LE SALUT DU PEUPLE ET LA PAIX EN RCA VIENDRONT-ILS

Mardi 05 Novembre 2017 : 09H55

LE SALUT DU PEUPLE ET LA PAIX EN RCA VIENDRONT-ILS DU

GOUVERNEMENT OU DES CASQUES BLEUS DE LA MINUSCA ?

Le pays de feu président fondateur Barthelemy Boganda, père de la nation centrafricaine, est plongé depuis presque cinq (5) ans dans un cycle de violences inouïes. Enclenchée par la coalition Séléka de Michel Djotodia Am Non Droko le 12 décembre 2012 dans la ville de Ndélé au Nord de la RCA, cette crise militaro-politique continue de faire des ravages. Des milliers de morts ont été enregistrés, sans oublier des blessés. Pour les maisons incendiées, les édifices publics et privés, des locaux des ONG nationales et internationales, détruits, saccagés, pillés, n’en parlons pas.

Ces derniers temps, les braquages suivis de viols ont pris le dessus. Les vols de bétail, avec les conséquences dont nous connaissons tous, sont devenus monnaie courante. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, l’insécurité est galopante. Même Bangui la capitale n’est pas épargnée. Les Centrafricains ne peuvent fermer les yeux durant la nuit. Les braqueurs, les voleurs, les criminels, les bandits de grand chemin, les malfrats rodent autour des maisons, déambulent dans les rues, les ruelles, les avenues en quête de leurs proies. Ils ne sont nullement inquiétés. Braquer, violer, voler, détruire, … sont et demeurent leur jeu préféré. Pendant que les autres se battent pour changer leur vie, ces compatriotes malintentionnés ne cherchent qu’à semer la terreur et la désolation au sein des populations civiles. Aujourd’hui, ce sont les braquages des motos. Demain ce sont les tueries à grande échelle perpétrées par les bourreaux du peuple centrafricain. La RCA est transformée en une jungle où la loi du plus fort prime.

Dans ce chaos indescriptible, les Centrafricains se posent la question suivante : le salut du peuple et la paix en RCA viendront-ils du gouvernement Sarandji ou des Casques Bleus de Parfait Onanga-Anyanga ? Ils ont raison de s’interroger de la sorte. Car, depuis que le gouvernement Sarandji, est mis en place en avril 2016, l’insécurité ne cesse de gagner tout le pays. Les groupes armés qui poussent en RCA comme les champignons occupent les villes, les unes après les autres. L’espace vital des Centrafricains se réduit, se rétrécit considérablement. Certains observateurs de la vie nationale parlent même de 60 à 80 % du territoire national occupé. Si ce chiffre s’avère vrai, c’est un grand danger pour la RCA et son peuple.

Mais, ne perdons pas aussi de vue que des efforts sont entrain d’être menés par le gouvernement pour réduire la nuisance de ces bandits de grand chemin. La gendarmerie et la police font les patrouilles nuit et jour. Certains malfrats sont même arrêtés et n’attendent que leur jugement. Comme ils sont tellement nombreux et bénéficient des soutiens des ennemis de la République et du peuple, leurs arrestations prendront du temps. Ce qui est sûr, ils finiront tous par tomber dans les filets des forces de sécurité intérieures. Car, un adage dit,  « tout se paie ici bas ». Tôt ou tard, la justice dira le droit, rien que le droit, quelle que soit la durée de la crise. Et nous devons comprendre aussi que le travail des Forces de Défense et de Sécurité sur le terrain est très difficile à cause de leur sous-effectif et des manques d’équipements adéquats. C’est la triste réalité car les combattants Séléka, lors de leur prise de pouvoir le 24 mars 2013, ont emporté tous les effets militaires qui se trouvaient dans les poudrières. Le gouvernement, n’ayant pas des moyens financiers pour se procurer des armes, munitions et autres effets militaires, subit les pressions de ces hors-la-loi. Qu’ils sachent que la force revient à la loi.

Dès que les Forces Armées Centrafricaines (FACA) seront redéployées sur le terrain, surtout dans l’arrière-pays, la paix tant souhaitée par le peuple centrafricain reviendra d’elle-même. Tout le monde poussera un ouf de soulagement. C’est à partir de ce moment-là que les groupes armés grinceront des dents à longueur de journée. Ne disons pas que le gouvernement nous a abandonnés dans la gueule des lions, des loups, bref des bêtes sauvages.

Quant à la Minusca, nous ne savons pas exactement ce que nous pouvons encore dire. Nous avons tout dit, force est malheureusement de constater que rien ne bouge d’un iota. En présence des Casques Bleus, sous leur barbe, des compatriotes musulmans et non musulmans sont tués. Et pourtant, ces soldats onusiens sont déployés en Centrafrique pour la protection des civils. Malheureusement, les Centrafricains ne se reconnaissent pas dans cette protection. Les non musulmans pensent que ces Casques Bleus ne protègent que les musulmans et vice versa. Les Centrafricains sont dans un brouillard indescriptible. La passivité, l’immobilisme, la non clairvoyance de la Minusca sont décriés nuit et jour mais aucune solution, aucune stratégie efficace pour contrer les actes barbares des groupes armés.

Dans les mois à venir, 750 Casques Bleus brésiliens seront déployés en Centrafrique aux côtés des autres contingents. La paix en RCA et le salut du peuple centrafricain viendront-ils de ceux-ci ? Difficile de le dire et de le croire. Attendons de voir un peu clair pour en dire plus. Mais, il est difficile pour nous aujourd’hui d’affirmer ou d’infirmer que la paix et le salut découleront du gouvernement ou de la Minucsa. Les Centrafricains doivent prendre leur mal en patience en attendant que le voile se lève sur la sécurité en RCA.

Mais des efforts surhumains menés tant par le gouvernement que la Minusca se dessinent doucement mais sûrement. Il y a certes des failles, des manquements, mais ce n’est pas la fin du monde. Des solutions seront trouvées pour la paix et la sécurité en RCA. Ne perdons pas l’espoir.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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