« LES ASSAUTS REPETES DES EX-SELEKA DANS ...

Jeudi 29.06.2017 : 09H13

« LES ASSAUTS REPETES DES EX-SELEKA DANS MON QUARTIER A ALINDAO M’ONT POUSSE A FUIR POUR REGAGNER BANGUI », DIXIT BOSTYN-EMMANUEL-JEPHTE BAKOUMA

Seleka 13Bostyn-Emmanuel-Jephté Bakouma est un jeune commerçant au marché d’Alindao, l’une des sous-préfectures de la Basse-Kotto où il est natif. Il nous raconte ici son calvaire vécu après le coup d’Etat de la nébuleuse ex-coalition Séléka de Michel Djotodia, le 24 mars 2013. Et surtout comment son petit frère Maximilien Bakouma, certaines personnes et lui avaient fui les exactions des éléments de l’UPC de Ali Daras, pour regagner Bangui, la capitale. En voici son témoignage:

« Je suis un commerçant dans la ville d’Alindao. Mes activités commerciales me permettent de nourrir et de vivre ensemble avec ma famille depuis des décennies. Alindao est l’une des sous-préfectures de la Basse-Kotto, située au Sud-est du pays où mes parents sont nés. Depuis le coup d’Etat de Michel Djotodia, les sujets musulmans se sont emparés de la quasi-totalité du commerce dans cette ville. C’est depuis ce jour que j’ai commencé à vivre le calvaire. Malgré cette situation, je m’entretenais bien avec mes compatriotes musulmans sur le marché, jusqu’au jour où j’ai décidé de quitter Alindao.

Les faits qui m’ont poussé à fuir sont les  assauts répétés des ex-Séléka dans mon quartier. Les violences qui visiblement, ont opposé les éléments de l’UPC aux Anti-Balaka, avaient duré trois (3) jours, du 08 au 10 mai 2017, et se sont soldées à plusieurs pertes en vies humaines dont celles de mon oncle Zindro et son fils, à l’église Elim. Au vu de ces dégâts, j’ai décidé de faire ma valise et prendre la route de Bangui. Nous étions nombreux à marcher, mais mon petit frère et moi avions alors conclu de descendre vers Kouango afin d’emprunter  la voie fluviale. Et ceci pour éviter d’autres tracasseries. Laissant tout derrière nous, nous avions fait trois (3) jours de marche pour arriver à Kouango. Nous étions nombreux et nous nous sommes croisés avec plusieurs combattants qui nous ont dépouillé de tout ce que nous possédions sur nous.

A Kouango, nous  avions passé plus d’une semaine sous l’emprise des combattants de l’ex-Séléka modérés, avant être relâchés. De là, vers Bangui, notre embarcation devait à chaque fois accoster pour le contrôle soit de la Séléka, soit des Anti-Balaka. A chaque poste, il fallait faire les formalités. Pour ceux qui n’ont pas de pièces d’identités ou d’argent, ils étaient déshabillés et passés à tabac. La solidarité entre nous, les fugitifs, nous a permis de résister aux douleurs de blessures et d’entorses que nous avions eues durant la marche. Chose grave, à notre arrivée au port Sao à Ouango (Bangui), on nous a traités de peureux.

Pour le moment, je suis dans une famille d’accueil avec mon frère cadet. Ce que nous demandons, c’est le désarmement des milices armées dans notre ville d’Alindao et dans tout le pays. Car, j’ai tout perdu et mon cadet ne fréquente plus l’école. Je suis obligé de faire n’importe quel boulot à cause de la misère pour survivre. Nous avions encore les traces de ces violences. Si je pense à mes activités à Alindao, je ne dors pas la nuit. Nous sommes des centrafricains, pourquoi nous nous entretuons et nous nous entredéchirons ? A quand la fin de toutes ces barbaries »?

Ce témoignage écœurant et surtout poignant de ce jeune commerçant d’Alindao met en exergue les malheurs et les souffrances qu’endurent nos compatriotes de l’arrière-pays, sous contrôle des groupes armés. Que faire concrètement face à cette situation alarmante, pour éviter le génocide à grande échelle en RCA ? « Gouverner, c’est prévoir », dit-on.

 

Le Petit YEKOA    

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