LES DELIRES DE ISABELLE CHANEL : DE LA JALOUSIE...

Mercredi le 14 Février 2018 : 12 H 25

LES DELIRES DE ISABELLE

CHANEL : DE LA JALOUSIE A LA HAINE VISCERALE

Touadera et obiangThéodoro Obiang Nguéma, président de la Guinée-Equatoriale, est de la classe Robert Mugabé du Zimbabwé. Ce sont des baobabs, des monuments, les racines de l’Afrique. A la chute de Mugabé, toute l’Afrique a bougé, mais unanime pour qu’il ne soit pas bousculé. L’armée en a tenu compte pour lui ménager une sortie en douceur. Théodoro Obiang Nguéma est de cette classe. Pour bon nombre de chefs d’Etat, surtout jeunes, Théodoro Obiang Nguéma est un père, un sage, un monument historique. Un coup d’Etat, c’est la vie de Théodoro Obiang Nguéma qui est en danger. Qu’il donne des ordres à Touadéra, où est le mal ? C’est un père qui s’adresse à un fils sur un sujet extrêmement sensible qui menace sa vie. Théodoro Obiang Nguéma Mbasogo a été de tout temps au chevet de la RCA, tant sur les plans financier que militaire. Entendre qu’il y a des Centrafricains impliqués dans ce coup d’Etat manqué, ne pouvait que le choquer à plus d’un titre. Sa réaction est totalement justifiée. Sani Yalo a des parents qui ne sont pas sur le territoire centrafricain mais qui sont cités dans cette affaire. Le ministre de la sécurité extérieure de la Guinée-Equatoriale  ne pouvait que venir à Bangui pour chercher à comprendre davantage, puisqu’il y a une piste à explorer à travers Sani Yalo.

Un coup d’Etat, c’est quand il échoue que les réseaux sont démantelés. Mais la  préparation, la planification et l’exécution, échappent à tous ceux qui ne sont pas concernés. Votre épouse, votre meilleur ami, votre frère dans la même maison ne seront jamais au courant. Dire que « depuis quelques temps ces informations circulaient dans les rues de Bangui, ainsi que dans les différents réseaux FACA », sur le site http://www.centrafriqueledefi.com, cela n’engage que son auteur. La Guinée-Equatoriale a une Ambassade bien étoffée en Centrafrique. Une information qui court la rue et l’Ambassade n’est pas au courant jusqu’à ce que les putschistes soient arrêtés à la frontière du Cameroun et de la Guinée-Equatoriale, c’est curieux. Faut-il rappeler à Isabelle Chanel que les FACA dont elle parle sont en phase de réhabilitation et qu’il faut du temps pour restaurer l’esprit républicain au sein de cette armée, en phase de raccommodage ? Faut-il encore lui rappeler qu’au sein des Anti-Balaka, il y a des FACA ? Dans les Séléka, il y a aussi des FACA ? L’ensemble du territoire national est contrôlé par les groupes armés. Au sein des Séléka, il y avait des Tchadiens, des Soudanais, des Ndjanjawides. Un pays qui n’a pas d’armée, est comme un être humain qui n’a pas d’anticorps. Tous les bandits, les criminels, les barbares trouvent en RCA un terrain de prédilection : Joseph Kony et la LRA, Baba-Ladé, général tchadien et ses hommes, les peulhs du Niger, de la Mauritanie, du Tchad, les généraux tchadiens tombés en disgrâce, les trafiquants d’armes du Darfour, etc.

Selon d’autres sources, « nous savons aussi que des hauts dignitaires de Bangui essayent de commettre la déstabilisation d’Idriss Deby, président de la République du Tchad, Paul Biya, président de la République du Cameroun et Denis Sassou Nguesso, président de la République du Congo », a affirmé Isabelle Chanel dans ses élucubrations. Cherche-t-elle l’isolement diplomatique de Touadéra dans la sous région, en semant le doute et la zizanie entre les pays voisins très liés historiquement, culturellement, politiquement et économiquement ? Tous ces pays ont des Ambassades à Bangui. Le Cameroun a un fort contingent en RCA dans le cadre de la Minusca et basé à Paoua, à la frontière avec le Tchad. D’où sort Isabelle Chanel ? N’est-ce pas ce que chuchote tout bas la France que Isabelle Chanel dit tout haut ? En tout cas, les pays cités ci-haut sont informés et seront sur leur garde, grâce aux informations d’Isabelle Chanel. Si Isabelle Chanel voit des ordres, des injonctions du président Théodoro Obiang Nguéma Mbasogo au président Touadéra, cela n’engage qu’elle. Elle peut se suicider tant cela la tenaille. Mais en Afrique, le respect est sacré pour les aînés, les pères porteurs d’expériences, de sagesse,  ces bibliothèques et monuments. Qui n’a pas rendu hommage à Nelson Mandela ? Qui n’a pas plaider le sort de Robert Mugabé ? Et Jacob Zuma en Afrique Sud, il n’est pas projeté en enfer, mais son parti négocie son départ, parce que c’est une  figure historique. Ce n’est pas une petite française jalouse et ébourrée de haine qui va diviser les dirigeants d’Afrique Centrale. Ils sont matures pour traiter leurs propres affaires en africains, ensuite, en voisins immédiats, condamnés à vivre ensemble et en interconnexion.

Il n’y a pas longtemps, le journal Le Monde a jeté le pavé dans la mare à l’Union Africaine. La réponse de l’UA a été claire et sans ambages, « rien ne séparera la Chine de l’Afrique ». Le G5 Sahel occupe pleinement la France, ensuite la Libye et l’Afrique du Nord, cela ne suffit-il pas ? Faut-il accabler la RCA de tous les maux de la planète ? La France joue-t-elle franc jeu dans la crise centrafricaine ? Nous pensons que non. Les Centrafricains, malgré le poids négatif de la France dans la crise, sont rares dans le phénomène migratoire, car ils aiment leur pays et veulent y vivre. Les Etats-Unis, l’Union Européenne, L’Union Africaine, la Chine, la Russie sont pleinement engagés pour la paix, la sécurité, la réconciliation nationale en RCA. Mais l’ombre de la France est omniprésente derrière les groupes armés. La France joue les trouble-fêtes en Centrafrique. La RCA n’est pas un parc zoologique français préservé. Il y a un peuple qui aspire à une vie décente et doit faire valoir son droit à l’autodétermination en toute liberté et indépendance. Les députés centrafricains doivent se pencher sur les accords qui lient la RCA à la France, afin d’aérer notre espace vital, car trop, c’est trop.

Un accord lie deux parties consentantes. Or, les accords de coopération ont été imposés à la RCA depuis les premières lueurs de l’indépendance. Tous les pays voisins ont révisé et revu cet accord au bénéfice de leurs peuples, sauf la RCA. L’Assemblée Nationale doit prendre ses responsabilités historiques devant Dieu  et la nation. La France nous asphyxie et nous traite de moins que rien, moins que des chiens galeux. Il est temps de briser le carcan de la servitude, de la traite des êtres humains, de l’esclavage pour tout dire. «  La patrie ou la mort, nous vaincrons », a dit Thomas Sankara. Faut-il mourir debout ou à genou, il revient aux Centrafricains de se déterminer et de prendre leur destin en main propre. Et le président Denis Sassou Nguesso disait aux petits intellectuels centrafricains pendant la crise, « sauvez votre pays ».

Julien BELA

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