LES CENTRAFRICAINS NE SERONT PLUS DUPES : « VOTEZ POUR MOI »

Mercredi 23.08.2017 : 08H43

LES CENTRAFRICAINS NE SERONT PLUS DUPES : « VOTEZ POUR MOI »

« C’est dans le malheur qu’on reconnaît ses vrais amis », dit un adage populaire. C’est dans la crise aigüe qu’on reconnaît un vrai leader politique, patriote, prêt à se sacrifier pour son peuple. Aucun leader politique, aucun député, n’a eu le courage d’aller à la rencontre des chefs de guerre. Et pourtant, l’Honorable Agou Augustin était descendu, sans arme, sans escorte, au camp BEAL pour éteindre une crise. Les autres ont peur de la mort alors que ce sont leurs circonscriptions qui sont à feu et à sang. Les leaders des partis politiques ont tourné le dos à leurs militants. Pire encore, ce sont les leaders politiques qui attisent le feu pour que les militants soient massacrés davantage. Où sont passés les centaines de partis politiques ? De temps en temps, quelque trois ou quatre partis politiques font entendre leur voix, histoire de glaner des postes, on ne sait jamais.

Le paysage politique ne fait transparaître nulle part, l’existence des partis politiques. Touadéra et son gouvernement font face à la braise, mais en plus, les manipulations des groupes armés, les complots des coups d’Etat, les manigances de tout genre. La population centrafricaine a-t-elle une valeur ? Sans un peuple, il ne peut y avoir de partis politiques, ni d’Assemblée Nationale. Les députés représentent-ils réellement le peuple ? Les partis politiques, partie prenante au Forum National de Bangui (FNB), sont aujourd’hui incapables de réaffirmer leur position. Alors que les recommandations du FNB sont là, consignées noir sur blanc. Le Comité de Suivi des recommandations vient de rendre public son rapport d’évaluation de leur taux d’exécution. C’est à la limite un satisfecit qui est adressé au pouvoir. Ce ne sont pas des extraterrestres qui ont rédigé ce rapport, mais des Centrafricains qui sont souvent critiques. Faut-il fermer les yeux sur une évidence évidente, sur la vérité juste pour nuire à l’autre ? L’exécution des recommandations va dans l’intérêt de qui ?

C’est le peuple centrafricain qui a émis ces recommandations et c’est encore lui qui en est bénéficiaire. Ces actes prouvent à suffisance qu’un chef d’Etat est au service de son peuple, écoute son peuple et répond à ses attentes. Jamais par le passé, nous avons vu un dirigeant être aussi attentif aux sollicitations du peuple. Toutes les institutions prévues par la constitution sont opérationnelles. De l’autre, la relance de l’économie n’est pas du reste. La rencontre de Bruxelles a donné des résultats pour le développement du pays, l’éradication du chômage endémique des jeunes. Jamais la RCA n’a atteint un tel seuil de financement venant des partenaires au développement. Le seul obstacle demeure l’insécurité entretenue par une certaine classe politique. C’est absolument absurde de ne voir que Touadéra et non le peuple centrafricain. C’est le peuple qui gémit dans cet océan de misère, de pauvreté. Les leaders politiques complices des groupes armés condamnent tout un peuple à une mort lente, aux massacres avec leurs villages incendiés.

En principe, la RCA serait déjà un vaste chantier multiforme. Comme le peuple est ignorant, demain les mêmes bourreaux passeront dans les villages qu’ils ont contribué à décimer et à incendier, pour battre campagne. Ils vont demander aux rescapés de l’enfer de leur accorder leur suffrage. Le cas du clan Bozizé est plus flagrant puisque certains leaders se rapprochent de lui pour opérer leur sale besogne. Les Anti-Balaka – FACA sont les géniteurs de l’enfer. Les missions partent de Bangui, pour piéger les Séléka qui s’élancent dans un massacre aveugle. Ces FACA – Anti-Balaka, fiers comme un furoncle, reviennent rendre compte aux commanditaires qui sont désormais bien connus. La question de l’amnistie est venue envenimer les choses et compliquer davantage l’équation. Tous les prétextes sont bons pour générer l’apocalypse. Du coup, le pléthore de partis politiques est devenu sourd, muet, insensible à la douleur du peuple centrafricain. Les vraies FACA patriotes sont en formation, tant à Bangui, au Rwanda, Guinée qu’en Afrique du Sud. La refondation des FACA prendra du temps puisque les données sont complexes. Il faut mettre à la retraite les invalides, avant de créer les conditions d’un nouveau recrutement au sein de l’armée nationale. Certains pays amis finiront par voler au secours des FACA, en équipement militaire, tant le budget national ne s’y prête pas encore.

Avec l’invasion des Séléka, le peuple centrafricain s’est détourné des partis politiques. Les élections de 2015 l’ont démontré. Aujourd’hui, les partis politiques ont creusé leur tombe. Hier, c’est la contribution de certains partis aux massacres des populations civiles : Bangassou, Mobaye, Gambo, Batangafo, Bria, Kaga-Bandoro, sont à feu et à sang. Ce sont des bras valides, utiles pour la reconstruction nationale qui sont décimés. Ce sont des militants des partis politiques qui sont abandonnés à leur triste sort. Ce sont les mêmes leaders et sous-marins qui accusent la Minusca. Quand ils montent les commandos pour aller provoquer les Séléka, afin d’attirer la foudre sur la population, ils prennent bien soin de faire une opération éclaire, loin de la Minusca, ce qui leur permet de tirer leur épingle du jeu. Pendant que les Séléka s’acharnent sur les sites des déplacés pour les canarder, les Anti-Balaka – FACA sont sur le chemin de retour à Bangui par moto. Ils connaissent les cache d’armes et munitions pour s’en servir et les remettre en lieu sûr. Les leaders politiques vont-ils faire leur compagne sur les cimetières et les fantômes viendront voter pour eux ?

Julien BELA

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