LE PHENOMENE DE LA MIGRATION ET LA CRISE C...

Vendredi 05 janvier 2018 : 10H46

LE PHENOMENE DE LA MIGRATION ET LA CRISE CENTRAFRICAINE

Emmanuel macronDepuis l’indépendance, la cendrillon des colonies françaises appelée « Oubangui-Chari », aujourd’hui République centrafricaine, a battu tous les records de Coups d’Etat, et « quelque part derrière, il y a la France », affirment les chercheurs, les politologues et certains députés français de la trame de Chassaigne. D’autres chercheurs et politiques traitent les ambassadeurs de France de « proconsuls », de « gouverneurs ». En dehors de quelques réalisations de l’Ex-empereur Bokassa, la RCA n’a jamais bougé d’un iota en termes d’infrastructures, du système éducatif, de santé, d’énergie, d’eau potable, d’aéroports et de ports. Et pourtant, les français sont partout, s’accrochant mordicus au monopole  de la brasserie Mocaf, de la Socatraf (Bolloré), et bien d’autres secteurs.

Dieu merci, le régime Bozizé a eu le courage d’agréer la demande de Tradex, à côté de Total Centrafrique. Depuis l’entrée de Tradex en action en RCA, le pays ne connaît plus de rupture de stock, de crise de carburant, de spéculation ordurière. Alors qu’avec Total Centrafrique seule, les Centrafricains en ont vu de toutes les couleurs. Il en est de même pour Mocaf où les prix de la bière grimpent à volonté. Sucaf Centrafrique bénéficie de beaucoup d’exonérations, mais le prix  du sucre est le plus cher de toute la sous région, sans compter les licenciements abusifs qui pleuvent dans les cours et tribunaux de Bangui. 750 sacs de sucre, le véhicule du directeur général et d’autres biens ont été saisis et vendus par un huissier de justice. Qu’à cela ne tienne, un autre dossier de licenciement collectif abusif vient d’être traité par le Conseil d’Etat.

Aujourd’hui, les entreprises françaises se comportent comme sous la colonisation, comme les colons des sociétés concessionnaires, avec un droit de vie et de mort sur les employés, les travailleurs. Sucaf à travers son directeur général n’a aucun égard pour ceux qui se saignent afin de faire fonctionner les plantations et l’usine. Les employés sont jetés à la poubelle selon les caprices du directeur général.

Curieusement, quand il est épinglé par les vrais magistrats qui disent le droit et rien que le droit, le directeur général politise une affaire purement sociale, du ressort de la gestion d’une entreprise qui engage l’employeur et les employés licenciés, à propos des droits légaux et autres indemnités liés au licenciement abusif. Le directeur général court vers l’Ambassade de France, vers la délégation de l’Union européenne, afin que ces institutions interviennent auprès de Touadéra pour étouffer les gémissements des travailleurs, pères de familles, avec des enfants. A quoi rime un tel comportement ? Ce directeur général confond ses caprices avec les principes de gestion d’une entreprise. La politique, la diplomatie, les interférences intempestives, n’ont rien à voir avec la gestion d’une entreprise dont les principes sont universels que ce soit en France, aux Etats-Unis, en Australie ou en Inde. La Sucaf risque de mettre la clef sous la porte à cause des agissements de son directeur général. A force de voir saisir les marchandises, véhicules, motos  par la justice pour régler les différends sociaux, la société périclitera. L’Ambassadeur de France et la délégation de l’Union européenne, font-ils partie du Conseil d’Administration de Sucaf Centrafrique ? C’est absurde, et pourtant, le DG est jeune, mais avec un esprit de colon, de vieillard, des corsaires gréco-romains.

Depuis trente (30) ans, la RCA est confrontée au chômage endémique. Pire encore, la crise que traverse le pays a assené le coup de grâce. Les Centrafricains ont de bonnes raisons d’envahir la France dans le sillage de la migration. Malheureusement, nous sommes trop loin, au cœur du continent. Aréva a fermé le site d’uranium de Bakouma sous des prétextes fallacieux, pour ne pas donner du travail aux Centrafricains. La France veut tout monopoliser et considérer la RCA comme une réserve de matières premières où la population fait partie de la faune et n’a aucune valeur humaine, ni droit à la vie, ne peut pas vivre décemment comme les autres peuples. La France ne jette que des miettes comme des boutures de manioc qu’on jette à un porc pour le capturer, le dompter et le neutraliser. D’où les mille et un coups d’Etat de la France en RCA.

En pleine crise de 2013-2014, François Hollande est parmi les têtes d’affiche pour réclamer des élections, vaille que vaille. Les Centrafricains ont bravé les rafales d’armes automatiques pour s’imposer par les urnes en faveur du retour à l’ordre constitutionnel. Aussi bizarre que cela puisse paraître et au moment où les Centrafricains attendent le bonus électoral en termes de sécurité et de paix, la France retire ses troupes, sacrifiant la démocratie sur l’autel de l’horreur. Malgré des élections, c’est la série noire que les nouvelles autorités encaissent en pleine figure. L’opération Sangaris se retire avec toute son armada de guerre. Des véhicules hors d’usage ayant reçu un lavage en peinture, mais datant de la première guerre mondiale, ont été remis aux FACA. C’est triste ! Car ces véhicules sont amortis et ne peuvent faire de longues distances et à chaque fois, les FACA doivent bomber leurs muscles pour les pousser. Cependant, ce sont les Etats-Unis, les Nations Unies et l’Union européenne qui se sont investis à fond pour sauver les meubles et ce qui peut l’être. La France s’investit dans le G 5 Sahel sous prétexte de combattre les terroristes, mais en réalité, c’est pour fermer le robinet du flux migratoire qui envahit l’Europe.

L’Afrique a besoin de paix, de sécurité et d’être débarrassée des crises et des dictateurs véreux. Ce sont les deux (2) facteurs qui sont le moteur de la migration. La RCA ne demande que la sécurité et la paix. La démocratie est en orbite avec des institutions démocratiquement élues. La séparation des pouvoirs est claire et limpide comme l’eau de roche. La liberté d’expression et de presse est garantie. Il n’y a pas une goutte de détenus politiques. L’opposition politique est active. Toutes les articulations de la démocratie fonctionnent à merveil. Que faut-il de plus ? Quel miracle ? Un an et presque neuf mois après l’investiture de Touadéra et la crise est loin de s’éteindre. C’est qu’il y a de gros bras noirs dans l’ombre derrière les groupes armés. Il est donc normal que les Centrafricains prennent le risque de l’aventure migratoire en France, comme les Syriens et autres. Les Centrafricains manquent de paix, de sécurité et du minimum vital. Que faire, dans la mesure où la France entretient l’enfer dans le pays ? De même que Sarkozy est traîné en justice, les Centrafricains doivent déposer plainte contre Hollande et la France pour non-assistance à la nation centrafricaine en danger de mort.

 

Julien BELA

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire