LES CASQUES BLEUS DE LA MINUSCA DESORMAIS DANS...

Mardi 16.05

LES CASQUES BLEUS DE LA MINUSCA DESORMAIS DANS LE COLLIMATEUR DES GROUPES ARMES A BANGASSOU

La situation sécuritaire qui prévaut aujourd’hui à Bangassou  est très alarmante, très inquiétante. Cette ville de la RCA qui, était calme et où les deux (2) communautés (musulmane et chrétienne) vivaient en symbiose, risque de sombrer dans un chaos indescriptible.

Dans la nuit du vendredi 12 au samedi 13 mai 2017, plus de six cents (600) hommes lourdement armés, non identifiés à ce jour, se réclamant des éléments d’auto défense ont attaqué Tokoyo, quartier majoritairement musulman de Bangassou, ainsi que la base des Casques bleus de la Minusca. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, le bilan de ces attaques n’a pas encore été communiqué par des sources hospitalières ou onusiennes. D’après des sources locales, plusieurs dizaines de personnes (hommes, femmes et enfants) auraient péri. Les blessés sont aussi nombreux et les dégâts matériels incommensurables. L’accès des humanitaires aux blessés est strictement interdit par les hommes en arme qui tiennent encore le quartier de Tokoyo.

L’archevêque de Bangui, cardinal Nzapalainga qui se trouve présentement dans la ville de Bangassou, tente de mener une médiation qui demeure infructueuse. Sa tentative de récupérer quelques blessés et des individus qui se sont terrés à la Mosquée a failli tourner au vinaigre. Il a essuyé des tirs venant de la part de ces hommes assimilés aux Anti-Blalaka qui ne veulent pas reculer d’un centime. Heureusement, le Cardinal est sorti sain et sauf. Poursuivra-t-il sa médiation pour mettre un terme à ce conflit armé qui s’est dégénéré à Bangassou ? Attendons de voir un peu plus clair pour en dire plus. Toujours est-il que la tension reste encore vive.

La  Minusca se bat comme elle peut pour ramener la paix et la sécurité à Bangassou. Parviendra-t-elle ? Dieu seul le sait. Mais à vue d’œil, nous pouvons affirmer sans nous tromper que cette attaque vise non seulement les musulmans de Bangassou, mais et surtout les Casques Bleus de la Minusca. Car vous êtes sans ignorer que ces soldats onusiens sont accusés à tort ou à raison d’être de connivence avec les combattants de la Séléka, majoritairement musulmans. Et l’attaque simultanée du quartier musulman de Bangassou et la base de la Minusca installée dans cette ville en dit long. Il y a anguille sous roche. Car, depuis le début du mois de mai 2017, c’est la deuxième fois que ces hommes s’en prennent aux Casques bleus. La première attaque a eu lieu sur l’axe Rafaï-Bangassou. Cinq (5) soldats de la paix ont trouvé la mort. En l’espace de quelques jours, une seconde attaque s’est produite, cette fois-ci dans la ville même de Bangassou. On nous annonce qu’un Casque Bleu a trouvé la mort. Selon certaines sources, plusieurs soldats de la Minusca auraient trouvé la mort. D’autres  vont même plus loin en disant que des affrontements auraient aussi éclaté entre les Casques bleus pro-musulmans et pro-chrétiens. N’oublions surtout pas que parmi les contingents de la Minusca, il y a des chrétiens et des musulmans qui ne sont pas toujours sur la même longueur d’onde, car ne respecteraient pas leur neutralité, impartialité et indépendance dans la crise centrafricaine. Les contingents issus des pays musulmans seraient le plus souvent du côté de la Séléka. Cette situation a été décriée à maintes reprises, mais sans succès. C’est peut-être celle-ci qui aurait déclenché l’affrontement entre ces contingents.

C’est la raison pour laquelle nous demandons à ces forces onusiennes de changer de fusil d’épaule. Si leur base est attaquée et continue d’être attaquée, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Un adage populaire dit « il n’y a pas de fumée sans feu ». Les Casques Bleus de la Minusca doivent rectifier leur tir pour être en bon terme avec la population de Bangassou en particulier, et la population centrafricaine en général. Dans le cas contraire, la Minusca risquerait toujours d’être dans le collimateur des groupes armés, ce que nous ne voulons pas.

Les hommes lourdement armés assimilés aux combattants Anti-Balaka doivent aussi comprendre que la majorité de ceux qui sont morts dans ces attaques à Tokoyo sont des innocents. Ils ne sont ni près, ni loin dans ces manœuvres dilatoires. En outre, s’attaquer aux soldats de la paix est un crime de guerre qui est passible de poursuites judiciaires. Si ces hommes sont manipulés par qui que ce soit, nous leur disons que l’heure de la manipulation est révolue. Tout doit passer par le dialogue et non la guerre, les affrontements meurtriers qui n’honorent et ne grandissent personne. Nos différends doivent être résolus par les pourparlers, les ententes. Nous ne pouvons inlassablement continuer à compter des morts. Plus de quatre (4) ans de souffrance, c’est déjà trop. Et la Minusca doit comprendre cela en mettant en pratique leur soi-disant « mandat robuste » et à faire leur travail comme il se doit, pour ne pas être pris en tenailles par les groupes armés.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire