LE MANDAT ROBUSTE DE LA MINUSCA NE CONCERNE...

Jeudi 23.03.2017: 10H39

LE MANDAT ROBUSTE DE LA MINUSCA NE CONCERNE PAS SEULEMENT NOURREDINE ET DARASSA : IL FAUT AUSSI DELOGER SIDIKI DE LA VILLE DE KOUI

Minusca 7

Le chapitre sept (07) de la résolution 2301 du conseil de sécurité des Nations-Unies donne plein pouvoir à la Minusca d’utiliser la force en cas d’entêtement des groupes armés. Et cela est valable pour tous les rebelles. La Minusca a déjà donné le ton dans la préfecture de la Ouaka, en utilisant 0 deux (02) reprises ses hélicoptères d’attaque pour dissuader les éléments de la coalition FPRC-MPC-RPRC qui voulaient coûte que coûte  marcher sur la ville de Bambari, en franchissant la « ligne rouge » tracée à quarante (40) kilomètres de cette ville. La coalition menée par Nourredine Adam campe toujours à quelques kilomètres de Bambari, mais n’arrive pas à marcher sur la ville. Ali Darassa et ses généraux ont aussi quitté la ville de Bambari sous pression de la Minusca. Il en est de même de certains leaders des Anti-Balaka et  leurs éléments. Selon certaines informations qui nous sont parvenues, Bambari, « ville sans armes » et « sans groupes armés », déclarée par la Minusca est entrain de devenir une réalité. La population commence à retrouver la stabilité et la quiétude. Les activités reprennent timidement mais surement. Malgré les actes barbares des éléments de la coalition FPRC-MPC-RPRC et de l’UPC, perpétrés dans certains villages proches de Bambari, la population vaque à ses occupations quotidiennes. C’est un ouf de soulagement pour les autorités centrafricaines qui peinent à restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire.

Mais ce qui est curieux, certaines zones, encore sous contrôle des groupes armés, semblent être oubliées par la Minusca. C’est le cas de la ville de Kaga-Bandoro, Bocaranga et Koui. La ville de Kaga-Bandoro a été déclarée par la Minusca, « ville sans armes ». Mais la réalité sur le terrain nous montre un autre son de cloche. Après le carnage des hommes de Mahamat Alkhatim à la mi-septembre dernier, Kaga-Bandoro s’est vidée de sa population. Les rescapés sont terrés sur le site des déplacés et mènent une vie précaire. Aucune action rigoureuse de la Minusca pour empêcher ces malfrats dans leurs actes barbares comme ce fut le cas à Bambari. Les éléments du MPC de Mahamat Alkhatim y règnent en maître absolu, empêchant non seulement la population de vaquer librement à ses occupations, mais également le redéploiement de l’autorité de l’Etat dans cette zone du pays. Certains éléments des Anti-Balaka proches de cette ville rackettent et rançonnent des personnes qui font de petits boulots pour gagner leur pain. Le MPC est aussi l’une des branches de la dissidente coalition Séléka qui demeure toujours réfractaire au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). L’urgence de l’heure est de passer aux actions concrètes comme à Bambari pour libérer les populations civiles sous l’emprise de Alkhatim.

Même son de cloche dans les régions de Koui et Bocaranga, cibles des affrontements répétitifs entre les Anti-Balaka et les hommes du mouvement Retour Réclamation Réhabilitation (RRR) du soi-disant général Sidiki. C’est depuis fort longtemps que nous attirons l’attention de la Minusca sur les actes barbares de ces groupes armés rivaux. Mais nous nous sommes rendu finalement compte que ces deux (02) régions sont oubliées. Faut-il des affrontements meurtriers entre les 3R et les Anti-Balaka dans ces villes pour que la Minusca agisse efficacement ? Les honorables députés de l’Ouham-Pende avaient effectué une visite dans leurs circonscriptions. Ils ont discuté avec Sidiki et les responsables des Anti-Balaka. Mais après leur visite, c’est le statu quo. Et c’est toujours des pauvres civiles qui paient le lourd tribut. Faut-il dans ce cas d’espèce continuer à caresser dans le sens du poils ces criminels ? Sidiki est de nationalité camerounaise. Il faut le déloger de la ville de Koui pour permettre aux compatriotes qui vivent dans ces villes de respirer un nouvel air. Depuis le 24 mars à ce jour, la souffrance du peuple centrafricain a dépassé le seuil de l’intolérable. Il est inutile de maintenir la population dans la souffrance. Tout le monde n’aspire qu’à la paix, et rien que la paix. Si Sidiki, Darassa, Nourredine, Alkhatim et consorts ont des problèmes, ils doivent aller les résoudre avec les dirigeants de leurs pays. Ce n’est pas parce que l’Etat centrafricain est en situation de faiblesse que chacun peut venir faire ce qu’il veut.

La communauté internationale se soucie de l’avenir du peuple centrafricain. Les bailleurs de fonds ont commencé à investir pour le relèvement du pays. Les travaux de réhabilitation des infrastructures routières sont en cours. Qu’à cela ne tienne, la culture du coton est lancée dans la préfecture de l’Ouham et récemment dans la Ouaka lors de la visite du vice-président de la Banque Mondiale pour l’Afrique. Alors, pourquoi encore la violence pour empêcher la réalisation de ces travaux ? La Minusca était témoin oculaire de la volonté des centrafricains pour faire la paix et sortir leur pays du gouffre. Depuis la période des élections jusqu’aujourd’hui, tout le monde veut la paix. Il faut désormais agir conformément au chapitre sept (07) du mandat pour réduire effectivement la présence et la menace des groupes armés récalcitrants.

Bénistant MBALLA

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