LE NORD DE LA RCA SERA-T-IL PACIFIE ? DES ARMES Y ...

Jeudi 27.04.2017 : 10H04

LE NORD DE LA RCA SERA-T-IL PACIFIE ? DES ARMES Y CIRCULENT A CIEL OUVERT

 

Seleka 9Depuis le déclenchement de la crise militaro-politique par l’ex-nébuleuse coalition Séléka, les armes de tout calibre circulent en RCA comme les champignons qui poussent dans la forêt de la Lobaye. Les armes abandonnés par le déchu président général, François Bozizé-Yangouvonda dans sa fuite, lors de la prise de pouvoir le 24 mars 2013 par Michel Djotodia Am Non Droko, et ramassées par les combattants Séléka, pullulent dans la région Nord du pays. Si dans les autres régions, les armes ne sont presque pas visibles, par contre le Nord de la RCA où sont retranchés les combattants Séléka, est une véritable poudrière à ciel ouvert.

Les témoignages qui nous parviennent de la ville de Kabo occupée par les éléments du MPC de Mahamat Alkhatim, sont accablants. Cette ville du pays, non loin de la frontière tchado-centrafricaine, est une véritable plaque tournante de vente des armes de tout calibre. Le député de cette localité est intervenu à maintes reprises sur les ondes de la Radio Ndéké-Luka pour attirer l’attention du gouvernement et de la Minusca sur ce fait. Est-il entendu ? Aucune information n’est filtrée à ce sujet.

D’après un ressortissant de Kabo que nous avons rencontré, « les armes ne se comptent plus dans cette localité. Un enfant de huit (8) ans en allant, a une arme par devers lui. Même une femme a aussi son arme. Quant elle va au champ, celle-ci est toujours à sa portée ». Un ex-employé d’une ONG humanitaire qui a séjourné dans cette ville, n’est pas passé par quatre chemins pour parler de la circulation des armes à Kabo. « C’est très difficile de travailler dans cette ville. Des hommes aux femmes, en passant par les enfants, presque tous ont des armes légères de guerre : pistolets mitrailleurs, kalachnikovs et autres. Tous se promènent avec leurs armes. Si les humanitaires sont le plus souvent pris pour cible dans cette localité, c’est que les armes qui circulent, sont tellement nombreuses. Quelques individus peuvent se regrouper et s’en prendre facilement aux humanitaires et autres, puisqu’ils ont des armes par devers eux. La situation sécuritaire qui prévaut à Kabo est très inquiétante, voire très alarmante », a-t-il conclu.

Ce phénomène n’est pas seulement à Kabo. On le retrouve dans les préfectures de la Nana-Gribizi, l’Ouham-Péndé, la Bamingui-Bangoran, la Vakaga, la Haute-Kotto, pour ne citer que celles-ci. Ceux qui ne détiennent pas des armes, c’est-à-dire qui n’ont pas les moyens de s’en procurer, vivent la peur au ventre. Ils sont soumis aux décisions des détenteurs d’armes qui leur dictent leurs propres lois. L’absence de l’autorité de l’Etat dans certaines régions a accentué l’hégémonie, la prédominance de ces hommes armés sur leurs compatriotes. A la moindre incartade, c’est le déluge de feu. Ces concitoyens se sont recroquevillés sur eux-mêmes et ne savent plus à quel saint se vouer pour se protéger. Heureusement, dans les villes où sont basés les Casques Bleus de la Minusca, des exactions de tout genre sur les populations civiles ont baissé d’intensité. Par contre, dans les régions encore sous le contrôle des combattants des groupes armés, c’est le cri de détresse à n’en point finir.

Face à cette situation, les Centrafricains lambda s’interrogent en ces termes : le Nord de la RCA sera-t-il pacifié un jour, dès lors que les armes continuent de circuler à ciel ouvert après plus de quatre (ans) du déclenchement de cette crise par la Séléka ? Nous disons aux Centrafricains que tout rentrera dans l’ordre tôt ou tard. D’ailleurs, les quatorze (14) groupes armés ont déjà adhéré au programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Dès qu’ils seront cantonnés dans des endroits sûrs, on assistera inéluctablement à l’arrêt de cette circulation d’armes à ciel ouvert, observée dans la région du Nord.

Au Tchad, les armes circulaient aussi comme ce que nous voyons aujourd’hui en Centrafrique. Mais petit à petit, grâce aux efforts déployés par les uns et les autres, les armes ont été récupérées et les Tchadiens circulent maintenant librement sur leur territoire national. Certains pays africains ont vécu la même crise que la RCA traverse. Nous citons comme exemple le Rwanda. Aujourd’hui, les Rwandais vivent en paix alors qu’en 1994, ils se regardaient en chiens de faïence, au plus fort du génocide.

Donc, qu’est-ce qui empêchera les autorités démocratiquement élues de pacifier cette partie du pays ? Rien, à ce que nous pensons. Bientôt, les éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA) reformés par l’EUTM, seront redéployés sur le terrain aux côtés des Casques Bleus de la Minusca. Ils travailleront main dans la main pour pacifier le Nord de la RCA. Quelle que soit la pertinence de la crise ou la réticence des combattants des groupes armés, la partie Nord de la RCA sera en paix. D’ailleurs, les ex-combattants du MLJC, basés à Birao ont décidé depuis fort longtemps de déposer les armes. Ils n’attendent que le dernier coup de sifflet. D’autres leur emboîteront certainement les pas. Au fur et à mesure, les préfectures citées ci-haut retrouveront la paix et la quiétude.

Un adage dit, « quelle que soit la durée de la nuit, le soleil apparaîtra ». Nous disons pour notre part que, quelle que soit la circulation des armes à ciel ouvert au Nord du pays, cette région sera pacifiée.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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