LES AFFRONTEMENTS DILUVIENS ENTRE L’UPC ET

Jeudi 30.03.2017 : 12H05

LES AFFRONTEMENTS DILUVIENS ENTRE L’UPC ET LE FPRC PROVOQUENT UN DEPLACEMENT MASSIF DES POPULATIONS : BAMBARI PLEINE A CRAQUER

 

Bambari, « ville sans armes », « ville sans groupes armés », se confronte davantage à de sérieux problèmes d’ordre humanitaire. Les affrontements intermittents, diluviens, quasi-quotidiens entre les combattants de l’UPC et ceux de la coalition menée par Nourredine Adam du FPRC, ne sont pas restés sans conséquence. Ils ont provoqué d’importants déplacements des populations.

De la ville de Bakala au village Ndassima en passant par la ville d’Ippy, une bonne partie de la population de ces localités avait pris d’assaut la ville de Bambari. Et ce n’est pas tout. Les récents combats signalés la semaine dernière entre ces deux (2) groupes, rivaux dissidents de l’ex-coalition Séléka ont encore enfoncé le clou. Les habitants de la commune de Agoudou-Manga, principalement ceux des villages Yacine et Waza-Waza, continuent d’affluer vers la ville de Bambari, considérée comme un lieu sûr, puisqu’elle est hyper sécurisée par les Casques Bleus de la Minusca. Au jour d’aujourd’hui, d’autres compatriotes à la périphérie de Bambari qui se sentent en danger, y font mouvement. Ce déplacement massif des populations est loin de voir le bout du tunnel. Car, les combattants de la coalition FPRC-MPC-RPRC campent toujours sur  leur position. Ils sont déterminés à marcher sur Bambari, ce que la Minusca s’y oppose farouchement. De l’autre, les combattants de Ali Daras, qui se trouvent encore dans la préfecture de la Ouaka, après avoir été chassés de Bakala et Ippy, voient de très mauvais œil les agissements de la coalition. Tout comme la Minusca, l’UPC empêche aussi la coalition par tous les moyens à ne pas marcher sur Bambari, car cela sonnera sa fin. Et n’oublions pas que Bambari est une ville stratégique et un carrefour très important où transitent des marchandises et consorts à destination des villes telles Alindao, Mobaye, Kémbé, Bangassou, Bria… pour ne citer que celles-ci. Donc, l’UPC ne peut jamais l’abandonner, ainsi que le FPRC. Ces affrontements entre l’UPC et la coalition, à notre humble connaissance, dureront autant qu’ils voudront tant que des actions militaires d’envergure ne sont pas menées par la Minusca pour mettre hors d’état de nuire ces hors-la-loi.

Et ceux qui paient le plus lourd tribut de ces affrontements, sont les civils. Certains sont tués, égorgés comme des bœufs à l’abattoir. D’autres se sont refugiés dans la brousse pour échapper à la furie meurtrière de ces va-t-en-guerre. Les uns ont préféré prendre d’assaut la ville de Bambari. Aujourd’hui, leurs conditions de vie se dégradent considérablement. Trouver de quoi à mettre la tête est un véritable serpent de mer, difficile à avaler. Les bâtiments scolaires et autres servent d’habitation pour ces déplacés. Ceux qui ont été accueillis par les proches parents broient aussi du noir car leurs hôtes sont aussi nus comme un ver de terre. Ils sont confrontés non seulement aux problèmes de logement, d’alimentation mais aussi ceux de santé et d’habillement. Beaucoup sont partis sans pour autant emporter quelque chose, vu les actes barbares et la gravité, l’intensité des combats. Les ONG humanitaires œuvrant dans le domaine sanitaire sont débordées.

D’où nécessité pour la Minusca de sécuriser non seulement la ville de Bambari, mais aussi toute la préfecture de la Ouaka. Nous savons que Bambari est une grande ville, mais elle ne peut contenir tous les déplacés venus de Bakala, Ippy, Ndassima, Ngakobo, Kouango, et la liste n’est pas exhaustive. Et si toutes ces populations s’entassent à Bambari comme les sardines dans les boîtes de conserve, où la Minusca trouvera de quoi à nourrir toutes ces bouches ? Où trouvera-t-elle des logements pour abriter tout ce beau mode ? En outre,  la saison sèche tire à sa fin. Dans un mois, la saison des pluies fera son retour. C’est un moment opportun pour les cultivateurs de semer les grains d’arachides, de sésame, de fonio, de sorgho,  de mil et de planter les boutures de manioc. Tout ceci pour faire face à la famine qui guette plus de deux millions (2.000.000) de Centrafricains.

Avec ce déplacement massif, rien ne peut se faire dans ce sens. La culture du coton relancée par le président Touadéra aura du mal à se concrétiser, puisque les combattants de l’UPC et de la coalition sont un peu partout dans la brousse. Ils n’hésitent un seul instant à tirer sur tout ce qui bouge. Donc il est urgent pour la Minusca de sécuriser toute la région de la Ouaka et ses environs, et de protéger en même temps toute la population de ladite préfecture. Pour ce faire, les Casques Bleus de la Minusca qui disposent d’un soi-disant mandat robuste, doivent passer à la vitesse supérieure. Ne sécuriser que Bambari n’est pas la solution aux problèmes auxquels sont confrontées les populations de la Ouaka.

Elles réclament de la Minusca et du gouvernement le désarmement de tous les groupes armés qui sévissent dans la Ouaka pour que les déplacements massifs cessent et que leurs conditions de vie s’améliorent. Ce sont des êtres humains comme les autres.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire