LE PARADOXE DE LA CLASSE POLITIQUE CENTRAFRICAINE

Lundi 03 Avril 2017 : 09H04

Faca 5

LE PARADOXE DE LA CLASSE POLITIQUE CENTRAFRICAINE : LE CENTROPESSIMISME OBSCUR, DEFICIT AHURISSANT DE CULTURE POLITIQUE, CESSITE

 

La crise centrafricaine enclenchée par l’ex-coalition Séléka ne date pas d’aujourd’hui. C’est depuis bientôt cinq (5) ans. Bien des personnalités ont eu à jouer un rôle à un moment ou à un autre. Certains au Conseil National de Transition (CNT), d’autres faisaient partie du gouvernement sanguinaire des ex-Séléka, où les cadavres se récoltaient chaque jour ici à Bangui et dans l’arrière pays. Personne n’ose démissionner pour protester contre les tueries. Tout le monde s’érige en donneur de leçon. Hier, quand ils étaient au CNT ou au gouvernement Djotodia, pourquoi n’ont-ils pas levé le petit doigt pour contester ? A une période donnée, puisqu’on a un poste juteux, il n’y a pas de tuerie. Dès qu’on perd ce poste, on devient farouche opposant : «  rien n’a été fait par Touadéra pour sécuriser les Centrafricains ». C’est la stratégie des partis politiques en RCA depuis longtemps, il faut faire du bruit pour avoir un poste. Cette période est totalement révolue.

Reconnaitre que la tâche est difficile mais en même temps renier les avancées, relève de l’hypocrisie et de la mauvaise foi, de la méchanceté et de la pure haine. Ceux qui ont eu des responsabilités durant la transition, qui se sont moulés dans le système pour manger, sortent de leur coquille. C’est maintenant qu’ils voient clair ? C’est maintenant qu’ils font des analyses ? C’est maintenant qu’ils ont une tête pour penser, distinguer le mal du bien ? La RCA restera encore longtemps le creuset du ridicule, de la médiocrité.

La plateforme religieuse n’a pas attendu un décret pour prendre à cœur le sort du pays. Elle a pris la résolution de faire une croisade à travers le monde entier pour plaider le sort de son pays. La plateforme religieuse a réussi à mobiliser des partenaires au chevet du pays. Où est la plateforme des leaders politiques ? Plus de cent (100) partis politiques totalement effacés, quelques rares brillent dans le verbiage. L’esprit de noblesse n’est pas Centrafricain, il faut une nouvelle génération d’hommes pour percevoir la ferveur patriotique.

Le ministre Gouandjika est ce qu’il est, mais il a le mérite de parler avec des chiffres à l’appui de son argumentation. Certains leaders politiques ne font que raisonner et non convaincre avec des arguments solides qui reposent sur des données crédibles. Le DDR qui a échoué n’a pas pris en compte le concept de transparence, comme c’est le cas aujourd’hui. Le centre de décision de l’actuel processus de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDR), est la Communauté internationale. Le Comité Consultatif et de Suivi (CCS) regroupe les groupes armés, les vrais acteurs. Le Comité Technique n’est qu’un exécutant. Faut-il remettre en cause la bonne foi de la Communauté internationale ? On ne s’improvise pas homme politique. C’est une question de culture.

Selon un leader politique, citant un général de l’armée centrafricaine, «  c’est une question de volonté politique ». Quand l’armée était en débondade, où était ce général en question pour mobiliser les troupes ? Quand la France a été envahie par les Nazis, le général De Gaulle est allé à Londres pour lancer l’appel à la résistance, mobiliser les troupes et se battre. En RCA, nous n’avons vu aucun général s’illustrer d’une manière quelconque. C’est autant dire que tous les généraux étaient conscients de l’état de déconfiture avancé de notre armée nationale. Les FACA ne sont que l’ombre d’elles-mêmes depuis 1996, avec les mutineries, les rebellions, et la coalition de l’ex-Sélaka a donné le coup de grâce. La classe politique est véritablement minable. La RCA est un pays convoité pour son pâturage, sa faune. Il y a à nos portes le terrorisme. La RCA doit, dans un avenir proche, faire face à la guerre de l’eau. La RCA étant un réservoir d’eau, les pays du sahel et du désert risquent de nous faire la guerre.

 Les partisans de la guerre contre les groupes armés doivent prendre eux-mêmes les armes et aller au front pour pourchasser les rebelles. La reconstruction des FACA est lente certes, mais il faut faire avec pour rebâtir une armée nationale véritablement solide, une fois pour toute au regard des défis qui pointent à l’horizon. La classe politique actuelle en Centrafrique a encore du chemin à parcourir pour atteindre la maturité. La réhabilitation des FACA  n’est pas une affaire de course de cent (100) mètres, être plus rapide que l’éclair. Il faut bâtir une vraie armée, redoutable et redoutée, étant donné que les défis dans l’avenir sont plus terrifiants, plus durs car ils visent l’intégrité du territoire national. A dos de chameau, de cheval, tous les Centrafricains ont, en tête les incursions des éleveurs peuhls venus du Tchad. Ils tuent, incendient les villages. C’est pourquoi, la réhabilitation des FACA ne doit pas se faire dans la précipitation, mais doucement et sûrement.

La LRA est depuis 2008 en RCA, tue, pille, déporte des hommes, des femmes, des enfants en esclavage. Au  début, il y avait des généraux et une armée en Centrafrique. La LRA est encore là, continue de sévir.

Les FACA, pour être efficaces, doivent être bien formées pour remplir leur mission. Un soldat des FACA doit être capable de tenir tête à mille (1.000)hommes. Où est passé le Régiment de Défense Opérationnelle du Territoire (RDOT) que les Centrafricains appelaient affectueusement « les terribles du territoire » ?  Feu André Kolingba était un vrai général au sens militaire du terme. Il a bâti une armée, peu importe la coloration ethnique. Bozizé a détruit ce que Kolingba a construit. Les conséquences sont là. Les soldats n’allaient plus au champ de tir pour s’entrainer. Peut-on dire que c’est une armée ? Et pourtant il y a des généraux à ses côtés et dans cette armée. C’est aujourd’hui que les généraux veulent jouer à la stratégie de l’autruche ?

Laissons les FACA redorer leur blason pour la défense nationale.

Julien BELA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire