LE VILLAGE GOUZI A 20 KM DE PAOUA EN EBULLITION

Mercredi 16 Novembre 2016 : 09h20

LE VILLAGE GOUZI A 20 KM DE PAOUA EN EBULLITION : AFFRONTEMENTS ENTRE SELEKA, R-J ET AUTO-DEFENSE

 

Le village Gouzi à 20 Kilomètres de Paoua, dans la préfecture de l’Ouham-Péndé se trouve présentement dans la gueule des lions. Ce qui se passe dans  ce village, dépasse l’entendement humain.

En effet, la semaine dernière, un groupe d’hommes armés assimilés aux combattants de l’ex-Séléka ont fait irruption à Gouzi. Ils y ont hissé leur drapeau. Le groupe d’auto-défense du village, probablement les hommes du mouvement Révolution-Justice (R-J), ne pouvant accepter que de pareilles tentatives ne se produisent dans la zone sous leur contrôle, ont décidé de s’en prendre à ces hors-la-loi. Des affrontements ont éclaté entre eux. Les habitants dudit village ont pris la fuite. Les uns se sont terrés dans la brousse. D’autres ont trouvé refuge dans la ville de Paoua. Le bilan de ces affrontements n’est pas encore connu. Il est aussi difficile de savoir réellement ce qui se passe au village Gouzi. Qui des combattants, soit de la Séléka, soit des hommes du mouvement R-J ou d’auto-défense contrôlent cette zone ? Le drapeau hissé par les combattants  de l’ex-Séléka demeure-t-il ? Que font concrètement aujourd’hui les Casques Bleus de la Minusca ? Autant d’interrogations qui nous laissent perplexes et qui demandent certainement des réponses. Mais nous suivons de près l’évolution de la situation.

Mais une chose est vraie, les combattants de certains groupes dissidents de la Séléka ne veulent pas que la paix revienne en Centrafrique. Leur objectif visé est la partition du pays. Il convient tout de même de leur signifier que la RCA est une et indivisible. Le feu président fondateur Barthelemy Boganda, paix à son âme, s’est battu par la parole et non par les armes pour que la RCA accède à l’indépendance le 13 août 1960, après sa mort tragique dans un accident d’avion le 29 mars 1959. Donc, aucun individu ne peut diviser ce pays au bout des canons, des obus, des lance-roquettes, des Kalachnikovs, et que savons-nous encore ?

Nourredine Adam, le patron du FPRC, dans un passé récent, a tenté d’hisser le fameux drapeau de sa soi-disant République du Dar-El-Kouti, à Ndélé, mais son projet de partition de la RCA s’est heurté au mur de Berlin. Les Casques Bleus de la Minusca, basés dans cette ville, ont dit niet. Nourredine Adam et ses hommes avaient été mis en débandade. Aujourd’hui, ils n’osent se prononcer sur un tel projet machiavélique qui n’aboutit et n’aboutira jamais. En ce moment, Nourredine Adam n’apparaît pas en public. Il se cache toujours dans l’une des grottes à Ndélé. Il est isolé sur le plan national et international. Le seul pays où il se rend, est son pays d’origine le Tchad. Mais lorsque la porte du Tchad lui sera fermée, il ne saura plus à quel saint se vouer. Car un adage dit, « Chaque chose a un début et une fin ». Tout comme la fin de Issa Capi, alias « 50-50 » Abdoul Danda et tant d’autres a sonné, celle de Nourredine Adam, le partisan de la partition du pays, est proche.

Il en sera de même pour les combattants de l’ex-coalition Séléka qui ont élevé leur drapeau au village Gouzi. S’agit-il des combattants du MPC de Mahamat Alkatime ou les hommes du RRR du soi-disant général Sidiki,  ce sanguinaire camerounais ? Et de quelle République se réclament-ils ? Nous la saurons dans les jours à venir, au fur et à mesure que la situation évoluera. Mais d’ores et déjà, nous disons à ces hors-la-loi que c’est une perte de  temps. Car la RCA est un pays souverain et démocratique, avec des autorités issues des élections crédibles, transparentes dont les résultats ont été acceptés par tous. Donc un ver de terre ou un hanneton, ne peut se permettre le luxe pour hisser un  drapeau quelconque sur le territoire national.

La RCA a une superficie de 623.000 Km² et s’étend du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Ses frontières avec les pays limitrophes restent et demeurent, même si le Cameroun et le Congo-Brazza grignotent peu à peu les parties Nord-Ouest et Sud-ouest. Mais elles reviendront un jour aux Centrafricains. Si certains chefs des groupes armés pensent que la RCA est en crise et que l’occasion leur est offerte de se donner à cœur joyeux pour  morceler le pays, nous disons pour notre part qu’ils se trompent largement. La République centrafricaine est certes en crise, mais son territoire national ne doit subir aucune modification. Et ceci doit être compris par tous les groupes rebelles réticents au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR).

Aucune tentative de partition du pays ne sera acceptée, ni par le peuple centrafricain, ni par la Communauté internationale. Mieux vaut renoncer à  ce projet que de vibrer le tympan des Centrafricains à longueur de journée. C’est une voie sans issue, sans lendemain meilleur.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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