LES 90 % DE LA POPULATION ONT TOURNE LA PAGE SOMBRE

Mardi 27.12.2016 : 09H17

LES 90 % DE LA POPULATION CENTRAFRICAINE ONT TOURNE LA PAGE SOMBRE : LES GROUPES ARMES RECALCITRANTS DOIVENT DEPOSER LES ARMES

Seleka 4

Il n’y a plus d’objectif politique à attendre par les groupes armés encore actifs. Toutes les revendications à propos de la marginalisation du Nord, ont été prises en compte par le plan Marshall de Bruxelles. De plus, la Communauté internationale a des projets d’urgence dans les régions du Nord. Il s’agit de projets destinés à encourager les populations du Nord, principalement celles des préfectures de Vakaga, Bamingui-Bangoran, Haute-Kotto, Nana-Gribizi et Haut-Mbomou. Toutes les régions de la RCA seront désormais traitées de la même manière. D’ailleurs, aucune préfecture de la RCA n’est plus avancée que d’autres. Dans un futur proche, il y aura des maires élus, destinés à prendre à bras-le corps le développement des six régions de la RCA.

Les revendications originelles de l’ex-coalition Séléka portaient sur la marginalisation des régions. Personne n’a rejeté cette revendication qui a servi de socle à la prise du pouvoir le 24 mars 2013. Malheureusement, le pouvoir Séléka a confondu les tueries, les pillages, les braquages, les destructions, à la gouvernance d’un pays, deux choses diamétralement opposées. L’ex-coalition Séléka ne devient s’en prendre qu’à elle-même. C’est la CEEAC qui ne pouvait plus tolérer un tel degré de carnage. Djotodia a cédé son fauteuil à une autre équipe de transition, sous la diligence de Catherine Samba-Panza. Les élections ont accouché des institutions démocratiques, au Palais de la Renaissance et à l’hémicycle de l’Assemblée Nationale. La RCA est en marche vers la paix, la Réconciliation Nationale et la cohésion sociale. Le gouvernement s’active à l’après Bruxelles pour traduire dans les faits les sillages des Objectifs du Développement Durable en 2030.

Bozizé et Djotodia sont désormais disqualifiés. Les ennemis d’hier ne sont plus au pouvoir. Touadéra depuis son investiture, tend et continue de tendre une main fraternelle à ses frères des groupes armés, sur la base de la non violence et d’un dialogue franc et sincère. Le processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) est en marche, certains éléments sont en formation sur les sites retenus. A quoi servent les tueries, les incendies de maisons et des villages qui se poursuivent ? Les mercenaires recrutés par l’ex-coalition Séléka ont tout emporté au Tchad, au Soudan, au Sénégal, au Mali, en Libye, au Niger et au Darfour. Les Centrafricains de l’ex-coalition Séléka sont restés démunis, pauvres, dépouillés de tout.

Depuis les fêtes du 1er décembre et de Noël 2016, les quatre-vingt-dix pour cent (90%) des Centrafricains ont tourné la page de la barbarie et s’orientent vers les activités quotidiennes, d’où une ferveur patriotique à fleur de peau. Chaque famille ( père, mère et enfants) a resserré les liens et tous les enfants ont été honorés. Tous les déplacements, tous mouvements, se faisaient avec l’ensemble de la famille. Les enfants étaient au cœur de la joie des parents. Et pourtant, les armes n’ont pas disparu comme par enchantement, elles sont là. Les Centrafricains aspirent à autre chose, à une vie de famille heureuse. Le Km 5 a été une parfaite illustration du vivre ensemble et de la cohésion nationale. Quel intérêt aujourd’hui à lever son arme sur son prochain, pour tuer et détruire ? Le 1er décembre et Noël symbolisent un appel pressant aux groupes armés récalcitrants, pour qu’ils entendent raison et écoutent la voix de la sagesse.

La Communauté internationale commence à s’impatienter. Sur quatorze groupes armés, dix (10) ont adhéré au processus DDRR, et attendent depuis plusieurs mois. Une vague est déjà en formation aux divers métiers pour contribuer à la reconstruction du pays. Les Forces Armées Centrafricaines sont en réhabilitation pour la sécurité et l’intégrité du territoire national. Cela prendra le temps qu’il faut. La contribution des ex-Séléka est attendue pour bâtir une vraie armée républicaine. Malheureusement, le processus traîne parce que certains groupes armés tiennent encore les armes et continuent de tuer, de détruire. Malgré leur comportement barbare, les autorités gardent patience et espoir, pour que nos frères regagnent les rangs. L’Armée Nationale est à rebâtir et donc, elle n’est orientée contre personne. Un pays digne de ce nom doit disposer d’une armée robuste, forte, pour défendre les institutions de la République et l’intégrité du territoire national. L’apport des ex-Séléka en hommes de troupe est très attendu. La Loi de Programmation Militaire, la Réforme du Secteur de Sécurité, la réhabilitation des FACA, de la Gendarmerie et de la Police sont en marche.

Il reste le FPRC, le RPRC, l’UPC et le MPC pour que la boucle soit bouclée. Les Centrafricains ont les yeux tournés vers eux, y compris la communauté internationale. Malheureusement, du temps précieux se perd inutilement au lieu d’avancer et de donner l’opportunité aux efforts de développement, pour améliorer les conditions de vie des Centrafricains, combattre la misère, la pauvreté et l’analphabétisme, un véritable fléau qui menace le devenir de la RCA. Les hôpitaux, les écoles, l’énergie, l’agriculture et l’élevage, les routes, autant de chantiers qui attendent d’être mis en œuvre. Ces groupes armés retardataires, n’ont plus le choix.

Julien BELA

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