LE RISQUE D’EMBRASEMENT GENERALISE DE LA RCA SE ...

Jeudi 15 juin 2017 : 09H44

LE RISQUE D’EMBRASEMENT GENERALISE DE LA RCA SE POINTE A L’HORISON : LA MINUSCA DOIT AGIR VITE

Minusca 9La tension entre les groupes armés monte depuis un certain temps dans l’arrière-pays. La situation sécuritaire et humanitaire qui prévaut sur presque l’ensemble du territoire national, à l’exception de Bangui la capitale, est très alarmante et inquiétante. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, les groupes armés poussent comme des herbes après les premières pluies. Ils occupent des villes et y règnent comme bon leur semble. Ils dictent leur loi à qui veut les entendre en l’absence des autorités de l’Etat dans certaines villes du pays. Et les Centrafricains s’interrogent de la manière suivante : face à la montée en puissance des groupes armés dans l’arrière-pays, le risque d’embrasement généralisé de la RCA ne se pointe-t-il pas à l’horizon ?

Une telle question aurait dû être posée à la Minusca de Parfait Onanga-Anyanga qui est bien placée pour éclairer la lanterne des Centrafricains à ce sujet. Car vous êtes sans ignorer que la RCA est privée de son armée nationale depuis le coup d’Etat de l’ex-coalition séléka, le 24 mars 2013, après le fameux embargo décrété par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies sur les armes à destination de la République Centrafricaine. Dans ce cas de piètre figure, comment l’Etat centrafricain peut-il faire face aux multiples attaques des groupes rebelles sur les populations civiles ? C’est la Minusca qui devait faire ce travail puisque sa principale mission est de protéger les civils.

Malheureusement, dans le Sud-est et le centre du pays, principalement dans les préfectures de la Haute-Kotto, la Basse-Kotto, la Ouaka, le Mbomou, le Haut-Mbomou, pour ne citer que celles-ci, les différents groupes armés s’affrontent quotidiennement. Et d’après RFI, l’organisation onusienne parle de « tendance à l’embrasement » et constate que « les affrontements prennent de plus en plus une connotation religieuse et ethnique ». Elle ne s’est pas trompée. C’est une réalité car les témoignages qui nous parviennent de certaines villes du pays telles Bangassou, Mobaye, Bria, Alindao, Bakouma…sont accablants. A qui finalement la faute ? Sans nous voiler la face, ce sont certains Casques Bleus de la Minusca qui sont à l’origine de la crise qui prend aujourd’hui une connotation religieuse. Ils seront responsables devant Dieu et les hommes des malheurs qui s’abattent sur le peuple centrafricain. Car une force de maintien de la paix n’est pas une force de connivence avec les groupes armés. C’est en agissant de la sorte que la crise centrafricaine qui était au début une crise politique se métamorphose en ce moment.

Les casques Bleus de la Minusca ne font pas leur travail comme il se doit. Et les représentants de l’UPC et du FPRC ne sont pas passés par quatre chemins, lors de l’émission Patara du week-end dernier pour cracher la vérité en face du Porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro. Nous avons toujours dit et redit que les soldats onusiens voguent au gré du vent ou rament à contre-courant de la vérité. Ils ont été comme ça à l’époque de l’ex-représentant du secrétaire général des Nations-Unies en RCA, Babacar Gaye. Ils sont aujourd’hui comme ça au temps de Parfait Onanga-Anyanga. Ils seront comme ça pour un autre représentant du SG de l’ONU qui serait nommé un jour en RCA. Seuls les Casques Bleus rwandais et burundais font exception à la règle. Partout, on accuse les autres de distribuer des armes et munitions à telle ou telle communauté pour s’en prendre à l’autre. Comment voulez-vous que l’instabilité ne s’installe durablement en Centrafrique et risque un jour de conduire le pays à l’embrasement généralisé ?

Comme la Minusca a semé le vent, elle doit agir vite pour arrêter la tempête qui s’approche à grand pas. Car les Centrafricains sont fatigués de ces crises militaro-politiques récurrentes. Ils veulent la paix, rien que la paix. Onanga-Anyanga devait plaider pour la paix et la sécurité en Centrafrique, le lundi 12 juin 2017, auprès du Conseil de Sécurité de l’ONU que de s’orienter beaucoup plus vers l’aide humanitaire qui n’apporte pas un grand changement dans le vécu des Centrafricains. Le risque d’embrasement de la RCA est palpable. La Minusca doit prouver aux yeux du monde entier leur « pleine capacité opérationnelle »,  « leur mandat robuste » pour éviter à la RCA  l’instabilité généralisée et aux Centrafricains des pertes en vies humaines considérables. C’est une question de temps.

« Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende », disait Jésus-Christ, le Fils de l’Homme.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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