LES FACA VERROUILLEES PAR L’EMBARGO,

Jeudi 08 Déc. 2017 : 09H37

LES FACA VERROUILLEES PAR L’EMBARGO, CONSTITUENT UNE MENACE SERIEUSE POUR LA PAIX ET LA SECURITE

Les Forces Armées Centrafricaines (FACA) sont bien formées et savent manipuler les armes de tout calibre. Il y a des officiers supérieurs et des généraux parmi les FACA qui ont été formés dans les grandes écoles militaires à l’extérieur. Une armée qui sait manier les armes et qui moisit dans le quartier sans rien faire à longueur de journée, cela constitue une menace très dangereuse pour la paix et la sécurité.

La parade militaire lors de la célébration du 59eme anniversaire de la République Centrafricaine le 1er décembre dernier prouve que l’armée centrafricaine n’est plus dysfonctionnelle comme certains le pensent. Plus de deux mille (2.000) forces de sécurité intérieure (policiers, gendarmes et Forces Armées Centrafricaines) avaient pris part au défilé devant l’opinion nationale et internationale. C’est seulement un problème de moyens matériels qui se pose à l’armée nationale afin qu’elle soit opérationnelle.

Les Forces Armées Centrafricaines qui sont verrouillées par l’embargo du conseil de sécurité des Nations Unies constituent une menace grave dans un pays encore  en proie aux violences. Pour les besoin de la cause, avec l’événement malheureux qui s’est produit devant l’Ecole Nationale d’Administration et de  Magistrature (ENAM) où un élément des FACA a été mis en pièce par ces compagnons d’armes, l’armée centrafricaine a été mise sous embargo du conseil de sécurité de l’ONU sur demande des autorités de la transition.

Depuis cette date à ce jour, plusieurs éléments des FACA se retrouvent dans les quartiers et ne savent plus quoi faire. Les maigres salaires qu’ils perçoivent à la fin du mois ne répondent pas aux charges de leurs familles. Et tellement qu’ils ne vont pas au travail et ne font rien dans les quartiers, beaucoup sont soupçonnés d’être auteurs des braquages des taxis-motos.

Selon certaines informations en notre possession, le conducteur de taxi-moto qui a trouvé la mort au quartier Galabadja ce mardi 05 décembre aux environs de 20 heures, aurait été braqué par deux éléments des Forces Armées Centrafricaines.

« ça ne sert à rien d’aller faire du tourisme pendant toute une journée et revenir dire que nous sommes allés au travail. L’argent que nous dépensons pour le transport peut nous permettre de s’occuper de nos familles », disent clairement certains éléments des FACA.  Ce témoignage prouve à suffisance que les FACA ont le courage et sont prêtes aujourd’hui à reprendre leur travail. Mais elles sont démotivées du fait qu’on leur prive de moyens matériels.

Ce sont ces éléments des FACA qui tiennent ce genre de langage qui se livrent à la barbarie telle que les braquages, l’escroquerie, les pillages des biens des particuliers, des édifices publics et privés, ainsi que les sièges des ONG humanitaires nationales et internationales, sans oublier la consommation de chanvre indien, de col… A qui la faute ?

Il n’est pas surprenant de constater que certains éléments des FACA font partie des groupes armés qui tuent, pillent, braquent, violent, incendient et ravagent tout sur leur passage. Ils ont été formés pour manier les armes. Comme ils ne trouvent rien à faire pendant des années, que peuvent-ils faire ? Comment peut-on interdire aux forces légales du pays de faire usage des armes et laisser les groupes rebelles non conventionnels massacrer la population avec des armes de tout calibre ?

De quel embargo parlent les responsables des Nations Unies qui laissent les groupes armés non conventionnels s’approvisionner en armes et autres effets de guerre depuis les territoires étrangers ? Selon les experts de l’ONU, 80% du territoire de la RCA est occupé par des groupes armés qui se dotent en armes depuis le Tchad, le Soudan et les deux Congo. Dans ce cas d’espèce, pourquoi continuer alors de verrouiller l’armée nationale à travers le soi-disant embargo ? Il y a anguille sous roche.

Certes, des efforts sont entrain d’être menés par les autorités du pays et la Communauté internationale afin de mettre sur pied l’armée nationale. Mais à l’allure où vont les choses, la procédure de la réhabilitation et du redéploiement des FACA va prendre beaucoup de temps. Faut-il continuer à laisser libre cours aux groupes rebelles de massacrer la population civile ?

 Ne nous voilons pas la face. La population centrafricaine dans l’arrière-pays risque de disparaître comme une traînée de poudre car, aucune disposition n’a été prise par la Minusca pour empêcher les attaques des milices armées contre des personnes civiles innocentes. Alors, en l’absence des forces de sécurité intérieure, ce sont les soldats de l’ONU qui doivent assurer la protection du peuple et des institutions de la République.

D’après certaines sources, l’embargo ne vise pas la police et la gendarmerie. Mais comment expliquer le fait que les policiers et gendarmes ne sont pas totalement opérationnels ? Plusieurs éléments de la police et de la gendarmerie subissent aujourd’hui le même sort des FACA qui moisissent dans les quartiers. Ils n’ont pas d’armes. Le phénomène de braquages est entrain de gagner toute la ville de Bangui faute des forces de sécurité intérieure pour multiplier des patrouilles nocturnes dans les quartiers et arrondissements de la capitale.

Les quelques éléments de la police et de la gendarmerie très mal équipés, que peuvent-ils faire devant les bandits de grand chemin lourdement armés jusqu’aux dents ?

Il y a feu en la demeure. La population est abandonnée à la merci des seigneurs de guerre qui les massacrent sous la barbe des forces de l’ONU déployées dans le pays avec pour principale mission : la protection des civils et le désarmement des rebelles. Nécessité oblige donc de réarmer les FACA sans condition.

 

Bénistant MBALLA

  

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