LE SOUS DEVELOPPEMENT MENTAL ET

Vendredi 29.09.2017 : 09H05

LE SOUS DEVELOPPEMENT MENTAL ET CULTUREL DES CENTRAFRICAINS EST-IL INCURABLE ?

En France, il fait véritablement froid. Il arrive que des gens meurent de froid tout comme au Canada, aux Etats-Unis, dans le bassin de la méditerranée. Cela n’empêche pas les Ouest-africains de s’habiller selon leur culture, leur mode. La RCA est le seul pays qui a perdu tous ses repères tant culturel qu’ancestral. La RCA fait partie de l’Afrique et se trouve dans une zone tropicale. Il fait extrêmement chaud, au-delà de la canicule. La culture française et son mode vestimentaire ont déformé les Centrafricains, au point d’être plus français que les français. Il faut les voir transpirer à grosses gouttes dans une veste comme des porcs, parce qu’ils sont prisonniers de la mode française.

A 40° Celsius, voire plus, le Centrafricain est comme on le dit vulgairement, tiré à quatre épingles, costume, cravate, le cou étranglé, c’est-à-dire noué. Etre propre en Centrafrique, veut dire porter un costume, une cravate. Pour certains, il y a un sous vêtement (maillot), ensuite une chemise, le costume et la cravate. Ils sont prisonniers sans le savoir. Or, au Canada, aux Etats-Unis et en France, on s’habille selon les saisons. Les accoutrements varient en fonction des saisons. Tel n’est pas le cas en RCA. La mode vestimentaire française a dénaturé les Centrafricains et les a déformés. Au fait, tout porte à croire que la RCA n’a aucune tradition vestimentaire parce que très tôt, elle s’est identifiée à la France.

Sous les précédents régimes, sans costume et cravate, vous ne pouvez avoir une audience avec une autorité, alors qu’aucune loi de la République n’impose la manière de s’habiller. Les services du protocole sont aveuglés dans ce sens. On serait tenté de penser que c’est le costume qui a sollicité l’audience et non l’individu. Dans les banques à Bangui, les employés sont prisonniers du costume et de la cravate. Il ne reste qu’à leur imposer de dormir et de se réveiller en costume et cravate de leur lit.  L’acculturation a atteint un seuil maladif, à telle enseigne que les Centrafricains ne seront relaxés que pendant les week-end. Du lundi au vendredi, il faut se ligoter hermétiquement le cou avec une cravate, au nom de quoi ? Les musulmans, notamment centrafricains, portent les grands boubous partout où ils passent.

Les chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest, du Maghreb, de l’Afrique de l’Est et du Sud, s’habillent selon la convenance climatique, qu’ils soient en France, aux Etats-Unis, en Australie, en Chine, au Japon, au Canada. La RCA a deux saisons, pluvieuse et sèche où dans les deux cas, il fait excessivement chaud. Bureau climatisé, véhicule climatisé ne suffisent pas, car la chaleur est infernale, on se croirait dans un four à ciel ouvert. La chaleur ne fait que s’amplifier avec les changements climatiques. Faut-il s’habiller pour suffoquer, transpirer comme un porc, en un mot souffrir ? Pantalon et chemise propres ne suffisent-ils pas ? Même les français en Afrique cherchent à s’habiller en fonction du climat, de la température ambiante. Le climat français n’est pas le même en Centrafrique. Les Américains, les Chinois, les Japonais, les Canadiens, ne s’habillent pas de la même manière.

L’Ambassadeur des Etats-Unis qui vient de quitter la RCA, nous a conté une anecdote typique du comportement centrafricain. Avant de venir en RCA, il était au Nigéria où les gens s’habillent de manière relaxe, pour être à l’aise. A Bangui, en Centrafrique, il devait se présenter aux autorités du pays, les corps constitués de l’Etat, la presse. L’Ambassadeur au centre de la cérémonie de présentation, s’habille de manière relaxe, comme il en a l’habitude au Nigéria. Le premier conseiller de l’Ambassade était tiré à quatre épingles, costume et cravate impeccables. L’Ambassadeur se place en premier, suivi du premier conseiller et le personnel de l’Ambassade. Comme les autorités du pays n’accordent d’importance qu’aux hommes en cravate et costume, les invités qui arrivent pour la cérémonie à la résidence de l’Ambassadeur, sautent l’Ambassadeur et saluent le premier conseiller avec toute la déférence voulue. Personne n’a voulu saluer l’Ambassadeur, tout simplement parce qu’il était dans une tenue ordinaire, relaxe. C’est un scandale. Ce jour-là, l’Ambassadeur a retenu la leçon une fois pour toute. Du 1er janvier au 31 décembre, il ne doit porter que costume et cravate pour avoir de la considération en Centrafrique, alors que « l’habit ne fait pas le moine ». Est-ce normal de s’habiller comme les autres, comme les français et non comme notre civilisation ancestrale ? Pourquoi sommes-nous déformés, esclaves de la culture vestimentaire française ? Comment nos pères et nos mamans s’habillaient, il y a quelques cinquante ans en arrière ? Ce complexe vestimentaire tiendra-t-il la route avec les changements climatiques ? La chaleur est étouffante.

Mobutu, le roi du Zaïre a inauguré l’authenticité, a donné le ton pour que les Zaïrois (Congolais), restent eux-mêmes, s’habillent, mangent, respirent et se délectent comme des africains authentiques. Les centrafricains s’accrochent mordicus à la copie conforme des français, alors que le climat nous éloigne d’eux. Une chemise, un pantalon, une paire de chaussures, le tout propre, suffisent pour être un individu respecté. Allez dans un bureau quelconque et vous observerez cette caricature à la Centrafricaine. Celui qui arrive en costume et cravate, se donnant une apparence d’importance, sera très vite servi par le protocole et reçu par l’autorité en question. Mais celui qui ne porte pas de costume, ni de cravate, va moisir parce que sous estimé et méprisé. Les escrocs et les mafieux ont le secret. Costume, cravate, la paire de chaussures brille au point qu’on pourrait s’y mirer, se donne l’air d’un homme d’affaires venu d’où on ne sait et le protocole l’accueille avec un respect religieux. Souvent, les autorités sont déçues de l’audience avec un tel personnage, hélas, c’est la RCA.

 

Julien BELA

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