LE QUART DE LA RCA SOUS LA COUPE REGLEE DES

Mardi 06.06.2017 : 10H29

LE QUART DE LA RCA SOUS LA COUPE REGLEE DES GROUPES ARMES : TUERIES, PILLAGES, INCENDIES ….

 

Seleka 1La crise centrafricaine perdure et semble être oubliée. La souveraineté, cette autorité suprême d’un Etat autonome et indépendant pour contrôler et diriger l’ensemble du territoire est perdue de vue. Après la prise du pouvoir par l’ex coalition Séléka le 24 mars 2013 et la contre offensive des milices Anti-Balaka le 05 décembre de la même année, le pays était plongé dans des violences perpétrées par les groupes armés. La caravane des tueries et massacres a obligé de nombreuses personnes à se refugier sur les territoires étrangers et sur les sites des déplacés. Après une longue période de transition sur fond de violations graves des droits humains, le peuple centrafricain espérait à la paix, à la sécurité, au vivre ensemble et à la réconciliation nationale à travers la tenue des élections couplées de 2015-2016. Mais l’espoir du peuple centrafricain s’est vite fondu comme du beurre au soleil car, malgré le sacrifice consenti par la population pour aller choisir leurs futurs dirigeants, le quart du pays reste toujours sous la coupe réglée des groupes armés qui dictent leur loi à qui veut les entendre.

Les efforts déployés par la communauté internationale et notamment les Nations-Unies pour réhabiliter les bâtiments de l’Etat détruits par les groupes armés semblent pour le moment être une peine perdue. A la moindre chose, les hommes armés s’en prennent non seulement à la population civile, mais aussi aux bâtiments publics et privés, aux sièges des ONG nationales et internationales. Pour preuve, certains bâtiments de l’Etat, détruits lors de la crise et réhabilités par la Minusca, se retrouvent aujourd’hui dans le chaos. De tels phénomènes empêchent le redéploiement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire, et surtout dans les zones en conflits. Les fonctionnaires et agents de l’Etat, affectés dans l’arrière-pays sont presque invisibles dans leurs zones d’affectation. Plusieurs ont décidé de regagner la capitale pour se mettre à l’abri des exactions des groupes armés. Il est impossible aujourd’hui pour certains de regagner leur lieu de travail. D’ailleurs ceux qui ont pris le risque de rester à leur lieu de travail, sont réduits au silence par les hommes armés. Dans certaines zones en conflits, les leaders des groupes armés nomment leurs éléments à des postes de responsabilités : police, gendarmerie, douane ... pour percevoir les taxes, impôts et autres droits de l’Etat. S’opposer à ces actes, c’est attiré la foudre de ces criminels sans âme, ni conscience.

Les richesses naturelles du pays constituent la source de convoitise et de criminalité. Aujourd’hui, certains leaders des groupes armés se battent pour occuper les zones géographiques riches en diamants, or, ivoires et autres minerais. C’est le cas du FPRC et l’UPC, deux (02) factions de l’ex coalition Séléka qui mènent de combats acharnés depuis bientôt huit (08) mois pour conquérir les zones riches du pays. Pendant ces affrontements, c’est la population civile qui paie le lourd tribut : tueries, massacres, viols, pillages, incendies de villages entiers, de champs et greniers agricoles. Dans tout ce chaos indescriptible, c’est l’Etat qui demeure le meilleur perdant car, ne disposant pas d’une autorité sur l’ensemble du pays pour contrôler ces ressources et bénéficier des retombées, afin de faire face à ses obligations régaliennes. C’est pourquoi, le gouvernement reste toujours sous perfusion de la communauté internationale en termes de financement et de sécurité. En outre, ces  ressources du pays, pillées et exploitées frauduleusement par les groupes armés sont vendues sous d’autres cieux. Ce qui leur permet de se ravitailler en armes, munitions et autres effets de guerre. D’où, la prolifération d’armes de tout calibre sur l’ensemble du pays, permettant non seulement aux groupes armés, mais également à la population civile de faire leur loi.

En  l’absence des forces de défense et de sécurité intérieure (policiers, gendarmes et Forces Armées Centrafricaines), instrument de souveraineté de l’Etat, la nation centrafricaine est sacrifiée sur l’autel des seigneurs de guerre qui détruisent tout sur leur passage. Les casques bleus de la Minusca n’ont pu assurer la protection des populations civiles et défendre les frontières du pays contre l’incursion d’hommes armés sur le territoire. Les frontières de la RCA sont totalement poreuses, alors que les Etats voisins à l’exemple du Sud-Soudan, de la RD-Congo, du Tchad pour ne citer que ces quelques pays, font face également aux multiples crises militaro-politiques. Profitant de la faiblesse de l’Etat, certains mercenaires étrangers et leurs éléments font irruption dans le pays, tout en tuant, incendiant et pillant les richesses du sous sol et repartir comme bon leur semble. Les casques bleus de la Minusca, déployés avec pour principale mission, la protection de la population civile, ne semblent pas être à la hauteur de leur mission. Des centaines de civils sont pour la plupart du temps tués, massacrés, leurs maisons brûlées, leurs biens emportés par les groupes armés en présence des forces onusiennes. Ces phénomènes à répétition  créent un climat de haine envers ces forces internationales.

L’Armée de Résistance du seigneur, installée au Sud-est du pays depuis neuf (09) ans, sèment la terreur et la désolation au sein de la population. Les forces Américaines et Ougandaises, déployées dans cette localité pour traquer ce chef rebelle Ougandais n’ont pu atteindre leur objectif. Au jour d’aujourd’hui, elles sont entrain de se retirer, abandonnant les populations civiles dans la gueule de ce criminel et ses éléments.

Le monde rural se confronte à un réel problème de sécurité. Les activités agro-pastorales  tournent au ralenti dans les zones en proie aux violences. La population paysanne vit terrer sur les sites des déplacés. Elle ne peut se hasarder à aller au-delà de cinq (05) kilomètres pour vaquer à ses occupations champêtres et trouver de quoi afin de nourrir sa famille. Bénéficiant des vivres qu’offrent les ONG humanitaires, les enfants en bas âge tombent dans la malnutrition car, les produits ne sont pas variés et manquent de certaines vitamines. Même dans ces sites, les conditions de vie des personnes déplacées sont déplorables. Elles sont exposées à tous les risques : famine, maladies et autres épidémies.

Au regard de tout ce que nous venons d’évoquer, la RCA ne ressemble-t-il pas à un Etat « fantôme » à cause des groupes armés qui prennent en otage le quart du pays ? Cette question doit donner matière à réflexion à nos dirigeants et surtout à la Communauté internationale qui est là pour soutenir les autorités du pays. Il faut trouver des moyens de pression pour mettre hors d’état de nuire ces ennemis de la paix qui écument à petit feu la population civile. A bon entendeur salut !

Bénistant MBALLA

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