LES CAUSES ENDOGENES ET L’IMPLICATION DE LA F...

Mercredi 06/12/2017 : 09H24

LES CAUSES ENDOGENES ET L’IMPLICATION DE LA FRANCE ET DU TCHAD DANS LA CRISE CENTRAFRICAINE

La RCA, notre cher et beau pays que nous a légué feu président fondateur Barthelemy Boganda, paix à son âme, sombre depuis plus de trois (03) décennies dans des crises militaro-politiques récurrentes. Et bon nombre de filles et fils de ce pays se posent la question de savoir quelles sont les causes » de ces crises militaro-politiques à répétition dont est plongée la RCA depuis plus de trois (03) décennies ? C’est justement par rapport à ces préoccupations fondées et légitimes émanant de la part de certains de nos compatriotes, que nous avons jugé nécessaire de mettre en exergue les causes endogènes et exogènes de la crise centrafricaine. Ceci en commençant par les régimes des défunts présidents André Kolingba et Ange Félix Patassé, pour atterrir à ceux des déchus présidents François Bozizé et Michel Djotodia.

Concernant les causes endogènes, nous disons que tout avait commencé peu à peu sous le régime de feu président Kolingba en 1981, pour prendre de l’ampleur sous celui de feu président Patassé en 1993, pour enfin gagner de plus en plus de terrain sous ceux des déchus présidents Bozizé en 2003 et Djotodia en 2013.

Pour nous, ces causes endogènes lointaines de la crise centrafricaine sont entre autres, la mauvaise gouvernance ; les violations massives des droits fondamentaux humains et des différentes constitutions du pays ; l’ethnisation à outrance de l’administration publique ; la politisation de l’armée nationale ; la corruption et les détournements des déniers publics ; la politique d’exclusion ; l’affairisme au sommet de l’Etat ; l’impunité… qui ont été érigés en règles légales et normales de la gouvernance des affaires publiques. Incroyable, mais pourtant vrai. Dans ce cas de piètre figure, comment toutes les Forces Vives de la Nation (FVN) peuvent-elles rester indifférentes et ne pas se révolter ? Et ceci pour exiger des changements politiques, soit par des voies démocratiques (élections) soit par des voies anti-démocratiques (coups d’Etat, rébellions), à la tête de pouvoir de l’Etat ? D’où nous disons et confirmons ici qu’en RCA, les « régimes se succèdent, passent mais se ressemblent tous » dans leur manière de gérer les affaires publiques. C’est ainsi que les mêmes faits produisent les mêmes effets. Alors pourquoi ne pas prendre conscience et agir en toute conséquence de cause pour influencer positivement sur les causes endogènes de la crise centrafricaine ? Pourquoi n’accuser que les autres d’être responsables de toutes ces crises militaro-politiques qu’a connues la RCA ? Méditons-en ensemble aujourd’hui.

A ces causes endogènes de la crise centrafricaine viennent se greffer les causes exogènes, dues aux comportements rétrogrades et anti-démocratiques de certains hommes politiques de la RCA, avec la complicité de la France et du Tchad.

Nul n’ignore que la RCA est un pays béni de Dieu et naturellement riche dans tous les domaines de la vie active nationale. N’oublions pas aussi la position géographique très stratégique que ce pays dit «  enclavé » et « sous-développé » occupe sur le continent africain. D’où la convoitise de la RCA de feu président Barthelemy Boganda, par la France, puissance colonisatrice, depuis feu général De gaulle en 1958 jusqu’à nos jours, et du Tchad de Idriss Déby Itno depuis plus de deux (2) décennies. Tout ceci pour déstabiliser la RCA par des coups d’Etats orchestrés avec la complicité de certaines personnalités politiques du pays, assoiffées de pouvoir, rien que de pouvoir.

L’« Opération Barracuda » de 1979, les mutineries de 1996 et 1997, les coups d’Etat de 2003 et 2013 en disent long sur l’implication effective de la France et du Tchad dans les diverses crises militaro-politiques récurrentes que ne cesse de traverser notre cher et beau pays, la RCA, depuis plus de trois (03) décennies. Ce sont là les causes exogènes lointaines. Ni les actuelles autorités françaises, ni le président tchadien Idriss Déby Itno ne pourront nous démentir sur cet aspect précis des choses.

C’est dire que les causes endogènes et exogènes de la crise en RCA ne datent pas  d’aujourd’hui.

Eu égard à tout ce qui précède, nous disons qu’il y a partage de responsabilité dans ces différentes crises que le pays a connues à divers degrés entre les centrafricains et leurs hommes politiques, ainsi que les autorités françaises et le président tchadien, Idriss Déby Itno. Donc, c’est à nous filles et fils de ce pays, de nous unir et de nous mettre debout comme un seul homme pour dire non, non, non à ces assoiffés de pouvoir et leurs commanditaires et complices bien connus de tous.

Que cela ne se reproduise plus, car le peuple centrafricain en a marre de tous ces coups d’Etat, mutineries et rébellions avec leurs conséquences incalculables  en RCA. « L’union fait la force », dixit feu Barthelemy Boganda.

Le Petit YEKOA

 

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