l’un des rares pays au monde, spécialiste des fora. Nous pouvons citer entre autres, le  Grand Débat National, les Etats Généraux (EG) des ministères, le Dialogue Politique Inclusif, le Forum National de Bangui. Tous ces pourparlers, à notre entendement, étaient de trouver des voies et  moyens pour permettre à la RCA d’émerger, de sortir de la zone de turbulence, des crises militaro-politiques à répétition. Mais force est malheureusement de constater que tous ces fora ont accouché d’une souris.

Pour preuves, le Grand Débat National (GDN), organisé sous le régime du feu président André Kolingba, paix à son âme, n’a guère apporté du nouveau au vécu des Centrafricains. Des dirigeants du pays aux Centrafricains lambda, en passant par les directeurs, les chefs de service …, rien ne semble aller dans le bon sens. Chacun fait à son tête. Les différentes résolutions adoptées lors de cette assise, ont été foulées aux pieds ou bien scellées dans les placards à la Présidence. Personne n’y songe. Tout se passe comme si rien n’a été fait, rien n’a été dit.

Ensuite, viennent les Etats Généraux de la Défense, de l’Education, des Finances, et que savons-nous encore ? C’était sous le régime du feu président démocratiquement élu, Ange-Félix Patassé, paix à son âme. Lors de ces EG, tous les obstacles, les embûches qui empêchent l’administration de fonctionner normalement, ont été  passées en revue, aux rayons laser. Les participants ont pris des séries de mesures pour pallier à ces désordres constatés ça et là. Où en somme-nous aujourd’hui avec les mesures prises ? Les fraudes, la corruption, le détournement des deniers publics, la grande mafia continuent de gangrèner l’administration centrafricaine. Pour que le dossier d’un individu passe d’un service à un autre, il faut que ce dernier y mette la pierre (corruption). Aussi, si vous n’avez pas votre père, frère, tante, cousin dans les différents ministères, vous ne pouvez être intégré dans la fonction publique. Beaucoup de jeunes moisissent dans les quartiers avec leurs diplômes à cause de ces pratiques qui n’honorent personne. Nous ne pouvons pas les énumérer toutes car la liste est longue. Où sont passées les décisions prises lors de ces Etats Généraux ? La réponse revient à qui de droit.

En 2009, sous le régime autoritaire du général d’armée François Bozizé-Yangouvonda, une autre assise s’est tenue. Il s’agit du Dialogue Politique Inclusif (DPI) où des personnalités politiques y ont pris part. Des anciens dirigeants du pays qui se regardaient en chien de faïence, se sont réconciliés. Mais pour combien de temps ? Dieu seul le sait. Des recommandations sur recommandations ont été adoptées. Est-ce que ces recommandations ont été prises en compte ? Nous ne le pensons pas. Car quelques années après, les rebellions ont commencé à pousser comme des champignons dans la forêt de l’Amazonie. Et les conséquences sont ce que  nous vivons aujourd’hui.

La coalition Séléka a déclenché une crise militaro-politique le 10 décembre 2012 dans la ville de Ndélé. Trois (3) mois plus tard, les combattants Séléka renversent Bozizé et Djotodia s’autoproclame président de la transition. Après dix (10) mois de règne, il est éjecté du pouvoir  par les chefs d’Etat de la CEEAC. Dans la foulée, Catherine Samba-Panza est élue présidente de la transition par les Conseillers Nationaux de Transition. Du 04 au 11 mai 2015, elle a organisé le Forum National de Bangui (FNB) où plus de cinq cents (500) participants y ont pris part. Encore une fois de plus, des dizaines et des dizaines de recommandations ont été formulées et adoptées. Au jour d’aujourd’hui, combien de recommandations ont été déjà exécutées ? Seul le Comité de Suivi du Forum National de Bangui (CSFNB) dont le magistrat Joseph Bindoumi est le président,  peut nous apporter des éclaircissements à ce sujet. Mais nous savons d’ores et déjà que le FNB, le GDN, le DPI et les  EG des ministères ont tous échoué car aucun d’eux n’a apporté du nouveau dans le vécu quotidien des Centrafricains. Tout se passe aujourd’hui comme si aucune assise nationale n’a été organisée en Centrafrique. Les gens agissent comme bon leur semble. Même les combattants des groupes armés qui ont signé l’Accord DDRR/RSS en mai 2015 et les Accords de Cessation des hostilités de Brazzaville, continuent toujours de massacrer leurs compatriotes.

Dans une telle situation, les fora sont-ils les voies et moyens pour résoudre les crises en RCA ? Nous ne le pensons pas. Il est urgent et capital que nos dirigeants (  les anciens et les nouveaux) se comportent comme de bons citoyens centrafricains. Car, nous pouvons affirmer sans nous tromper que le mal centrafricain vient d’en haut. Ce sont les dirigeants du pays qui rendent la vie dure à  leurs administrés. Quand ils arrivent au pouvoir, ils veulent s’y accrocher pour toujours. Tout se passe comme s’ils détiennent le titre foncier de la RCA. En outre, quand ils organisent une assise, ils ne prennent pas en considération les différentes résolutions qui en découlent. Ils oublient que ce sont leurs façons de faire, d’agir à l’égard de leurs administrés qui poussent les uns et les autres à se soulever contre leur régime. Quand ils sont renversés, ils accusent X et Y d’être à l’origine de leur échec. C’est faux, archi-faux. La faute leur revient de droit.

Sous d’autres cieux, les gouvernants entretiennent bien leurs gouvernés. Mais en RCA, c’est le contraire. Ce sont les gouvernés qui prennent en charge les gouvernants. Savez-vous ce qui peut advenir quand les gouvernés se fâchent ? Aux gouvernants de deviner. De grâce, nous exhortons nos gouvernants à changer de pratiques, à prendre en considération les vœux, des Centrafricains, les recommandations de différents fora. Car, il est dit, « la démocratie, c’est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Si les différents fora n’ont donné des résultats concrets, c’est à cause de la mauvaise gouvernance, de la mauvaise gestion de la chose publique et  la mauvaise manière des gouvernants de concevoir leurs projets et de négliger les décisions du peuple.

 

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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