LE TRONçON BOZOUM-MBAIBOUM, VERITABLE « COULOIR DE LA MORT »

Lundi 06 mars 2017 : 11H14

LE TRONçON BOZOUM-MBAIBOUM, VERITABLE « COULOIR DE LA MORT » POUR LES USAGERS : DES MORTS, DES BLESSES, DES DISPARUS

Seleka 04

Le Km 5, l’axe Bangui – Garoua-Boulaï, considérés comme le « couloir de la mort », lors des évènements douloureux qui ont frappé la République centrafricaine, c’est désormais le tronçon Bozoum – Mbaïboum. Effectuer un voyage sur cet axe est devenu un véritable casse-tête chinois. C’est même risquer sa vie. Il ne se passe pas un seul instant, un seul jour sans que l’on enregistre des morts, des blessés, des disparus.

Dans un passé proche, sept (7) commerçants qui revenaient du marché Mbaïboum, avaient été froidement abattus par les bandits de grand chemin, les criminels, les malfrats, sans conscience, ni foi. Leurs biens avaient été emportés. Et récemment encore, un véhicule qui fait des navettes entre Bozoum et le marché de Mbaïboum a été intercepté par ces malfrats. Il a été dépouillé de tous ces biens. Des passagers ont été tabassés. Parfois, certains usagers de cette voie sont portés disparus. Pour sécuriser les véhicules qui empruntent ce tronçon, ses propriétaires sont obligés de faire appel aux éléments d’auto-défense de la ville de Bozoum. Cela n’est pas gratuit. Il faut leur verser une importante somme d’argent car c’est aux risques et périls de leur vie.

Cette situation qui prévaut sur cette voie que nous qualifions de « couloir de la mort » a occasionné la flambée de prix des produits de première nécessité, tels le sucre, le savon, le sel. Les prix de ces marchandises ont sensiblement doublé, voire triplé. Ne sachant quoi faire, la population de Bozoum appelle le gouvernement au secours. Leur vœu est de voir les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) être redéployées dans la région pour protéger des personnes et des biens, et éventuellement arrêter ce regain de violence qui sévit sur le tronçon Bozoum-Mbaïboum. Le redéploiement de ces FDS dans cette région par le gouvernement serait un ouf de soulagement pour la population et atout pour gouvernement, à savoir la restauration de l’autorité de l’Etat. Car n’oublions pas qu’après la ville de Bambari dans la Ouaka qui a subi les pires atrocités des combattants Séléka et Anti-Balaka, la localité de Bozoum avait été très mouvementée et ensanglantée. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, des têtes continuent de tomber. C’est le cas sur l’axe Bozoum – Mbaïboum où des scènes d’horreur sont quasi-quotidiennes.

Mais qui sont ces criminels, ces malfrats qui écument à petit feu les usagers de la voie qui relie Bozoum à Mbaïboum ? Difficile d’identifier ces bandits de grand chemin. Et c’est tout à fait logique. Dans la ville de Bozoum et ses environs, on y trouve différents groupes armés. Nous citons entre autres les éléments du mouvement Révolution – Justice (R-J) de l’ex-ministre de la Jeunesse, Armel Ningatoloum-Sayo et ceux de Raymond Bélanga, les combattants de RRR (Retour, Réclamation, Réhabilitation), du Camerounais Sidiki, les combattants peulhs, sans oublier peut-être les rebelles du FDPC de Abdoulaye Miskine. Donc les combattants non conventionnels, qui gravitent autour de cette ville considérée comme le grenier agricole de la RCA, sont multiples et diversifiés. En l’absence des Forces Armées Centrafricaines (FACA) dans cette région du Nord-Ouest de la RCA, et pourquoi pas dans les autres villes du pays, les combattants des groupes armés en ont profité pour mâter les populations civiles et les dépouiller de leurs biens.

Le Camerounais Sidiki et ses hommes à Koui sont aussi cruels et sanguinaires. Ils règnent en maître absolu sur la région sous leur hégémonie. Des exactions barbares, inouïes, indignes, bestiales, inhumaines sont commises sur les populations de Koui et ses environs immédiats, tout comme des bandits de grand chemin le font sur les usagers du tronçon Bozoum – Mbaïboum. Les populations de cette préfecture sont-elles abandonnées à leur triste sort ? Dieu seul le sait. Les préfectures de la Ouaka, de l’Ouham-Péndé, de la Nana-Gribizi, de la Haute-Kotto, pour ne citer que celles-ci, ont payé le plus lourd tribut de cette crise. En principe, les populations de ces préfectures citées ci-haut doivent bénéficier au maximum de la protection des Casques-Bleus de la Minusca. Mais tel ne semble pas être le cas. Seule la ville de Bambari est déclarée par les responsables onusiens, « ville sans groupes armés ». Faut-il encore que cette déclaration soit appliquée à la lettre, puisque les combattants de l’UPC y résident. « Et quel sort la Minusca a-t-elle réservée aux populations dans d’autres villes de nos provinces ? », s’interrogent les Centrafricains. Cette question aurait dû être posée aux Casques-Bleus de la Minusca.

En attendant une réponse appropriée à cette question, les usagers du « couloir de la mort » qui est le tronçon Bozoum – Mbaïboum doivent prendre leur mal en patience. Il en est de même pour les populations dans d’autres villes de l’arrière-pays qui ploient encore sous les bottes de ces seigneurs de guerre, ces criminels, ces malfrats. La fin de leur calvaire n’est pas pour demain à l’allure où vont les choses. Le gouvernement et la Minusca doivent adopter des stratégies efficaces dans le domaine de la protection des civils pour épargner des vies innocentes.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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