LES EN-DESSOUS DE L’ATTAQUE DU VILLAGE NDOMETE PAR LA SELEKA

11 Oct. 2016 : 07h41min

Rebelles selekaA la mi-septembre, les attaques de certaines villes de nos provinces se sont multipliées à une vitesse de croisière. Et ce, par les combattants de la Séléka, réticents au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Parmi ces régions qui étaient sous le feu des balles de ces seigneurs de guerre, de ces hors-la-loi, se trouvait le village Ndomété, à dix (10) kilomètres de la ville de Kaga-Bandoro. Les exactions barbares, inhumaines, bestiales de ces groupes politico-militaires (MPC, FPRC) sur les paisibles habitants de Ndomété avaient fait couler beaucoup d’encre et de salive. Les condamnations ont fusé de part et d’autre, sans oublier les messages de condoléances aux familles endeuillées. Certaines ONG humanitaires ont plié bagages, parce qu’elles ont été attaquées par ces hommes en armes qui n’ont ni foi, ni conscience. Les réactions ont été vives. Tantôt on accusait les Anti-Balaka d’être à l’origine de ce regain de violence, tantôt ce sont les combattants de la Séléka qui sont pointés du doigt.

Mais qu’est-ce qui s’est réellement passé ? Tenez-vous bien et suivez le témoignage de ce compatriote centrafricain qui a été présent à Kaga-Bandoro au moment de ces tueries et incendies des maisons. Sous couvert de l’anonymat, il raconte, « j’étais à Kaga-Bandoro au moment où ces actes  se sont produits. En effet, les combattants Séléka ont érigé leur barrière au village Ndomété, ainsi que la barrière des Casques Bleus pakistanais. Sur la barrière des Séléka, tous les véhicules et les passagers qui sont escortés par le contingent pakistanais depuis la ville de Dékoa, jusqu’au village Ndomété, font des formalités (payer de l’argent) à ces Séléka. Ensemble avec la Minusca, ils continuent l’escorte à Kaga-Bandoro.

De là,  tous les véhicules sont déchargés en présence des combattants Séléka. Ces derniers prélèvent les taxes sur les marchandises (phytosanitaires …). Les taxes sur les véhicules varient de 15.000 à 25.000 FCFA. Les Anti-Balaka, voyant cette situation de mauvais œil, ont érigé aussi leur barrière à Ndomété, parce qu’ils n’ont rien et souffrent atrocement. A la vue de cette barrière, un ex-Com-zone des Anti-Balaka, débouté par ses frères, est allé dire aux Séléka de Kaga-Bandoro que les Anti-Balaka se regroupent à Ndomété pour attaquer leur position. Or en réalité, il n’en était rien. Entretemps, certains combattants Anti-Balaka étaient venus d’autres villages pour attendre le DDRR et sont campés à Ndomété. Les Séléka, ayant entendu ce mensonge, se sont mobilisés. D’autres sont venus des villes proches de Kaga-Bandoro. C’est ainsi qu’ils ont attaqué les Anti-Balaka, à leur grande surprise. Comme ils ne s’attendaient pas à cette attaque, ils se sont repliés à 15 kilomètres du village Ndomété sur l’axe M’brès. Profitant de leur retrait, les combattants Séléka s’en sont pris aux populations civiles tout en les  tuant et incendiant leurs villages et maisons. L’ex Com-zone des Anti-Balaka qui a menti, a été arrêté et tabassé copieusement par les habitants de Kaga-Bandoro. Je ne sais là où il se trouve présentement ».

Cet homme n’est pas passé par quatre (4) chemins pour critiquer les attitudes des Casques Bleus pakistanais. « Pendant que les femmes et les enfants accouraient à la base de ces soldats onusiens, ils l’ont clôturée avec des fils barbelés et s’y sont retranchés, laissant les pauvres civiles à la merci de ces seigneurs de guerre. Ne sachant à quel saint se vouer, ils ont campé autour du camp de la Minusca. Moi, j’ai eu la chance de me réfugier à l’évêché de Bandoro pour échapper à la foudre de la Séléka car ils allaient de maison en maison pour commettre leur forfait. Je ne comprends pas l’attitude de ces Casques Bleus pakistanais. Et pourtant, on nous dit à longueur de journée qu’ils sont en Centrafrique pour protéger les populations civiles sans défense », a-t-il poursuivi. Il s’est interrogé de la manière suivante : « Est-ce de cette façon qu’ils protègent les gens ? C’est ça la protection » ?

Avons-nous besoin encore de faire des commentaires ? Vous avez suivi de bout en bout le témoignage de ce Centrafricain. Ce sont-ils les Anti-Balaka qui ont attaqué la Séléka ou vice-versa ? Les Casques Bleus pakistanais de la Minusca ont-ils respecté à la lettre leur principale mission, celle de protéger les civiles ? Autant de questions qui demandent des éclaircissements. Mais il est clair, précis et net que ce ne sont pas les Anti-Balaka qui ont provoqué les combattants du MPC et du FPRC. C’est le mensonge qui est à l’origine de ces actes criminels de la Séléka. De l’autre, nous pouvons affirmer sans nous tromper, à la lumière de ce témoignage que les Casques Bleus pakistanais ont failli à leur mission de protection. Est-ce par mauvaise foi ou complicité ? Personne ne le sait.

A vrai dire, les populations de Kaga-Bandoro et de ses environs ont raison de demander le départ des pakistanais parce qu’ils ne font absolument rien. Les combattants du FPRC, du MPC doivent aussi comprendre que l’exploitation du pays et les rackets des populations ne leur serviront à rien. Car, c’est à cause de leurs intérêts qu’ils ont massacré les habitants de Ndomété.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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Date de dernière mise à jour : Mar 11 oct 2016