LE MPC MENACE A SON TOUR DE SE RETIRER :

Vendredi 09 Fév. 2018 : 10H10

APRES LE RETRAIT DU FPRC DU PROCESSUS DDRR, LE MPC MENACE A SON TOUR DE SE RETIRER : QUE VEULENT ET QUE CHERCHENT NOURREDINE ET MAHAMAT ALKHATIM ?

Nourredine et alkhatim 1Le Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) est-il mal parti ? Se concrétisera-t-il un jour ? Tous les combattants des groupes armés seront-ils désarmés, démobilisés, réinsérés et les mercenaires rapatriés dans leur pays d’origine ? Le DDRR est-il la voie la mieux appropriée pour sortir la RCA du gouffre auquel elle s’est embourbée depuis plus de cinq (5) ans ? Autant de questions qui nous laissent perplexes.

En effet, depuis le projet-pilote DDRR initié par la Minusca et le gouvernement jusqu’au DDRR proprement dit qui se mettrait peut-être en marche dans les jours à venir, bon nombre de Centrafricains ont l’impression que rien ne va dans le bon sens. Certes, quelques combattants des groupes armés ont été désarmés, démobilisés. Ils suivent aujourd’hui des formations pour réintégrer la vie civile. D’autres, au nombre de cent et un (101), ont été formés, entrainés et ont intégré l’armée nationale. Mais beaucoup reste à faire. Les Centrafricains sont toujours sur leur soif, puisque de nombreux combattants détiennent toujours leurs armes par devers eux. Ils continuent de tuer, torturer, intimider les civils, sans oublier l’incendie de leurs maisons. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, les exactions sur les populations civiles se poursuivent allègrement au vu et au su de tout le monde. Les Centrafricains errent d’un lieu à un autre à la recherche d’un abri sûr. On les retrouve dans les sites de fortune et dans les pays limitrophes de la RCA. Leurs conditions de vie se dégradent de jour en jour. Ils ne savent plus à quel saint se vouer pour se protéger. Le DDRR est devenu un serpent de mer difficile à avaler.

Pire encore, certaines branches dissidentes de l’ex-coalition Séléka malmènent, torpillent le processus DDRR. Le Front Patriotique pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) du tristement célèbre Nourredine Adam avait claqué la porte du DDRR, pour quelle raison, difficile de le savoir. Pas plus tard le mercredi 07 février 2018, le porte-parole du Mouvement Patriotique de Centrafrique (MPC), Tidiani, sur les ondes de la Radio Ndéké Luka, a menacé de se retirer du processus DDRR au cas où l’un de leurs éléments transféré à Bangui par la Croix-Rouge pour besoin de santé, arrêté et détenu à l’OCRB, n’est pas libéré. Jusqu’au moment où nous mettons cet article sous presse, le gouvernement ne s’est pas encore prononcé sur le cas de cette arrestation. Ce combattant du MPC est-il réellement détenu dans la geôle à l’OCRB ? Si tel en est le cas, le MPC doit savoir que la justice est en marche. Tout individu soupçonné d’avoir commis des crimes doit nécessairement passer devant la barre. Tidiani affirme aussi que c’est sur instruction du procureur de la République que ce dernier a été arrêté et détenu à l’OCRB. Si tel en est le cas, c’est tout à fait logique. Une enquête préliminaire sera ouverte. Si à l’issue de celle-ci, aucun chef d’accusation n’est retenu contre cet individu, il sera purement et simplement libéré et regagnera son lieu de domicile.

Pourquoi les combattants Séléka ont peur de la justice ? Qu’il sache que la justice est faite pour tout le monde, grands et petits, riches et pauvres, rebelles et citoyens lambdas. Tous ceux qui ont commis des crimes de guerre, crimes contre l’humanité, violations des Droits de l’Homme et du droit humanitaire international, passeront devant la barre. Mais chaque fois que quelque chose se produit, certaines branches dissidentes de l’ex-coalition Séléka, telles le FPRC et le MPC menacent de se retirer du processus DDRR. Que veulent et que cherchent leurs leaders, Nourredine Adam et Mahamat Alkhatim, sans oublier d’autres ? Il convient de leur signifier que le peuple centrafricain veut la paix, rien que la paix pour vaquer à leurs occupations habituelles. Mahamat Alkhatim n’est pas une autorité légitime, reconnue par la communauté nationale et internationale. C’est un chef rebelle. Il n’a aucun droit de faire pression sur les autorités du pays, élues démocratiquement par le peuple centrafricain.

Le président de la République, chef de l’Etat, Professeur Faustin Archange Touadéra tend toujours une main fraternelle aux groupes armés. La Communauté internationale dont la Minusca exhorte toujours les groupes armés à déposer les armes pour faire la paix. Il semble que les uns et les autres prêchent dans le désert de Sahara ou de San Pedro. Personne ne leur prétend oreilles. Alors que la paix est l’affaire de tout un chacun de nous. Nous devrons tous œuvrer pour la paix et non la guerre qui ne fait que diviser.

C’est pourquoi, nous demandons à Mahamat Alkhatim, leader du MPC de revenir aux bons sentiments. Le fait de détenir un combattant du MPC à l’OCRB ne doit pas être un prétexte pour ce mouvement politico-militaire de se retirer du processus DDRR. Si Mahamat Alkhatim persiste dans cette voie, un observateur avisé serait tenté de dire qu’il a nourri cette pensée de longue date et qu’il chercherait une occasion pour la concrétiser. Si nos mémoires sont bonnes, depuis l’ouverture de la Cour Criminelle, aucun combattant de l’ex-coalition n’a été jugé. Mais les Anti-Balaka sont passés devant la barre et ont écopé de plusieurs années de prison. Un leader des Anti-Balaka a-t-il menacé de quitter le processus DDRR ? Nous ne le pensons pas. Pourquoi toujours les leaders Séléka ? Quand on ne veut pas passer devant la barre, il faut s’abstenir de toutes violences sur les populations innocentes. Force est malheureusement de constater que les combattants Séléka ne veulent pas baisser les bras. Que faut-il faire dans ce cas d’espèce ? A vous de deviner le reste.

Si le MPC de Mahamat Alkhatim se retirerait du processus DDRR, tout comme l’a fait le FPRC de Nourredine Adam, il ne fait aucune ombre de doute que ces deux leaders de l’ex-coalition Séléka nourrissent quelque chose derrière leur tête. D’où nécessité de prendre des mesures draconiennes à leur encontre afin de leur faire changer d’avis. Les Centrafricains veulent le désarmement de tous les groupes armés et non le retrait d’autres du processus DDRR. Le FPRC et le MPC ne peuvent continuer inlassablement à dicter leur loi à 4.500.000 Centrafricains et la Communauté internationale qui soutient le processus DDRR. C’en est assez et c’est déjà trop !

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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