LES 04 PRINCIPAUX TARES DU SARANDJI 2

Lundi 18.09.2017: 10H27

LES 04 PRINCIPAUX TARES DU GOUVERNEMENT SARANDJI 2

Sarandji 11Rendu officiel par décret présidentiel  N°17.324 du 12 septembre 2017, le gouvernement Sarandji 2 est composé de 34 membres dont 05 femmes et un ministre délégué auprès du ministère des Affaires Etrangères et des Centrafricains de l’Etranger, chargé de la Francophonie et du Protocole d’Etat. Or, nul n’ignore que le gouvernement Sarandji 1 qui avait duré 17 mois, ne comptait que 23 départements ministériels.

Au lendemain de sa publication officielle sur les ondes de la Radio Nationale, il y a eu des avis divergents au sein de l’opinion nationale quant au nombre des ministres et à la configuration de ce deuxième gouvernement de Mathieu Simplice Sarandji. Chose normale, car nous sommes dans un régime démocratique et de droit en RCA. Mais pour nous, nous voulons ici mettre en relief les quatre (4) principaux tares du gouvernement Sarandji 2, afin d’éclairer davantage la lanterne de nos fidèles lectrices et lecteurs.

1. Le nombre pléthorique de ministres

De 23 membres dans le gouvernement 1, le nombre des ministres du gouvernement 2 est passé à 34, avec un complément de 11 nouveaux départements ministériels. Mais pour faire quoi concrètement ? Dans la mesure où la RCA est un pays post-transitionnel, post-conflictuel et totalement dépendant de l’extérieur sur tous les plans. A quoi sert de créer de nouveaux départements ministériels pour le plaisir de créer, si l’on ne dispose pas de tous les moyens de sa politique sur le plan national ? Cela dépasse tout entendement humain.

 

2. La nomination des leaders des mouvements politico-militaires (groupes armés)

C’est une violation flagrante des dispositions de l’article 28 de la Constitution de la RCA du 30 mars 2017. Dans la mesure où cet article 28 fait interdiction formelle aux nominations des politico-militaires, des rebelles, des miliciens, des mutins… à de hauts postes de responsabilité de l’Etat. N’est-ce pas là violer la Constitution du 30 mars 2016 ? Et aussi le principe de « l’impunité zéro » ?

3. Le déséquilibre ethnique et régional

C’est un gouvernement déséquilibré en terme d’ethnies et de régions. Et le Premier ministre l’a publiquement reconnu dans sa conférence de presse sur la configuration des membres dudit gouvernement, le 13 septembre dernier. « Je reconnais que les préfectures de la Bamingui-Bangoran, de la Haute-Kotto et de la Vakaga n’ont pas des représentants dans ce gouvernement. Toutefois, nous ne les oublions pas, car il y a encore d’autres nominations à certains postes de l’Etat », a-t-il déclaré en substance. La nomination des membres du gouvernement est-elle devenue une affaire de partage de gâteaux ou de récompense entre les ethnies et régions de la RCA ? Ou bien cela relève des pouvoirs discrétionnaires du président de la République, chef de l’Etat, reconnu par la Constitution de la RCA. Et ce, sur proposition du premier ministre, chef du gouvernement, basée sur des critères d’expériences professionnelles, de compétence et d’intégrité morale, à l’exception d’ethnie et de région.  Pourquoi l’Ouham et Ouham-Pendé à elles seules totalisent 08 ministres ? Est-ce normal ? La marginalisation de la Bamingui-Bangoran et de la Vakaga sont à la base de la crise profonde que nous traversons. Un Premier ministre raisonnable ne peut l’ignorer et c’est grave pour la reconquête de la paix. 

4. Le non respect de loi sur la parité homme – femme

Ce gouvernement de 34 membres compte seulement 05 femmes. Et pourtant, les élus de la nation, après débat, avaient adopté le projet de la loi sur la parité homme – femme. Et le président de la République l’avait promulgué par décret présidentiel. Ce qui fait que de facto, un jour franc, après sa promulgation, cette loi précitée est entrée en vigueur et devrait en principe être appliquée dans toute sa plénitude. Malheureusement tel ne semble pas être le cas avec le premier ministre Sarandji.

Où est donc la « Rupture » tant prônée par  le président Touadéra ? Faut-il toujours commettre les mêmes erreurs politiques du passé ? Erreur politique grave, le Premier ministre le dit lui-même sur les ondes nationales. La Bamingui-Bangoran et la Vakaga encore oubliées, circonstance aggravante pour la paix et la sécurité. Les gouvernants sont tristement célèbres dans les erreurs politiques gravissimes. 

Le Petit YEKOA

 

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