LES DOUANIERS, VERITABLE GOULOT D’ETRANGLEMENT

Mercredi 26 Avril 2017 : 10H16

LES DOUANIERS, VERITABLE GOULOT D’ETRANGLEMENT DE LA FINANCE PUBLIQUE : OU EST DONC PASSEE LA RUPTURE ?

Touadera 11L’économie nationale est tombée plus bas que terre avec le déclenchement de la crise en 2012 par l’ex-coalition Séléka. Les taxes, impôts et autres droits de l’Etat sont perçus par les ex-combattants (Balaka et Séléka) qui érigent des barrières illégales, rackettent les commerçants pendant les contrôles illégaux. Ce qui constitue un manque à gagner pour l’Etat, afin de répondre à certaines obligations régaliennes. Depuis la date du 30 mars 2016, avec le retour du pays à l’ordre constitutionnel, toutes les institutions sont en place et fonctionnement normalement. Chaque département ministériel se bat pour relever les défis immenses, à travers sa feuille de route. La douane fait partie des finances publiques, et constitue le moteur principal du relèvement de l’économie nationale. Malheureusement, ce n’est pas le cas que nous vivons avec la douane centrafricaine depuis plus de trente (30) ans.

Les douaniers sont et demeurent un véritable goulot d’étranglement de la finance publique. L’intérêt général de la nation est relégué au second rang. La corruption, le vol, l’escroquerie, les détournements des biens de l’Etat et des particuliers, sont les modes opératoires de certains agents de la douane lors des contrôles de routine. C’est de cette manière que certains douaniers s’enrichissent illicitement sur le dos de l’Etat centrafricain. Un douanier a au moins cinq (05) villas à lui seul. Qu’à cela ne tienne, il dispose de trois (03) à quatre (04) voitures personnelles. Cela dépasse l’entendement humain.

Selon certaines informations en notre possession, un douanier gagne quatre vingt mille (80.000) FCFA. Un tel salaire peut-il réellement permettre à un douanier de construire cinq (05) à six (06) villas, et d’acheter trois (03) à quatre (04) voitures de luxe ? A y voir de près, c’est le centrafricain qui tue son propre pays. Comment expliquer l’attitude des douaniers vis-à-vis de la déconfiture généralisée des tissus socioéconomiques du pays qui empêche le relèvement de l’économie nationale ? Que dire des remous sociaux concernant l’intégration des jeunes dans la fonction publique si les douaniers verrouillent tout le système économique, et empêchent l’argent d’entrer dans la caisse de l’Etat ? Comment la communauté internationale peut prendre au sérieux les centrafricains face à l’attitude des douaniers ?

Ce sont les douaniers qui encouragent la fraude fiscale. La découverte de deux (02) véhicules contenant des cigarettes, avec la complicité de certains éléments de la douane, en est une parfaite illustration. Et ce n’est pas pour la première fois qu’ils agissent de la sorte. Comment le pays peut prendre l’élan du développement si des individus agissent de leur propre gré ? Sans le soutien de la Communauté internationale, l’Etat centrafricain peut valablement faire face à ses charges régaliennes. Hélas, les ennemis du développement de la RCA sont si nombreux. Certains groupes armés sont encore là, et continuent de piller les ressources du pays au détriment de l’Etat et de la population. Les douaniers doivent-ils agir de la sorte ?

Ce sont ces pratiques nuisibles qui ont conduit le pays dans la grave crise militaro-politique  que nous traversons. Pour quelques billets de banque, des véhicules contenant d’armes et munitions de guerre entraient sur le territoire. Ce sont ces armes qui ont servi à la destruction systématique des tissus socioéconomiques du pays.

Les policiers, les gendarmes, les Forces Armées Centrafricaines (FACA) sont aussi complices de la crise que connaît le pays. Certains centrafricains sont marginalisés, traités comme des inhumains par certains éléments des forces de sécurité pendant les contrôles de routine. C’est la raison qui a poussé beaucoup de compatriotes à entrer dans l’ex-coalition Séléka ou Anti-Balaka pour se venger en pillant, tuant, incendiant, mettant ainsi le pays par terre. Force est malheureusement de constater que les mentalités n’ont pas encore changé.

Le président Touadéra et son premier ministre Simplice Mathieu Sarandji ont du pain sur la planche, pour traduire la « rupture » prônée dans les réalités des faits. La culture du vol, de l’escroquerie, du détournement des deniers publics, de faux et usage de faux est collée dans l’esprit des cadres centrafricains, à telle enseigne qu’il est difficile de l’éradiquer. Tant que les mentalités ne changeront pas, la RCA  tournera en rond pendant cent (100) ans. La rupture au sens propre du terme signifie qu’il faut cesser avec les vieilles habitudes du passé en luttant contre les auteurs des crimes économiques et financiers, et ce, dans tous les domaines de la vie active. Il y a des cadres centrafricains qui se croient être plus malins, et continuent d’enfoncer le clou au peuple centrafricain. Comment certains douaniers peuvent continuer de jouer avec la vie de toute la population centrafricaine qui vit encore dans la souffrance et la misère ?

Les auteurs de ces actes doivent être traduits en justice pour répondre de leurs actes, afin que cela puisse servir d’exemples à d’autres auteurs de crimes économiques et financiers. Sinon…

 

Bénistant MBALLA

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